@jakem
( suite 7 et fin )
Olivier Vial : Le problème est que la violence politique, aujourd’hui, provient essentiellement d’un camp, celui de l’ultragauche. Leur objectif n’est pas de recadrer leurs militants mais plutôt de les orienter vers un objectif politique : la conflictualisation. De ce point de vue, il y a peu d’espoir d’évolution.
En revanche, les pouvoirs publics devraient se montrer beaucoup plus fermes face à la violence politique. Cela vaut pour les violences contre les personnes commises par les antifas, mais aussi pour les sabotages et les actions menées par certains militants écologistes radicaux. Très souvent, dès lors qu’un acte revêt une connotation politique, la justice tend à le considérer comme moins grave.
Je me souviens d’une interview, il y a quelques mois, du procureur de la République Eric Vaillant, ancien procureur de Grenoble. Avant de quitter son poste, il avait souligné avoir été régulièrement confronté à des violences d’ultragauche, voire à ce qu’il qualifiait lui-même d’attentats d’ultragauche. Il regrettait que sa hiérarchie ne prenne pas ces faits suffisamment au sérieux, notamment en ne les classant pas systématiquement dans la catégorie du terrorisme ou de la violence politique, les considérant plutôt comme des faits de droit commun.
Au sein des instances politiques et des autorités policières et judiciaires, la violence politique doit être traitée pour ce qu’elle est. Il ne s’agit pas simplement de faits divers : il existe une intention politique, une organisation et une idéologie sous-jacentes. Cela nécessite un traitement plus rigoureux et plus systématique.