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Quousque Tandem

Quousque Tandem

Cet exorde des Catilinaires ne fait pas référence à je ne sais quelle conspiration, mais bien à la montée des périls et à la période de troubles dans laquelle nous nous enfonçons.

Tableau de bord

  • Premier article le 24/08/2007
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Derniers commentaires



  • Quousque Tandem Alain Bondu 4 janvier 2008 13:00

    @ Francis BEAU : Contribution intéressante, même si elle s’écarte un peu du sujet de l’article.

    On peut regrouper les transactions en deux catégories : Gagnant-gagnant et gagnant-perdant. L’expression « guerre économique », qui constitue un peu, c’est vrai, un abus de langage, met en évidence plusieurs évolutions plus ou mooins récentes :
    - Une évolution de la répartition entre les transaction « gagnant-perdant » et les transactions « gagnant-gagnant », au détriment de ces dernières,
    - Des conséquences plus lourdes aux « défaites » économiques : Dans les années 60, si une entreprise ferme ses portes, le personnel retrouve du travail plus vite, plus facilement, et à moindre coût humain (peu de chomage, travail retrouvé assez facilement dans le même bassin d’emploi et à la même qualification...) Aujourd’hui, si votre empoyeur ferme, c’est la ruine pure et simple pour la moitié du personnel,
    - Conséquence de ce qui précède, les états-nation s’impliquent davantage, et en tous cas de manière différente dans les conflits économiques : En fait, pour diverses raisons, nous sommes dans une situation durable d’excédent de main d’oeuvre, donc de chomage important, et la « guerre économique » sert à nommer l’ensemble des pratiques concertées, à l’échelle des états ou des structures de taille analogue, pour reporter le plus possible cette charge sur les concurrents. De véritables stratégies sont mises en oeuvre dans ce but : la stratégie, c’est bien un terme guerrier ?

    Signalons enfin l’effet cumulatif de cette pratique : Si j’envoie chez le voisin suffisamment de chômage, ça va créer des troubles sociaux qui vont altérer sa productivité nationale, donc on pourra continuer à l’entasser ...

    En conclusion, nonobstant le contresens sémantique que vous signalez, l’expression « guerre économique » garde un certain nombre de justifications, qui expliquent son emploi dans le langage courant.



  • Quousque Tandem Alain Bondu 3 octobre 2007 14:45

    @ docdory et skirlet :

    Même si c’est de plus en plus une vue de l’esprit, rappelons également (bien que ça ait été fait de nombreuses fois dans ce forum et même dans l’article de départ) que le français reste langue officielle au même titre que l’anglais dans des tas d’organismes internationaux : CIO, ONU et les organismes associés,etc.



  • Quousque Tandem Alain Bondu 3 octobre 2007 00:23

    Cette histoire de liingua franca est un sujet où nous français sommes mal placés car le français a bien longtemps occupé ce rôle. Pour la langue diplomatique ça a dû commencer avec les traités de Westphalie (1648), et ça durait encore juste avant la guerre 40. A titre d’exemple, le traité secret entre les républicains espagnols et Staline (ça doit être en 1937) était rédigé dans un français impeccable. Des fac-similés ont été montrés à une émission télévisé voici quelques années, probablement sur Arte. Et ne parlons n ni du XVIIIème siècle, où le français était la langue de toutes les cours européennes, ni d’avant la guerre de cent ans, où toute la noblesse anglaise parlait français à la cour . Honni soit qui mal y pense, et Dieu est mon droit !.

    Ce que je veux dire, c’est le passage du français à l’anglais (amorcé, pour être honnête, avec la fin de la 1ère guerre mondiale) est pour l’ensemble des pays le passage d’une langue difficile à une autre langue difficle. Pour nous , c’est autre chose ; c’est une perte d’influence , c’est une source d’énormes revenus qui s’évapore, pire : c’est une défaite.

    Un autre élément de cette susceptibilité particulière est que sur de nombreux points le français et l’anglais sont antinomiques : prononciations, conjugaisons, etc. Et que le vocabulaire soit en partie commun n’est qu’un piège de plus : combien de fois ai-je remplacé par un mot celte ou saxon le mot d’origine latine qui me venait naturellement à l’esprit, par crainte d’un faux-ami, pour l’entendre utiliser quelques seconde s plus tard par mon interlocuteur ? Vexant.

    Claude Hagège souligne la difficulté particulière de l’anglais pour les français.

    Mais ce n’est pas parce que nous sommes juge et partie que les attaques contre l’anglais sont forcément fausses et inexactes. Elles peuvent bien sûr l’être, mais cette situation peut aussi nous permettre de déceler des vrais problèmes avant les autres.

    Pour moi, ces années d’études -tout au long de sa vie car l’anglais est une langue très variable et pour laquelle la « fluency » se perd vite, beaucoup plus vite que pour les autres langues dont j’ai des notions (allemand, russe, espagnol sans oublier le latin)- ces années d’étude que n’ont pas à subir les anglophones constituent une disparité qui, par son effet cumulatif, deviendra un jour insupportable -si elle ne l’est pas déjà pour certains peuples-.

    la grande différence entre le français langue internationale et l’anglais langue internetionale, c’est que la puissance française était équilibrée par celles des autres puissances de l’époque : GB, Allemagne, EU déjà , tandis que celle des EU n’est « balancée » -vous remarquerez l’anglicisme-, pour le moment , par rien du tout. Et que , comme l’a dit à peu près Montesquieu dans l’« esprit des lois », tout pouvoir qui n’est pas équilibré par un contre-pouvoir a tendance à croître jusqu’à l’abus.

    Ceci dit, le temps pendant lequel la puissance US ne sera équilibrée par aucune autre ne durera pas bien longtemps, ne serait-ce que parce que le fait pour une puissance d’être sans concurrence dangereuse pousse immanquablement à la faute.

    J’avoue que je peste contre l’anglais langue internationale, mais imaginons que ce soit -au hasard- le chinois par exemple. Ma fille a essayé de l’apprendre voici quelques années : c’est bien plus difficile que l’anglais, du moins pour nous. Et ça se perd encore plus vite que l’anglais, ce qui est sans doute une autre façon de dire la même chose.



  • Quousque Tandem Alain Bondu 2 octobre 2007 11:38

    Je lache rarement des paradoxes en forme de provoc’ sur Agoravox, mais ce matin j’ai envie. Voici donc (je précise que je suis issu d’une GE qui n’est PAS l’X) :

    de 1945 à 1970, l’ENA est monté progressivement en puissance, mais ses anciens élèves n’avaient pas atteint les commandes de l’état. Elles étaient maffiatées par les polytechniciens. On a eu les 30 glorieuses. A partie -en gros- de 1975, tous les postes de commande étaient trustées par l’Enarchie. Ca a donné les « 30 piteuses », et cela continue.

    Trève de plaisanteries. Pour un état, comme pour une communauté, comme pour une famille la consanguinité est un grave danger. Et n’oublions pas dans les filières de formation les autodidactes. Leur savoir est généralement plus fragmenté, mais quel bon sens et quel caractère !



  • Quousque Tandem Alain Bondu 2 octobre 2007 11:27

    Pas le temps de discuter sur le fond : je suis pressé ce matin. Mais je veux dire merci sans attendre une minute. Cet article décrit précisément tout ce que je crois personnellement. et comme je l’ai déjà précisé, je ne connais pas l’esperanto moi-même, hélas !

    Un seul ajout pour le moment : imaginons que l’esperanto devienne -par miracle , les anglophones savent trop bien ce qu’ils auraient à y perdre- la nouvelle lingua franca. Très vite des argots et des exceptions apparaîtraient, et cette langue se complexifierait progressivement. N’oublions jamais (faut-il rappeler ces évidences ?) qu’une langue ne sert pas seulement à se faire copmprendre du destinataire. Parmi ses autres fonctions :

    - être aussi inintelligible que possible à ceux à qui elle n’est pas destinée (ce n’est pas toujours inavouable : imaginons des médecins obligés de discuter devant une personne gravement malade. Ils sont perplexes, certains l’estiment condamné, d’autres non : ne vaut-il pas mieux qu’ils accordent leurs violons dans la discrétion avant de rendre leur diagnostic ?)
    - se reconnaître entre gens d’une même communauté.

    ceci dit, l’esperanto -dans cette hypothèse- ne deviendrait pas du jour au lendemain une langue aussi tordue que les autres, et la généralisation de cette langue permettrait, j’en suis convaincu, des rééquilibrages salutaires.

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