Cet article élude totalement un des aspects de l’immigration « qui pose problème ». Il y a certes des replis communautaristes qui plongent leurs racines dans la difficulté de s’insérer socialement : le travail est devenu une denrée périssable en France, car facilement délocalisable et donc dévalorisable. Tout bien considéré, c’est le colonialisme qui perdure, sous une forme plus insidieuse : si tu ne vas pas à l’usine pour une misère, c’est l’usine qui viendra à toi et tu seras de toute façon exploité. On peut comprendre que des populations entières venues en France pour n’y trouver que des problèmes économiques ne puissent pas s’intégrer et préfèrent se réfugier dans le schéma socioculturel rassurant de leur pays d’origine. Au « racisme ordinaire » à l’encontre des nombreux étrangers venus avant ou immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, simple xénophobie, se substitue un choc de cultures tout à fait nouveau : celui de la différence en matière de spiritualité. Et il est à craindre que ce choc dure plus longtemps qu’il ne faut d’ordinaire pour s’habituer à voir dans la rue des individus à la couleur de peau différente.
Qui sera « bienvenu » en France ? Les courants migratoires sont déjà connus : l’ouvrier polonais a, sur les chantiers, remplacé la main d’oeuvre peu qualifiée du Maghreb, pour des salaires encore « avantageux » à la fois pour l’étranger et pour l’employeur. Le manque de médecins va conduire à un recrutement au sein de l’Union Européenne, dans un pays francophone : la Roumanie fait bien l’affaire, et les problèmes d’intégration sont déjà résolus.
La question qui mérite d’être posée est la suivante : cette hémorragie créée dans ces pays devra être « compensée » de quelle manière, sinon par une immigration extra-européenne ? A titre d’exemple, du fait de son émigration, la Pologne manque de bras dans le bâtiment. Qu’à ce la ne tienne, on ouvre les frontières aux chômeurs ukrainiens ou moldaves, qui peuvent obtenir un permis de travail de 6 mois par année. Il est à craindre que ce phénomène de vases communiquants ne nous conduise jusqu’en extrême-orient.
« »« Vous devriez venir voir notre laboratoire de mathèmatique LMRS et notre laboratoire de cryptologie, ils interressent surtout la Défense. »« »
Je ne doute pas un seul instant de cette réalité, mais le fait que vous ajoutiez que ces travaux intéressent la Défense prouve que leur application peut être immédiate.
« »« Tout cela pour en conclure que ce n’est pas le fait de faire telle ou telle étude qui compte mais bien le fait que le nombre d’étudiant dans les matières scientifiques est soit trop faible, soit il y a des problèmes coté literraires. »« »
Je ne pense pas qu’il y ait un nombre insuffisant d’étudiants dans les matières scientifiques, puisque un certain nombre de diplômés doit quitter le pays pour trouver du travail. Dans certaines disciplines (biologie animale ou végétale), le chômage est bien souvent au bout du chemin, malgré des études très pointues aussi bien en France qu’à l’étranger.
Pour en revenir aux littéraires, il faut voir la somme de travail vertigineuse qui est exigée pour une simple agrégation : latin, grec ancien, anglais et parfois une 2° langue vivante, études de littérature comparée, philo, et j’en passe... Sans compter l’obligation de se tenir au courant de toutes nouvelles publications littéraires. Je comprends assez bien que ces étudiants ne veuillent pas s’aventurer vers un doctorat littéraire.
Existe-t-il un problème au niveau du lycée en ce qui concerne l’enseignement littéraire ? Au niveau de l’enseignement du français, c’est bien possible, à en juger le nombre de fautes d’orthographe que contient votre dernière intervention. A croire que les études scientifiques dispensent de maîtriser sa langue maternelle. Vous êtes dispensé de faire des études littéraires, les littéraires sont tenus de maîtriser les outils modernes de communication. Dans ces conditions, il y aura en effet peu d’élus parmi les étudiants, sachant que ces filières mènent généralement à l’enseignement. Cherchez l’erreur.
Je vous rappelle que c’est un certain Christian Fouchet, ministre de l’Education qui a, en 1967, décidé de dévaloriser les études littéraires et d’implanter des lycées techniques « aux quatre coins de l’hexagone », formule choc qui a fait jaser à l’époque.
Mes plus plates excuses aux lecteurs pour qui ce dialogue privé et hors sujet ne présente aucun intérêt.
Est-ce que ce n’est pas déjà le cas : impôts sur le revenu, sur le foncier, taxe d’habitation, TVA, CSG, etc... Beaucoup de gens « modestes » ne redonneraient-ils pas 50% de ce qu’ils gagnent à l’état chaque année ? (C’est une question que je me pose, parce que, moi, compter les sous, c’est pas vraiment mon truc.)
« »« les contrats de recherches sont une sources de revenu pour l’université mais le problème n’est pas là. Une université c’est aussi un CENTRE DE RECHERCHE est là y a aucune publication provenant des UFR dit litteraires depuis plus de 10 ans dans l’université où je travaille ( depuis 10 ans ). »« »
Je comprends fort bien votre point de vue. Mais ne trouvez-vous pas que les disciplines dites « littéraires » ou du domaine des « sciences humaines » se prêtent nettement moins bien à la poursuite d’un doctorat (et donc à la production de thèses) que les séries scientifiques ? J’espère que vous conviendrez qu’un « doctorat ès lettres », c’est sans doute enrichissant pour le doctorant, mais que cela n’apporte rien de bien utile dans la recherche d’un emploi. A moins que le « docteur ès lettres » décide à son tour de devenir enseignant en fac où les places sont très limitées. Autrement, quel intérêt ?
On peut dire exactement la même chose d’un doctorat de maths générales (aucune retombée financière immédiate.) Seules les mathématiques appliquées pourraient, à la rigueur, intéresser le monde de l’entreprise.
Au final, il ne reste que les disciplines scientifiques qui puissent faire l’objet d’un partenariat entreprise-faculté. Faut-il pour autant « rentabiliser » la fac en instaurant un « numerus clausus » à l’entrée en fac de lettres ?