@njama
« si j’en crois Jacques Sapir à condition de sortir de l’€uro »
Jacques Sapir n’a que partiellement raison. Le première chose à faire en matière monétaire n’est pas la sortie de l’Euro, mais de supprimer le couplage entre la dette et la circulation monétaire. Aujourd’hui, pour qu’un Euro circule, il faut créer un Euro de dette. Si les taux sont si bas, c’est que la BCE fait fonctionner la planche à billets pour relancer l’économie mais il faut que les banques créent des emprunts pour que cette monnaie circule. Or plus personne ne veut s’endetter par les temps qui courent et la monnaie ne circule plus. Il faut donc trouver d’autres richesses comme contrepartie à la circulation monétaire, ce qui en principe ne manque pas.
En fait, et c’est là que je rejoint la sortie de l’Euro, nous avons besoin d’une unité de compte commune et non d’une monnaie commune. Cette unité de compte peut être simplement calculée à partir d’un panel de monnaies réputées stables comme pouvait être l’ECU en son temps.
La conséquence de tout ça, c’est que la BCE ne sert à rien et peut être supprimée au soulagement général. Ce ne sont pas ses billets qui donne de la valeur à la monnaie qui circule, c’est la dette qui donne de la valeur aux billets qui sans cela ne vaudraient pas plus que l’énergie récupérée en les brûlant.
Sans la BCE, les banques peuvent être libre de créer la monnaies qu’elles veulent avec les contreparties qu’elles se sont choisies, comme le fait par exemple la banque WIR en Suisse (la contrepartie est ici de l’immobilier d’entreprise). C’est ici que l’unité de compte est utile, car cela permet les échanges interbancaires et permet également d’afficher les prix dans une unité commune sur toutes l’Europe. Ce sont les ordinateurs des banques qui font les conversions.
La contrainte est de soumettre les banques à la vérification de la réalité des contreparties. Le Bitcoin, trop spéculatif échouerait à cette vérification car la contrepartie est consommée en même temps qu’elle est créé (c’est du temps de calcul qui sert de contrepartie).