J’adore cet article ! rien que cette phrase est une pépite :
Si, par exemple, 80% des gens pensent que l’on doit mettre les étrangers dans des camps, cela signifie en réalité que 80% des personnes ayant répondu à une question tendancieuse, parmi un groupe de personnes choisies plus ou moins arbitrairement, selon des critères douteux et à un moment inopportun, ont vu leur réponse interprétée de telle manière qu’on puisse croire qu’ils le souhaitent.
Bref, c’est tellement tarabiscoté qu’un sondage n’a pas plus de fondement que la numérologie : on additionne des pommes et des poires et on s’arrête quand on a un résultat, si possible allant dans le sens du client. On ne mesure pas l’opinion, mais on la fabrique
C’est très vicieux un sondage : il a ce parfum démocratique qui veut que l’on se plie à la règle du plus grand nombre. Si 70% des gens sont d’accords avec les idées d’extrême-droite de Sarkozy, alors je n’ai plus qu’à fermer ma gueule... Sauf qu’il s’agit d’un leurre, un attrape-nigaud, car un sondage ne garantit aucunement la sécurité apportée par un vote démocratique(anonymat, contrôle de chaque citoyen, pas de bidouilles pseudo-scientifiques tels que les coefficients correcteurs ou les quotas, etc...). Pour cette raison, je pense que les sondages d’opinion devrait être carrément interdits ! On n’a pas besoin de savoir ce que votent les autres pour s’exprimer. Ensuite, ils rendent inutile le débat puisque les jeux sont joués d’avance, et enfin, ils sont orientés et manipulent l’opinion, plus qu’ils la mesurent. Revenons aux sources : débattons, et votons.
Dans le principe du « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », je cherche un néologisme permettant de caractériser très rapidement ce relativement nouveau phénomène des sondages orientés et manipulateurs, de la même façon que « point de godwin » ou « éléments de langage » résument très efficacement des phénomènes assez complexes. Je pense à un mot valise mêlant « sondage » et « propagande » par exemple, pour donner « propadage », que j’aime bien, ou à la limite « sondagande », mais d’autres idées sont les bienvenues...
Comme de nombreux commentateurs, je pense que le respect ne se décrète pas, il se mérite. Je dirais même qu’il est a double sens. Or, Sarkozy lui-même ne respecte pas les français. Excusez du peu, mais il a menti devant la représentation nationale : « EDF-GDF ne sera pas privatisé ». J’en passe et des meilleurs (les « casse-toi pov’ con », l’avion-baignoire en pleine rigueur économique, et autres « courroye de transmission »). On ne peut pas d’une part agir de la sorte, et d’autre part le plaindre quand il se fait traiter de voyou. On récolte ce qu’on a semé.
J’ajouterai également que le terme « voyou » n’est pas trop connoté négativement, et sonne plutôt gentiment. Qu’aurait-on dit si on l’avait traité d’escroc, de racaille, de vaurien, de fraudeur, de malfaiteur... ? Il n’y a pas d’injure dans le titre de Marianne.
A signaler, l’une des dernières sorties d’Estrosi « français ou voyou, il faut choisir » est devenue très croustillante. Hongrois pas si bien dire
Nadine Morano : « Aujourd’hui, ce sont des méthodes des années 30 » avec « des sites internet qui utilisent des méthodes fascistes ».
Christian Estrosi : il faut de la déontologie pour les journalistes qui se font les « rapporteurs de quelqu’un qui dit : c’est peut-être plausible mais nous n’avons aucune preuve » ; « c’est parole contre parole ». « Est-ce qu’on peut continuer à accepter ce type de pratique où n’importe qui affirme sans preuve n’importe quoi et on salit un homme ? »
Hervé Morin : « Ce qui se fait sur Eric Woerth, c’est une tyrannie », « Eric Woerth est chaque jour calomnié à partir de rumeurs » ; « où est l’Etat de droit », « la présomption d’innocence », « où est le contradictoire, le droit de la défense ? ».
Benoist Apparu (secrétaire d’État au logement) : « Il n’y a pas l’ombre d’un début de preuve dans cette affaire. Certains veulent clairement la peau d’Eric Woerth. On invente tous les jours des nouveaux faits » ; ce sont de « basses manœuvres politiques pour un gain politique en faisant monter le Front National. »
Frédéric Lefebvre : « Tout le système part en vrille ! On est en train de toucher à l’honneur des gens. Il faut que les politiques et les journalistes se ressaisissent. Que chacun reprenne ses esprits. C’est un dérèglement du système démocratique »
Si on en appelle à la présomption d’innocence pour Eric Woerth, alors il faut faire de même pour Lies Hebbadj, quelque soit ce qu’ils ont fait ou non. C’est un grand principe républicain. Là, il y a clairement deux poids, deux mesures.
J’allais le dire. Et cette preuve de l’innocence passe par la quasi obligation d’installer un logiciel de contrôle, plus qu’un bracelet électronique, qui surveille et filtre toute votre activité, sans même vous blanchir complètement, et ceci, pour l’ensemble de la population française.
Très bonne initiative ! Hadopi, H1NI, OGM, ... : je considère les lobbys comme nuisibles, et trouve insupportable que des organisations qui ne votent pas aient plus de pouvoir que les citoyens (qui ne votent plus, mais on comprend pourquoi : ça ne sert à rien). Combien faut-il de votes citoyen pour contrebalancer un lobby ? Je me souviens de la pétition anti-DADVSI de 165000 signatures qui avait fini dans le caniveau de Matignon alors occupé par un certain... Villepin.
Cependant, j’ai quelques questions sur votre processus de collecte de données : comment espérez-vous que les participants trouvent les informations demandées ? google ? Dans ce cas, comment éviter les confusions et assurer la qualité de la collecte pour des noms très courant, comme « Jean Martin » par exemple ?