@jakem
( suite 4 ) De la même manière, à l’université, des activistes d’extrême gauche qui saccagent un amphithéâtre, bloquent une université, ne commettent pas le même type d’actes que des militants de l’UNI qui débloquent une université en retirant des obstacles et en rangeant les poubelles qui avaient été installées pour constituer des barrages. Débloquer une université en la nettoyant ou mener des actions visant à la dégrader sont des actions diamétralement opposées. Pourtant, dans le discours médiatique et dans celui d’une partie de la gauche, il y a une volonté de tout renvoyer dos à dos afin de présenter les exactions comme des faits ordinaires.
Aurélien Marq : Je refuse de renvoyer dos-à-dos la gauche et la droite, tout particulièrement au sujet de la violence, et tout particulièrement aujourd’hui. D’après les témoignages rendus publics, Quentin appartenait à la droite nationale, mais rien ne peut permettre de le rattacher à un hypothétique équivalent de droite d’Andreas Malm – voilà un exemple de référence idéologique de la violence. Entre gauche radicale et droite nationale, il n’y a aucun signe égal, aucun effet miroir, et aucune position surplombante prétendument neutre qui tienne. Votre deuxième question en est la clef : il n’y a qu’à gauche que la société est perçue comme structurellement illégitime. Et au-delà même de la société : la civilisation occidentale, helléno-judéo-chrétienne (chacun de ces trois termes est important), qualifiée d’ordre bourgeois, patriarcal, fémonationaliste, Blanc, néo-colonial, ethnocentriste, cis-hétéro-normé, capitaliste, ou que sais-je encore.
Quant à savoir à quoi peut mener un rejet radical de la seule civilisation au monde à avoir de sa propre initiative aboli l’esclavage....