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jjwaDal 27 août 2022 10:38
jjwaDal

Ni une guerre de civilisation, ni une confrontation entre une vision unipolaire du monde et multipolaire. Cela est en arrière plan et peut servir de prétexte pour interpréter, ce qui est bien plus simple, à savoir que contrairement à l’URSS, à la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie, il était hors de question pour le pouvoir en Ukraine d’accorder la moindre autonomie à la région Est largement russophile et encore moins si la cohabitation n’était pas possible de se séparer en deux Etats pour un divorce à l’amiable.
Il n’était déjà pas question d’accepter de revenir sur le choix discutable de Kroutchev de 1954 (où personne n’a demandé aux Criméens s’ils voulaient un rattachement administratif à l’Ukraine, alors partie intégrante de l’URSS), ni d’accepter la volonté réitérée à de multiples reprises depuis 1991 , l’indépendance de l’Ukraine (post URSS), de retourner vers la Russie. La Crimée n’a pas attendu l’ « annexion russe » de 2014 pour exprimer son choix et donc si la Crimée n’était pas libre de choisir son destin (quand le Kosovo ou Taïwan l’ont pour des raisons évidentes), le Donbass ne pouvait être ramené à la raison que par la force, ce qui ne dérangeait personne en Europe comme aux USA.
A ce dossier sensible pour la russie (des russes se faisaient canarder par l’Ukraine), s’est ajouté la volonté des USA et de l’Ukraine de l’incorporer dans l’OTAN qui était un chiffon rouge légitime pour la Russie par réciprocité de l’attitude US envers Cuba et d’ailleurs tous les pays d’Amérique centrale et du Sud (une bonne partie du reste de la planète si on regarde un peu attentivement d’ailleurs...).
On avait la recette d’un conflit armé entre l’Ukraine et la Russie et on n’a rien fait pour ramener la direction de l’Ukraine à la raison.
Pas plus que Cuba ou le Mexique, l’Ukraine n’a le droit de servir de base arrière ou de fer de lance de forces potentiellement hostiles à un pays voisin.
Tout le monde savait que la Doctrine « Monroe » pouvait légitimement être invoquée par la Russie, sauf que la posture du « fait ce que je dis et pas ce que je fais » est devenue habituelle pour les USA et leurs valets.
Un dossier complexe à torts largement partagés qui ne peut se résoudre ultimement qu’en arrêtant de se prendre pour le centre du monde, de prendre les autres pour des cons et de prendre en otage les peuples pour des questions de géopolitiques qui auraient dûes être gérées diplomatiquement plutôt que militairement.

Mearsheimer avait prédit en 2015 que nous (notre attitude) allait contraindre les russes à agir et que le résultat serait une Ukraine en ruines. Qu’on ne dise pas que c’était imprévisible et qu’il y a eu un « pétage de plomb » d’un homme seul dans son bunker.



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