@Eric F
Eléments de réponse :
Peut-on résumer que le QE n’a pas été d’emblée une stratégie délibérée mais initialement un palliatif occasionnel, qui a pris de l’ampleur et est devenu en quelque sorte addictif un peu comme devoir regonfler un ballon qui fuit de plus en plus au fur à mesure qu’il grossit ?
>>> Votre image de la baudruche qui fuit et qu’il faut regonfler en permanence est assez juste, quant au fond, depuis la « crise » de 2007-2008 qui marque donc un tournant systémique conssidérable.
Et la situation de « guerre mondiale larvée » dans laquelle se trouve l’économie contemporaine est donc le motif tout trouvé pour continuer à pratiquer la gonflette...
Les « banquiers centraux » sont-il des sortes de technocrates qui cherchent à éviter un crash financier mondial, ou bien délibérément des « suppôts des ploutocrates » sachant que la gonflette profite aux portefeuilles boursiers, non à l’économie vraie.
>>> La « gonflette » boursière commençait déjà à être une pratique courante dès avant la crise de 2007-2008, mais le « palliatif » à la crise n’a jamais été lui-même qu’une opération de « gonflette » officialisée et « garantie » par les Banques Centrales : la justification « morale » était l’espoir, en principe, de revenir tôt ou tard à une pratique monétaire plus « classique », mais jusqu’à présent les diverses tentatives de « resserrement du crédit » n’ont abouti qu’à générer de nouveaux facteurs de crise, et donc trouvé leurs limites dans de nouvelles stratégies de « création monétaire », d’une manière ou d’une autre.
C’est un cercle vicieux qui profite effectivement à une nouvelle ploutocratie « financière » parasite, typiquement banco-centraliste, donc, même si elle se garde bien de le proclamer sur les toits :
J’ai du mal à voir le lien avec les déficits publics, ceux-ci plongent en France mais d’autres pays « capitalistes » les ont maîtrisé (pas les USA, certes). Ces dettes ne sont pas contractés auprès des banques centrales, mais de l’emprunt classique aux banques privées. Certes le QE leur achète des actifs pourris de dette peu rentable ou mal garantie.
>>> Tout d’abord, le Quantitative Easing, surtout en Europe, concerne essentiellement la dette publique, même si en passant par les dits « marchés secondaires » : une tartufferie également clairement explicitée par Charles Sannat, entre autres...
Concernant les « inégalités » des pays selon leur dette publique, le fait est bien que globalement c’est l’ensemble de l’économie qui dépend de la dette publique des principaux pays « emprunteurs », vu que les titres de dette circulent « internationalement » comme « collatéraux » essentiels pour la plupart des opérations financières à grande échelle.
Donc, même si quelques petits pays ont moins de dette, c’est évidemment mieux pour eux, mais cela n’empêche pas qu’ils utilisent aussi les titres de dette des autres comme « collatéraux » dans leurs opérations financières.
On en revient à cette réalité brutale et éventuellement choquante que les seules nations réellement non dépendantes de leur dette publique, et autant par choix que désormais par la force des choses, sont essentiellement la Russie et l’Iran : en géopolitique, il n’y a donc pas vraiment de hasard...
Dans nos contrées « occidentales » l’amorce du cycle de banco-centralisation est logiquement venu avec la « synergie » assez négative pour nous entre la désindustrialisation et la robotisation incontournable de nos quelques restes d’indudtrie.
Le banco-centralisme est une réponse « parasitaire » de la classe dominante à l’évolution sytémique des rapports de production « modernes ». Il pourrait y en avoir une autre, sans elle, mais cela exige une « conscientisation » des populations qu’elle a malheureusement tous les moyens d’empêcher : « panem et circences », et quand ça ne suffit plus, la guerre « pour de vrai »...
Luniterre
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