Pour que l’UE disparaisse il
faudrait que les bourgeoisies européennes puissent espérer
un accroissement substantiel des profits dans cette disparition.
Il faudrait définir
la composition actuelle de la ’’bourgeoisie’’. Si l’on entend par là
le groupe de ceux qui avaient objectivement intérêt à soutenir le
capitalisme pour conserver des privilèges financiers (soit une rente
capitaliste en sus ou à la place de leur travail), On peut dire que
ce groupe a beaucoup fondu au fil des décennies.
Après la guerre,
du fait des pénuries, les commerçants et les agriculteurs avaient
un niveau de vie bien supérieur à celui qui aurait été le leur
s’ils avaient été salariés. Un vieux boucher m’a confié que sa
corporation connaissait ’’l’euphorie’’ après guerre.
Ils en était de
même pour beaucoup de petits chefs d’entreprise dans les années de
reconstruction et d’expansion de cette époque. Les médecins,
notaires, avocats étaient de grands notables vivant dans un luxe
certain, marqué par la présence de domestiques à leur domicile.
Aujourd’hui, à
quelques exceptions près qui sont propres à l’hétérogénéité de
ces groupes sociaux, leur situation est beaucoup moins glorieuse et
les idées d’une refonte sociale commence à traverser l’esprit de
beaucoup d’entre eux.
Les commerçants
ont subi l’apparition des grandes surfaces, combinées à la
banalisation de l’automobile, des réfrigérateurs et congélateurs.
Malgré les spasmes pilotés par des Poujade et des Nicoud, se sont
multipliées les fermetures d’épicerie générale. Aujourd’hui, les
magasins de ’’dépannage’’ sont tenus par des immigrés qui acceptent
les horaires à rallonge pour un revenu annuel guère supérieur au
salaire médian. Beaucoup de petits magasins de vêtements ne
procurent guère que l’équivalent d’un salaire moyen à leur
propriétaire-vendeuse (dont un bon nombre ne sont que locataires des
murs).
Les agriculteurs
connaissent la crise que l’on sait, qui va durer.
En refusant de
vivre et travailler à la campagne, beaucoup de femmes médecins se
retrouvent en excès dans les grandes villes et, en concurrence
sévère avec leurs confrères, vivent comme des cadres, sans plus.
Même les médecins d’hôpitaux se trouvent désemparés face aux
restrictions imposées à l’hôpital public.
Les avocats se
voient de plus en plus commis d’office et pour quelques vedettes du
barreau, combien sont à la peine dans une concurrence exacerbée
avec l’arrivée massive d’avocates ?
Les notaires ont
jusqu’à présent résisté à une modification profonde de leur
statut malgré les progrès de l’informatique. Mais ce changement est
inévitable, à terme.
Devant leurs
carnets de commandes vides, les retards de paiement de leurs dus et
l’absence d’aide des banques, beaucoup de petits entrepreneurs sont à
la peine, voire font faillite.
Au final, la ligne
rouge qui sépare exploités et profiteurs du système monte toujours
dans la pyramide sociale et le pouvoir d’influence de ces derniers
sur les autres diminue, d’autant que la religion, naturellement
conservatrice, ne concerne plus qu’une très petite minorité de
citoyens dans un pays comme la France.
Leurs journaux,
leurs médias sont de plus en plus rejetés. Les bulles spéculatives
menacent d’imploser avec des conséquences sociales imprévisibles
(les catégories ci-dessus préparent l’essentiel de leurs retraites
par capitalisation !). Le chômage ne va pas arrêter de croître
avec l’austérité voulue par l’UE.
Bref, tout se
conjugue pour qu’un changement profond se mette en route.
’’Un oubli de taille dans cet
article : l’attraction artificiellement cultivée, y compris
en URSS, de la supériorité du niveau de vie occidental’’
Tout à fait exact.
Ce complexe
d’infériorité n’était pas seulement devant le niveau de vie, mais
portait aussi sur le prestige culturel de l’Europe de l’Ouest et des
USA. Cela portait sur les réalisations culturelles, le cinéma par
exemple, même s’il était diffusé au compte-goutte, mais aussi la
vitalité de la science, des produits de haute technicité. J’ai eu
la possibilité de le vérifier en avril 1968, en Tchécoslovaquie,
auprès d’étudiants, pendant la brève ère Dubcek qui avait libéré
la parole des gens.
Aujourd’hui, les
citoyens de l’UE, un peu informés, savent bien qu’il n’existe aucun
pays de grande taille dans le monde où l’on vit mieux qu’en Europe
de l’Ouest. À la différence des Russes et surtout des sujets de
leur empire, nous n’avons plus de modèle. Seuls les naïfs (soyons
polis) bayent encore devant l’image qu’ils se font des USA.
@Angelina viva Mais est ce que le ciment, une argile colloïdale, n’agit pas comme la pâte de riz
(peut-être moins bien ...) ?
Bonjour Angelina, Je ne découvre votre question qu’aujourd’hui.
Le ciment utilisé
de nos jours est nommé ciment Portland.
L’argile est un
silicate d’aluminium hydraté et n’entre pas dans la composition du
ciment moderne. De toute façon, cuit plusieurs heures à 900°C, il
deviendrait cette céramique cristalline qui forme les briques et les
tuiles.
Composition du
ciment moderne selon Wikipédia :
’’Le ciment Portland est le produit
que l’on obtient en réduisant en poudre un clinker (un bloc solide)
constitué essentiellement de silicates de calcium hydrauliques
auxquels on ajoute diverses formes de sulfate de calcium (gypse
donnant aussi le plâtre), du calcaire et de l’eau, ainsi que divers
produits d’addition au choix du fabricant.
Les matières qui entrent dans la
fabrication du ciment portland doivent contenir des proportions
appropriées de chaux, de silice, d’alumine et de fer.’’
À l’échelon
microscopique, tous ces éléments se présentent sous forme de
cristaux. Comme ce sont des forces électriques qui les relient à
l’échelle atomique, on comprend que du fait de leurs formes
polyédriques, les micro-cristaux ne sont liés que par une partie
seulement des électrons des atomes situés à leur surface.
L’amidon ne
présente pas ce phénomène de cristallisation. On peut donc
imaginer que pris en sandwich entre les différents cristaux, il
optimise ces liaisons (sans doute) covalentes.
Mais le phénomène
du collage en général est encore assez mystérieux.
Toujours est-il que
le mortier de la Grande Muraille est plus résistant que le mortier à
base de sable et ciment Portland et que ce serait une expérience peu
coûteuse d’ajouter une gelée de riz gluant ou de céréale à un
mortier de sable éolien et de ciment moderne pour voir s’il est
toujours friable après séchage.
En cas de résultat
positif, cela changerait tout en terme de préservation des paysages
marins, d’écologie et d’économie à l’échelle de la planète.
L’économie est
anthropique, comme le droit et le langage, c’est-à-dire que tout ce
qui la concerne dépend du regard que les hommes ont sur elles. Le
grand critère d’appréciation d’une valeur économique est la
rareté : si l’on découvrait une veine d’or pur de plusieurs
millions de tonnes, ce métal ne vaudrait plus grand-chose.
De ce point de vue
l’œuvre d’art, unique par définition, a une rareté absolue qui
donne un prestige considérable à son propriétaire. C’est pourquoi
je ne crois pas à une chute brutale et généralisée du prix des
plus importantes œuvres d’art.
La bulle financière
crèvera le jour où cela rapportera du cash à un groupe de
puissants spéculateurs.
Comme nécessairement
ceux-ci profitent, vivent, de cette bulle, ce serait comme scier la
branche sur laquelle ils sont assis. En conséquence la situation
économique actuelle va perdurer.
Les peuples ne
changeront pas cette situation car cela supposerait qu’une grosse
majorité de gens en aient une vision claire. Ce qui visiblement
n’est pas le cas dans les pays où le pouvoir est réellement soumis
au scrutin populaire périodique : l’abstention et le vote FN le
montrent trop bien hélas.
L’utilisation
d’ordinateurs portables, des clé USB et du cloud facilitent le vol
de données de grandes valeurs (à calculer mais sûrement
représentant des milliards d’euros).
Comme on ne peut
rejeter ces outils indispensables, il faut que toutes soit cryptées
avec des logiciels ’’incassables’’ (la théorie montre qu’on peut en
concevoir : il suffit que la clé de cryptage soit aléatoire et
aussi longue que le message à coder. La capacité quasi
exponentielle des mémoires de stockage font que cette aumentation de
bits ne pose aucun problème).
Il faut aussi et
surtout éliminer tous les OS propriétaires (de Microsoft et Apple)
et n’utiliser que les OS libres (type Linux) dont les failles
éventuelles sont repérées et réparées beaucoup plus rapidement.
Seul le gouvernement
peut lancer une initiative d’une telle ampleur. Ne comptons pas,
malheureusement, sur celui qui est actuellement aux manettes.