Si on lit, si on écoute, si on constate les actes de la Russie de VVP,
Se focaliser sur VVP est une erreur.
Notre avenir se joue entre Trump et Xi, plus généralement
entre les USA et la Chine (l’Asie), entre l’Occident et le reste du monde.
La mutation d’un monde unipolaire, celui d’après 45, vers un
monde au moins bipolaire. Cela dépasse l’espérance de vie de VVP.
La Russie aurait pu jouer cette partie mondiale côté
occidental. L’histoire en a décidé autrement, la Russie se retrouvant de l’autre
côté, mais ce n’est pas l’essentiel. L’affrontement Chine – USA, entre l’Occident
(avec ou sans la Russie) et le reste du monde aurait eu lieu de toute façon.
La guerre en Ukraine est une péripétie de cette mutation. Elle
n’était pas fatale. On regrettera que l’amarrage de la Russie à l’Occident ait
échoué au début du XXIème siècle, ce qui aurait économisé une guerre en Europe et
ses centaines de milliers de victimes. Mais l’Europe n’a jamais su faire
autrement que régler ses grandes évolutions par la guerre.
L’essentiel est d’anticiper les risques de cette grande
mutation mondiale, d’être capables de la gérer sans tragédies majeures. La
Chine (l’Asie) semble sur la bonne voie, celle du commerce et de l’industrie tout en
rééquilibrant sa puissance militaire afin de la rendre crédible face à l’Occident.
Les USA reculent par la force des choses et de l’histoire mais ne cèdent rien
sans y être obligés : un pas en avant, deux pas en arrière.
C’est l’Europe le grand point d’interrogation. Elle vise sans
doute un statut de puissance qui compte entre USA et Chine. Son réarmement en
témoigne, ainsi que la promotion de la Russie au rang d’ennemi de l’UE, forçant
la solidarité de ses membres (une grande puissance doit toujours avoir un
ennemi au feu, cf. les USA). En expansion territoriale, et de ce fait en
déséquilibre, l’UE est en risque de commettre une erreur fatale dans son
affrontement pour l’instant simulé avec la Russie. Comme dit plus haut, l’Europe
a du mal à éviter ses guerres, donc danger. VVP passera, mais pas le danger lié
à l’établissement de la puissance européenne entre Asie et USA, compte tenu de l’obstacle russe, désormais impossible à intégrer dans l’Union.