Cet exorde des Catilinaires ne fait pas référence à je ne sais quelle conspiration, mais bien à la montée des périls et à la période de troubles dans laquelle nous nous enfonçons.
@ Marc Bruxman,
Merci pour ce commentaire et ces développements qui furent pour moi un régal.
Une petite remarque toutefois, qui concerne surtout lla disparition du papier. On fait de moins en moins allusion à la vunérabilité du stockage électronique de masse. Outre les attaques de type viral bien connues, les attaques du type EMP (electromagnetic pulse) pourraient causer des ravages le jour où l’on s’y attendra le moins.
Il se trouve que j’ai relu et corrigé cet article (je n’ose pas dire ce « post » !) avant qu’il ne soit... posté. Et Dieu sait que j’aime la langue correcte. Le langage incorrect génère ambiguïtés, approximations, et in fine malentendus. Et en outre, il est moche.
Ensuite, je suis convaincu que s’il fallait choisir entre le français et l’anglais comme langue internationale, cette dernière est assez mal placée : langue instable et mal fixée dans le temps et dans l’espace, vocabulaire pléthorique ou chaque concept est décrit par trois termes d’origine celtique, saxonne et latine (to start, to begin, to commence...) ce sont les ignorants et les gens de mauvaise foi qui en parlent comme d’une langue facile.
Enfin, cette langue apporte un avantage éhonté à ceux dont c’est la langue maternelle. Impossible de la maîtriser sans plusieurs années d’études et de nombreux mois dans un pays anglophone. Pendant ce temps, les étudiants qui n’ont pas cette contrainte continuent tranquillement à approfondir leur spécialité, prenant des années d’avance. Je me souviens voici quelques années d’une pub pour l’espéranto (que je ne parle pas) basée essentiellement sur ce constat.
D’autres langues s’apprennent plus vite et requièrent moins de séjour sur place, à commencer par l’allemand (je ne fais même pas allusion aux langues latines).
J’ajoute pour bien fixer les idées que j’ai ramené à mon entreprise, en tant que négociateur technique, plusieurs dizaines de millions de dollars de contrats rédigés, puis négociés dans cette fichue langue.
Ceci dit, quand on parle d’E-mail ou plus simplement de mail , j’ai le regret de constater que tout le monde pense courriel (mot imaginé par les canadiens ; qui se souvient du mél qu’avait tenté d’imposer la commission de terminologie ?) et que plus personne (sauf Aleks et quelques autres) ne pense à l’allée engazonnée où l’on jouait jadis au jeu du même nom...
De même quand on parle d’une fillette « abusée », qui se souvient que cela veut dire qu’on l’a trompée, et non qu’on a abusé d’elle comme le sous-entend n’importe quel journaliste de modèle courant ?
J’avais abordé ce sujet voici bien des années avec une grammairienne. Je lui avais demandé à l’époque si pour un véhicule de communication comme les journaux où la télévision on devait au singulier dire médium, ce qui respecterait l’origine du mot, ou média, ce qui est en latin le pluriel. Sa réponse a été immédiate : c’est l’usage qui prime contre la logique, le peuple qui a raison contre les élites, (et même deux fois raisons si par hasard il a tort) et on doit donc dire média. Belle leçon d’humilité pour ceux qui savent.
D’ailleurs l’une des références en grammaire, ne s’intitule-t-elle pas « le bon usage » du regretté Grevisse, belge au demeurant ?
Votre remarque est plutôt sympathique, Aleks, mais, si vous m’en croyez, réservez vos combats aux expressions qui génèrent une ambiguïté. Pour les autres laissez tomber. D’ailleurs, malgré votre soin vous ne laissez jamais échapper d’expressions incorrectes ou mâtinées d’anglais ? Moi ça m’arrive parfois.
Nous sommes bien d’accord que tout stockage d’énergie se fait avec un certain rendement.
Bien d’accord également que le stockage d’hydrogène sous haute pression est opérationnel depuis des décennies. Mais les contraintes de sécurité mises au point pour le monde industriel seront-elles acceptables dans le grand public ?
Par contre, j’ignorais que la compression de l’hydrogène pouvait consommer 40% du cycle. C’est vrai que c’est énorme et que cela pénalise cette filière. Mais :
- de toute façon, l’hydrogène est un vecteur de stockage d’énergie, et non de génération d’énergie, comme le sont le nucléaire, l’éolien le rayonnement solaire, le pétrole, etc. Et si l’on veut passer à des systèmes de génération d’énergie plus propres, l’hydrogène me paraît pour le moment le seul stockage à la fois embarquable et autorisant les ordres de grandeur (quantité d’énergie, compacité, disponibilité, contrôlabilité, etc.) requis à grande échelle.
- La compression n’est pas une dégradation de l’énergie. Elle peut être récupérée par un détendeur actif dans la mesure où la taille de l’installation le permet. Bien entendu, cela « plombera » la masse (installations embarquées) et le coût, mais à ce niveau d’ordres de grandeur cela vaut le coup d’être regardé
(Je pense que Pierrot connaît, mais je précise pour ceux qui suivraient cet échange : quand on détend un fluide sous pression, rien n’empêche de le faire à travers une mini-turbine au lieu de le faire à travers un détendeur « passif » type bouteille de butane. On récupère ainsi un peu d’énergie mécanique qui alimentera (la plupart du temps) un générateur électrique).
On procède parfois ainsi dans les grosses installations industrielles.
- Il faut savoir que la dernière génération de sous-marins allemands utilise une filière stockage d’hydrogène par hydrures métalliques + piles à combustibles.
En résumé, si l’on ne veut pas se priver des conforts de la civilisation (ce qui reste une autre option , défendue par certains), et avec les éléments dont nous disposons aujourd’hui, il me semble que le stockage d’énergie par l’hydrogène est incontournable malgré ses inconvénients
@ Zelectron : A ma connaissance, le délestage des barrages reste marginal, dieu merci. La bonne gestion consiste justementà les « vider » avant les périodes de crue.
Ceci dit, ce type d’opération existe et son utilisation pour fabriquer de l’hydrogène est excellente à terme. mais je viens d’apprendre que l’électrolyse à grande échelle de l’eau n’est pas sans dommages écologiques (je n’en sais pas plus pour le moment).
D’autre part, on sait que l’hydrogène se stocke très mal. et que son utilisation reste très dangereuse. C’est sans doute à l’heure actuelle le principal obstacle à la généralisation progressive des piles à combustibles.
Mais il est évident que l’on a vaincu d’autres obstacles techniques, et que ce type de stockage d’énergie représenterait une piste très intéressnte à terme.
C’est vrai qu’être « bison de périphérie » , si l’on file la métaphore, est une bonne solution pour se sauver soi et pour donner aux autres l’exemple que l’on croit bon. Trois solutions : être devant (mais les places sont chères !) , être derrière ( moins fatiguant mais pas très gratifiant !) ou sur le côté. Et c’est vrai que les progrès viennent soouvent des marginaux.
Et il faut aussi du courage pour être marginal. « Les statues des grands hommes sont faites des pierres qu’on leur a d’abord jeté » a dit Jean Cocteau.
Pour ce qui est de la conquête des étoiles, les vaisseaux spatiaux ne seront jamais suffisants, du moins à vue humaine, pour sauver quelques milliards d’êtres humains.
Par contre, ils peuvent effectivement permettre, dans un avenir relativement lointain, à quelques représentants de la race humaine (quelques milliers, voire quelques millions en voyant grand) de faire souche et de sauver le modèle humain, y compris éventuellemnt un échantillonnage d’espèces nécessaires à la reconstitution de notre milieu (On appelle cela le « terraformation » d’une autre planète ou d’un quelquonque milieu artificiel).... Mais est-ce un service à rendre à l’Univers ?