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Luniterre 11 août 12:57
Luniterre

@tous >>>

D’une manière générale il y a une sorte de « résonnance », et on l’espère aussi « raisonnance » si on ose ce néologisme, entre l’article

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/dernieres-nouvelles-de-cyberie-271135

...et le présent article, au sens où ils abordent chacun à leur façon la problématique de la production d’entropie par la civilisation humaine.

Sur le fil de « lePhénix », « Durand » cite ce lien sur le thème de l’entropie :

https://vincent-mignerot.fr/emotions-thermodynamique/

... dont la lecture m’a suggéré quelques réflexions qui me semblent donc également tout à fait en rapport avec la démarche d’Ingo Piepers et que je republie donc également ici telles quelles :

@Durand

A propos de la recherche d’une éventuelle « théorie du tout », Einstein a répondu que selon lui la thermodynamique était déjà la meilleure candidate au poste. En effet, c’est un domaine de la science qui se situe à l’intersection de quasiment tous les autres, et cela depuis la « naissance » de l’univers, s’il en fut.

Les lois les plus basiques de la thermodynamique commandent donc le cours de l’évolution de tous les phénomènes qui se produisent dans notre univers, un peu comme la pente des terrains commande le cours de l’écoulement des eaux, ou presque...

Les êtres vivants ne sont que l’une des multiples « pentes » par lesquelles se disperse l’énergie dans un univers en expansion constante, jusqu’à preuve du contraire...

L’évolution de la complexité du vivant n’a donc fait que suivre la pente en termes de capacités de dispersion de l’énergie et l’espèce humaine est au top de cette évolution, avec sa « techno-civilisation »...

La capacité de dispersion par individu « moderne », comme consommateur et utilisateur quotidien de technologies diverses, est, en rapport de sa masse, semble-t-il désormais supérieure à celle du soleil, en rapport « énergie dispersée/masse ».

La différence essentielle étant que le soleil a encore pas mal de réserves à cramer avant de « s’éteindre » sous une autre forme encore plus « dispersée » de son énergie...

Une autre différence, par contre, c’est que pour en arriver là, de notre côté, il nous a fallu évoluer une conscience de nous mêmes assez complexe, à partir de notre instinct primitif de survie.

Depuis l’aube de la civilisation un relatif conflit se poursuit entre conscience évolutive et instinct primitif, avec les divers « inconvénients » que cela engendre encore en société...

Fondamentalement, l’instinct de puissance et de pouvoir sur ses semblables, que ce soit par la technologie ou autrement, n’est jamais qu’une forme paroxystique et plus ou moins dévoyée de l’instinct primitif de survie.

Néanmoins, au cours de cette dialectique évolutive « instinct/conscience », l’être humain a été amené à inventer un truc qui s’appelle le « libre arbitre » et qui est sensé l’aider à faire les meilleurs choix en toute connaissance de causes, ou presque...

Le problème actuel de l’humanité c’est simplement que de ce « libre arbitre » on ne fait pas véritablement un usage intensif, c’est le moins que l’on puisse en dire...

On ne peut pas arrêter le cours de l’entropie universelle, mais on peut apprendre à nager en conservant la tête hors de l’eau pour quelques millénaires encore, en fonction de nos choix fondés sur ce fameux « libre arbitre » que nous avons oublié en chemin, sur les rives du flot de nos illusions...

La civilisation humaine ne peut absolument pas échapper à sa fonction basique de flot de dispersion énergétique parmi d’autres flots, mais grâce à son « libre arbitre » elle a néanmoins acquis la capacité d’en réguler éventuellement le cours, afin de le rendre davantage « durable », au sens véritable et donc relatif du terme.

On ne peut que ralentir le flot de l’entropie au niveau de notre biotope, notamment en limitant les aspects les plus délétères de notre impact sur lui, tout en restant conscients que le passage de l’humanité et de sa civilisation sur Terre ou ailleurs n’est jamais qu’un bref moment du flot universel de l’entropie et que tous nos vieux fantasmes de transcendance et d’éternité sont définitivement à ranger au musée des accessoires de l’homme des cavernes scrutant les nuages en quête de « divinités » plus ou moins fâchées avec lui les jours de tempêtes...

Ce réveil de nos consciences, nous le devons à nos enfants et petits enfants, c’est là la question essentielle qui se trouve posée à notre libre arbitre, dès aujourd’hui, en espérant qu’il soit encore temps d’y répondre.

Luniterre



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