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jakem 16 février 09:29
jakem

@jakem
( suite 2 ) : Aurélien Marq : ...../.....
Vous évoquez un retour durable de la violence politique, mais hélas, cette violence a-t-elle jamais cessé ? Elle se transforme, connaît des pics et des accalmies, mais n’a jamais disparu. Il y a encore quelques décennies, il n’était pas rare que des manifestations (je pense aux marins-pêcheurs, ou aux sidérurgistes par exemple) s’accompagnent d’affrontements n’ayant rien à envier à la violence des écologistes à Sainte-Soline. Souvenons-nous du groupe d’ultra-gauche Action Directe, et souvenons-nous de ses liens avec la « cause palestinienne » (déjà !) ainsi que de la loi d’amnistie en sa faveur après la victoire de Mitterrand en 1981.

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Au lieu de nous demander « pourquoi la violence ? », je préfère réfléchir aux conditions qui permettent son absence, c’est-à-dire les conditions d’un mode d’organisation collectif permettant de résoudre les conflits autrement que par la violence. J’en vois deux, notamment : un accord minimum entre tous les acteurs sur le socle commun à préserver, et la possibilité de peser sur les décisions collectives autrement que par la violence – disons en termes modernes : la possibilité de l’alternance. Or, aucune de ces deux conditions n’est plus remplie aujourd’hui. A tort ou à raison, chaque camp estime que ses adversaires menacent de manière irréversible ce qu’il considère comme non-négociable (pour certains, le climat, pour d’autres, une certaine stabilité économique, pour d’autres encore, la pérennité de notre peuple ou de notre civilisation, etc). Quant à la possibilité de l’alternance, ce n’est un secret pour personne que le centrisme autoritaire, ou extrême-centre, tente de verrouiller à son profit les institutions et le jeu démocratique – on pense à la toute récente nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes, à la volonté d’Emmanuel Macron d’étendre les peines d’inéligibilité, ou à l’obsession pour le contrôle des réseaux sociaux.

Pour ce qui est des discours politiques, il est impossible au pays de Jean Moulin et du Chant des Partisans de condamner machinalement toute forme d’action violente. La vraie question est dans la distinction entre le résistant et le terroriste, autrement dit dans la capacité d’un camp à penser contre lui-même et à se demander : « ceux qui ont recours à la violence illégale au nom d’idées que je partage sont-ils légitimes ? » Force est de reconnaître qu’en France la gauche considère par défaut que tout ce qui est fait au nom de ses idées est a priori légitime, alors que la posture par défaut de la droite est légaliste (je parle bien de postures par défaut, pas de prises de position systématiques). Non pas parce que la loi française serait plus favorable aux idées de droite (c’est même l’inverse) mais par crainte des conséquences possibles du chaos. La gauche rêve de « faire table rase du passé » alors que la droite, pour reprendre une réflexion de Roger Scruton, a bien conscience que ce qui est précieux peut facilement être détruit, mais ne peut être construit qu’à grand peine et sans certitude de succès.



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