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Quousque Tandem

Quousque Tandem

Cet exorde des Catilinaires ne fait pas référence à je ne sais quelle conspiration, mais bien à la montée des périls et à la période de troubles dans laquelle nous nous enfonçons.

Tableau de bord

  • Premier article le 24/08/2007
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Derniers commentaires



  • Quousque Tandem Alain Bondu 29 janvier 2008 22:51

    @ Skirlet

    "L’immersion, c’est pas pour tout le monde... Qui pourrait aller vivre dans un aute pays pendant 6 mois ? Plus court, c’est inefficace et s’oublie vite. Qui plus est, je n’aime pas cette doctrine actuelle de "mobilité"..."

    Entièrement d’accord. Rien à dire, y compris pour cette mobilité que j’ai aimé pour moi, mais qui devient détestable si elle est imposée à tous. Le monde a besoin de gens aux semelles de vent, et en même temps de gens aux semelles de glaise - bien lourde.

    Sur une précédente contribution, vous finissez par : "Allez, je mets mon lien préféré : http://skirlet.free.fr/Mainten... ". cette contribution m’avait échappé. Je suis retombé dessus par hasard avant-hier, et ai lu cette remarquable nouvelle d’une traite. Quand on pense que Poul Anderson était américain, et qu’il a écrit cela en 1950, c’est proprement confondant. A part les mises en garde de Levi-Strauss et de quelques autres ethnologues, qui avait pris conscience à l’époque et aussi clairement du côté "pot de fer" de la civilisation occidentale ? Lévi-Strauss était d’ailleurs aux US très peu de temps auparavant, peut-être ont-ils été en contact ? Un grand merci en tous cas. Mais pouvons-nous, comme les habitants de Skrontar , nous isoler, le temps de reconstituer notre spécificité tout en retrouvant le niveau nécessaire ? Je ne crois pas. ce ne serait pas accepté socialement, et géopolitiquement impossible. Sans compter que nous sommes une ancienne puissance dominante (en concurrence avec d’autres, les anglais notamment, mais ça ne change pas ce qui suit), ce qui complique le problème. Reste des réponses plus flexibles, et c’est dans cet esprit que je prônais -que je prône- un plurilingisme que j’espère intelligent. Mais est-ce une bonne réponse ? je n’en suis pas sûr à 100%.

    Sur une autre contribution, vous écrivez

    " [vous me citez :]"Je fais part de mon expérience professionnelle : dans un groupe de travail international, si tout le monde est francophone sauf un, l’expérience montre que l’on passe automatiquement à l’anglais, que tout le monde est censé comprendre, et que, de fait , tout le monde comprend au moins approximativement."

    Eh oui... [répondez-vous] c’est l’aplatventrisme pur et dur..."

    Aucun doute : vous n’avez pas l’expérience de ce genre de situation pour croire cela. Imaginons que dans une négociation à plusieurs parties (je suppose des gens de nationalités diverses, qui tous parlent le français comme langue maternelle pour certains et comme langue étrangère pour d’autres, sauf un seul qui n’est qu’anglophone. C’est à un cas d’école de ce genre que de mon côté je faisais allusion dans ma précédente contribution) je me sois battu pour imposer le français, j’aurais dressé au moins une partie , probablement la majorité du groupe contre moi, et j’aurais sérieusement affaibli ma position pour la discussion proprement dite, sans obtenir quoi que ce soit en échange. Je me suis trouvé dans des situations quasi-identiques et je sais de quoi je parle. Les américains, dont la finesse, l’habileté et le sens du long terme sont bien supérieurs à ce que l’on croit souvent, sont parvenus à ringardiser le français, et il faudra être aussi habiles et patients qu’eux pour sortir de cette situation.

    Cordialement,

    AB



  • Quousque Tandem Alain Bondu 28 janvier 2008 20:54

    Une précision, pour bien situer ma précédente réponse : j’ai commencé l’anglais et le latin en 6ème, donc à 11 ans, l’allemand à 14 ans. Ma vie professionnelle m’a un peu mis en contact avec l’espagnol, le russe et le portugais. Mais il n’y a guère que l’anglais où j’aie gardé une certaine aisance.



  • Quousque Tandem Alain Bondu 28 janvier 2008 20:47

    @ skirlet :

    Je vous accorde volontiers que la motivation est un facteur essentiel. J’en citerai un autre, que j’appellerai l’immersion. Quand on est dans le pays, sans contact avec sa langue mère (ou avec très peu de contacts), on progresse très vite, toutes choses égales par ailleurs, et l’on arrive fréquemment à rejoindre, en quelques mois ou quelques années, le niveau que l’on atteindrait avec ce fameux démarrage avant 10 ans (avec toutefois une fréquente exception pour l’accent, vous le remarquerez) . Tous ceux qui , étudiants, ont fait des stages linguistiques à l’étranger ont constaté une brutale accélération de leurs progrès lorsqu’ils ont rencontré un "dictionnaire à cheveux" (c’est la vilaine appellation que l’on donnait à notre petite amie locale).

    C’est là que l’anglais joue sur du velours : comme la plupart des difficultés sont orthographiques, phonétiques, ou liées à sa variabilité dans le temps et dans l’espace, cette langue plus qu’une autre impose des séjours dans un pays anglophone, pour le plus grand profit de leur balance commerciale.

    "Aucune étude ne le confirme"

    j’ai cité un peu plus bas, dans une autre réponse , http://cled.free.fr/cdodane/re... ,notamment les paragraphes 1-1 , 1-2 , 1-3 , 1-4 ; et toutes les références que j’ai pu consulter décrivent les mêmes étapes.

    "N’importe qui est capable de démarrer le russe à n’importe quel âge" C’est vrai de n’importe quelle langue , je pense ! Moi aussi , j’ai commencé le russe à 45 ans ; Je ne suis resté en URSS (c’était pendant la Glasnost) que quelques semaines, pourtant ce fut suffisant pour "décoller", même si je ne s uis pas allé bien loin. Et j’ai un parent proche, décédé maintenant, qui continuait à apprendre de nouvelles langues étrangères à 70 ans. Mais le niveau que l’on peut espérer atteindrre dépend fortement de l’âge de début, ou du polyglottisme (excuses pour cet affreux néologisme !) antérieur. C’est là qu’un démarrage avant 10 ans peut permettre -à ceux qui sont motivés, je vous l’accorde bien volontiers- d’espérer atteindre un niveau qui serait hors de portée s’ils commencent leur première langue étrangére après 11 ans... dans la mesure où l’étude que j’ai citée ci-dessus est exacte. 

    Or, ce niveau , celui où l’on comprend de façon automatique et instantanée, où l’on peut suivre une conversation non ralentie, saisir les nuances subtiles, est de plus en plus fréquemment requis. Il est indispensable dans de nombreuses circonstances, et notamment pour une négociation de sévérité moyenne.

    J’ai personnellemnt mené des négociations techniques importantes pour le compte de mon entreprise, avec un certain succès, mais j’aurais pu démarrer cette activité plus tôt et y réussir mieux encore si j’avais démarré mon apprentissage de l’anglais plus tôt (et fait davantage de stages liguistiques... !)



  • Quousque Tandem Alain Bondu 28 janvier 2008 12:37

    @Krokodilo :

    Impossible pratiquement d’enseigner les langues étragères au primaire ? sans doute.

    Mais ne nous plaignons plus, alors, d’être embarrassés dans les discussions internationales. Après 10-11ans, "seuil fatidique", l’aptitude à apprendre les langues change de nature et devient nettement moins performante. (voir par exemple http://cled.free.fr/cdodane/recherche/articles/dyalang/Dyalang.htm , notamment les paragraphes 1-1 , 1-2 , 1-3 , 1-4 ; toutes les références que j’ai pu consulter décrivent les mêmes étapes ) adieu la perception des nuances, la saisie de phonétiques différentes, etc.. En comme le français est une langue assez riche en grammaire et en vocabulaire (même si sur ce dernier point elle est évidemment surclassée par l’anglais ), mais phonétiquement assez pauvre, la situation est rattrapable dans le langage écrit, mais pas dans les contacts oraux.

    Alors, ici aussi, l’essentiel est sans doute de savoir ce que nous voulons, et à quoi nous sommes prêts pour attendre notre objectif.

     

     

     



  • Quousque Tandem Alain Bondu 27 janvier 2008 23:35

    @skirlet

    "connaître l’anglais, le français, l’allemand et le grec n’aide en rien pour le chinois". Il me semble que si. Car même si, comme dans ce cas, les langues n’ont rien à voir, une forme d’esprit, et d’entraine ment , en un mot une aptitude s’est développée, qui rend l’approche plus facile, la mémorisation plus rapide, etc. C’est en tous cas ce que j’ai cru comprendre en lisant quelques travaux ou articles de linguistes.

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