Au quotidien je ne suis pas du tout convaincu d’une baisse des prix en grandes surfaces, mais mettons de côté ma perception subjective.
Si les prix baissent réellement dans les grandes surfaces, c’est au dépens de qui ?
Des producteurs locaux qui doivent réduire leur marge pour se maintenir sur le marché, de dispositifs commerciaux comme les « marges arrières ». Ce sont les grandes surfaces qui imposent leur prix d’achat auprès des fournisseurs.
Quant au « fantastique effort de productivité » de la grande distribution, il permet à ces multinationales françaises de la distribution de sortir de terre des succursales dans le monde entier et ne se voit guère sur le bulletin de salaire des salariés français. L’Etat et les grands comptes ne gagnent rien dans cette affaire.
Si effort de productivité il y a, il se fait sur le dos des salariés, des fournisseurs et des rentrées fiscales. remettons les choses dans le bon ordre.
En l’espace de 3 ans le budget des aides de l’UE aux plus démunis est passé successivement de 2 milliards € en 2010 à 0,5 milliard € en 2011 et ont été supprimées en 2012.
Comme dit le dicton : « En mai fais ce qu’il te plait ». Alors ce sera sans moi.
Pour info c’est la Banque alimentaire (une par département) qui collecte des denrées non périssables à la sortie des enseignes de la distribution un week-end par an et les re-distribue aux associations locales (Restos du coeur, secours populaire, CCAS, etc.) avec qui elles sont en partenariat. Donc sur la base du volontariat des consommateurs suite à l’achat dans le magasin devant lequel elle effectue sa campagne de collecte alimentaire.
Les associations locales recueillent directement en local des denrées périssables ou non qui leur sont données par les enseignes de distribution (en limite de péremption par exemple). Ceci ne leur coûte rien car prévu dans le prix des denrées vendues et je ne serais pas surpris que ces distributeurs aillent ensuite quémander des déductions fiscales pour dons aux associations caritatives.
Boycotter la campagne annuelle de la Banque Alimentaire - qui se déroule nécessairement devant les grandes surfaces - permet effectivement de ne rien acheter dans la grande surface en question, mais a un effet pervers : celui de restreindre les stocks de la Banque Alimentaire en denrée non périssables pour fournir les associations locales en dehors de leur campagne hivernale.
Effectivement, donner un chèque à une association reste une excellente prérogative.
Mais leur donner autre chose que de l’argent ou des denrées alimentaires, tels des vêtements en est une autre également, car il ne faut pas perdre de vue que c’est aussi ce que les nécessiteux recherchent dans les bennes.