@Luigi Chiavarini
Bonjour,
Votre récit m’a plongé dans le passé, pas si lointain, au siècle dernier certes, lors de l’apparition et la démocratisation de l’informatique.
Présenté comme une avancée majeure pour l’humanité, les impacts positifs étaient si nombreux qu’ils submergeaient littéralement les négatifs.
Premier exemple :
Une entreprise lambda, fonctionnant bien, les courriers étaient rédigés à la main, soigneusement réfléchis, structurés, ensuite précieux fruit écrit était apporté aux secrétariats.
Là, la chef du pool, s’emparait de feuille, l’étudiait, vous faisait immédiatement part de la grammaire, de l’orthographe, utilisée, de la forme mais aussi du fond. Pour dès fois, vous faire gentiment remarquer qu’elle ne comprenait rien à ce que vous avez pu écrire. (je reste volontairement gentil....)
Et oui, rien de tel qu’une personne « non spécialiste » ou « non technicienne » pour lire un document, courrier ou autre qui doit être soit envoyé ou diffusé à un ensemble. C’est justement cette vison et jugement faussement « néophyte » qui défini si votre prose est compréhensible ou non par le non initié, elle devient ainsi « efficace »
Bref, en cas de succès immédiat, vous repartiez du bureau de la Chef, nanti d’un délai et le fameux document était transmis aux secrétaires, qui le tapaient joyeusement.. Papier entête, carbone, pelure pour le dossier, re carbone, re pelure pour les archives dès fois que.
Existait aussi le moment, fort peu agréable ou à tête reposée, vous relisiez ce dernier avant son départ et que vous y découvriez non pas une erreur mais une omission, généralement dû à un manque de réflexion préalable. La commencait le parcours du combattant, pour faire retoucher le courrier......
Puis, sur les bureaux, son apparu au fil du temps (mais assez rapidement) des boîtes en plastiques, appelées PC, véritable révolution, c’est vrai, fini les feuilles volantes de toutes part, contenant des « calculs », dont il fallait parfois les reprendre, là, la machine calculait sans erreur, structurant aussi ses derniers et vous offrait un potentiel incroyable, de retrouver ces derniers dans des « fichiers » prenant peu de place.
Puis, la boîte en plastique est venue offrir la possibilité d’écrire des courriers, des rapports, etc.. Progressivement, les secrétaires ont « disparues », non pas licenciée mais pas remplacées. Ainsi le secrétariat « général » n’était plus qu’un lointain souvenir d’une époque, certains ont vu d’un bon oeil de ne plus supporter le contrôle, les airs réprobateurs devant la nullité de votre oeuvre.
D’un système rationnel et structuré, nous sommes progressivement passé, à des systèmes pas forcément rationnels et structuré individuellement. Entre temps, le message relayé est que l’informatique allait permettre de sauver des arbres, ainsi les services de copies, ou photocopieurs ont drastiquement diminué, voir disparus. Au profit des imprimantes individuelles à la consommation de papier bien plus élevée. C’est le progrès !!!!
Notons au passage que la non architecture documentaire, et le stockage individuel, est non seulement venu rapidement saturé les serveurs, qu’il à fallu remplacer à grand frais pour contenir toujours plus, les informaticiens faisant parfois des découvertes dignes des explorateurs du XVIII ème siècle. Mais aussi lors de la survenance d’un problème, la recherche du courrier qui va bien, du fait de cette anarchie de stockage, tenait plus de la recherche digne des aventuriers de l’arche perdue, que de la recherche dans des archives structurées.
Alors à la finale, un emploi de supprimé, sa tache distillée aux autres, mais pourquoi s’embêter avec une secrétaire ? Inutile devant le progrès !
Il pourrait être écrit un livre sur ce sujet précis et je conclurais par le fait que la baisse de connaissance de la langue, non véritablement corrigée par « l’informatique », contribue à des courriers sans queue-ni-tête, ou bien plus nombreux, car établis rapidement, sans réflexion initiale, nécessitant des envois supplémentaires, appelés compléments. Ah ! certes la réponse est désormais rapide, mais très longue à être comprise. Ce qui hier pouvait tenir en 10 pages tient aujourd’hui en une montagne d’octets, qui généralement malgré l’avancée énorme de la taille des écrans, sont imprimés.
C’est toujours le progrès....
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