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Vincent Delaury 21 octobre 14:33
Vincent Delaury

@Emmanuel Aguera

La photo, c’est à la fois de la technique et de l’art, pour paraphraser Malraux à propos du cinéma : « un art et une industrie ». [Et au passage, cher Fergus, pour ma réponse, vous m’avez devancé !] Attention, il y a de grands noms dans le médium photographique ! J’évoque d’ailleurs un photographe (plasticien) contemporain dans mon article, Clément Cogitore, cinéaste par ailleurs, comme écho possible à la peinture « voyante » de Bernini. Et en photo, puisqu’il s’agit « simplement » d’appuyer sur le bouton, tout un art consiste justement à faire oublier ledit bouton ! Car parvenir à se forger un nom, une identité, un univers immédiatement reconnaissable (tiens, ceci est une photo d’untel, d’unetelle), n’a rien d’une sinécure. C’est même, à mes yeux, tout aussi difficile, si ce n’est plus, qu’en dessin et en peinture, où l’intimité du trait et la touche personnelle participent à cette reconnaissance. Mais ce n’est que mon humble avis. Une photo de Man Ray, par exemple, avec son empreinte surréaliste et ses effets caractéristiques, désormais inscrits dans l’Histoire de l’art photographique (solarisation, rayographie, superposition d’objets…), se reconnaît assez facilement. Et le style, c’est l’homme (ou le... Man !), ou la femme, quel que soit le moyen d’expression. Pourvu qu’on ait l’ivresse, avec, en sa présence… Bref, pour résumer, la maîtrise d’un médium ne suffit jamais à faire une œuvre : comptent aussi, quel que soit ce médium, le regard, le choix, le cadrage, la lumière, le geste et la construction d’un univers personnel, qui feront toute la différence. « Merci en tous cas de ce voyage chez Bernini ; je ne le connaissais pas, son taf est sérieux et d’une grande sensibilité. Vous le traduisez bien (j’ai même rit à un moment). De la sensibilité et la maîtrise du médium, je ne demande rien d’autre à un peintre. » Merci pour ce retour enthousiaste ! Je souhaitais, en effet, rendre ce voyage intérieur, et « immobile » (né dans la solitude de l’atelier silencieux du peintre-artisan), plus « extime », le faire sortir de son antre pour le partager. Car il mérite, me semble-t-il, le détour, tant ses propositions plastiques sont aventureuses, parfois aléatoires — je pense notamment au linéament dansant des arbres, à leurs ramifications multiples, communicantes et pénétrantes. Une ouverture du champ des possibles, entre le sensible, le trip cosmique et l’hallucinogène. De quoi faire voyager sans même quitter son fauteuil ! smiley



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