@Soucougnan
Vous me dites que le suffrage universel serait la dictature de la majorité mais n’est-ce pas précisément contre cela que l’on a suscité la démocratie libérale occidentale ? Cette démocratie libérale qui fait la part belle aux minorités et prétend mettre en avant les libertés individuelles sur diktats de la majorité !
Justement, je ne crois pas un seul instant que la démocratie libérale ait permis de gouverner une seule fois en fonction des aspiration du peuple ; la démocratie reste la gouvernance en ligne avec la volonté de la société humaine. Hors ce que vous écrivez va totalement à l’encontre de la volonté générale, c’est uniquement pour s’autocongratuler d’être progressiste afin de laisser une trace dans l’histoire. Même en France, à l’époque de l’abolition de la peine de mort, la grande majorité de la population était opposée à cette décision.
Je ne juge pas ni en bien ni en mal, j’essaie d’approcher les choses selon une logique. Le système de lobbying par exemple est totalement anti-démocratique et nous nous berçons dedans avec délectation.
Lorsque je parle de dictature de la majorité c’est il y a pas mal de temps et cela s’appliquait aux USA, deux partis politiques après les purges américaines permet de ne se fixer que sur un pivot fixé à 50%. Dans des pays comme le nôtre, si on regarde le premier tour de l’élection présidentiel, aucun n’a atteint les 33,33% ; nous aurons un dirigeant qui imposera ses vues avec moins d’un tiers de l’électorat ; nous ne sommes plus dans la dictature de la majorité mais dans une dictature d’une minorité.
La politique c’est composer avec les courants de pensée de la société, il y a bien longtemps que nos politiques ne composent plus avec des idées qui ne viennent pas d’eux, pire, depuis la professionnalisation de la politique, ils sont tous au garde à vous devant le chef de file s’ils veulent avoir un avenir politique, une carrière politique.
Nous avons nous-mêmes tué le principe même de démocratie.
Ceci étant dit je ne suis pas contre les avancées qui ont été réalisées mais cela ne nous permet pas de nous poser en donneur de leçon sur des sujets que nous n’appliquons et ne respectons pas nous-mêmes.
Si nous reprenons l’évolution de la condition de la femme dans les sociétés occidentales, notre traitement de la femme n’était pas mieux il y a 70 ans que dans les pays arabes aujourd’hui. L’évolution d’une société ne se calcule pas en décennies mais en siècles, de fait nous n’avons pas de leçons à donner mais nous devrions aider ou pousser à l’évolution intelligemment alors que nous critiquons bêtement l’autre car il n’est pas à notre niveau. C’est ridicule et contre productif.