Bien des gens s’imaginent qu’il faut des dimensions maousses-costaud pour faire des structures solides. Rien de plus faux. Pensez aux constructions en nid d’abeilles, hyper-solide, mais si on fait une toute petite atteinte à ce type de construction, tout s’effondre. . Une chose m’a marquée lors de mes études (il y a plus de 50 ans, c’est dire si cela m’a marqué, alors, qu’étudiant le génie électrique, je n’avais pas grand-chose à faire de la mécanique). Lors d’un cours de résistance des matériaux, on nous avait proposé de calculer la fixation des réacteurs d’une Caravelle sur le fuselage. Cette fixation doit résister à la poussée, cette résistance est obtenue par le frottement réacteur-fuselage. Il faut donc dimensionner les boulons pour qu’ils supportent la pression de serrage nécessaire pour obtenir le frottement désiré. De plus, les boulons devaient pouvoir aussi supporter le poids du réacteur. À l’ébahissement quasi général des étudiants, il suffisait de 10 boulons M8 !
Si vous prenez le barrage-poids composite le plus haut du monde (page 2), celui de Tamagawa (Japon), 100 m de hauteur, vous voyez que l’épaisseur du béton ne dépasse pas 1 m. Le gros du volume du barrage, c’est du remblai compacté ou, parfois, du béton maigre (je crois que c’est le cas à Tamagawa). Le béton de l’enveloppe est bien évidement du béton armé hydrofuge, mais cela reste facile à percer avec de faibles charges. Une fois l’enveloppe percée, même faiblement, l’intérieur se délite complètement sous l’action du courant d’eau. . De nouveau, je ne me prononce pas sur les responsables de la destruction du barrage. Je n’ai pas vraiment d’informations fiables, je constate simplement que chacune des parties avaient avantages-inconvénients à le faire. Je dis juste qu’il est simple de faire sauter ce genre de barrage à l’aide de faibles charges.
@pemile qui dit : « ... Pour un barrage ???!!! ... ».
La réponse est oui.
Pour plus d’informations, je vous propose de télécharger, gratuitement, un cours de construction des barrages-poids provenant de l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) : https://www.geniecivilstore.com/2020/06/barrage-poids.html
@Fergus qui dit : « ... Qui plus est, tous les experts interrogés affirment que, compte tenu de
la nature de ce barrage-masse, il a fallu mettre en place de grosses
quantités d’explosif, ... ».
Il s’agit (s’agissait...) effectivement d’un barrage-poids, mais avec une nuance, un barrage-poids composite, c’est-à-dire une masse de remblai encadrée par des « remparts » en béton. Dès lors, pas nécessaire de grandes quantités d’explosifs, il suffit de faire sauter une petite partie de l’enveloppe de béton, pour détruire le barrage par délitement du remblai. Les eaux en s’écoulant par la brèche initiale entrainent, en passant, le remblai, le barrage se détruit en quelques heures.
C’est ce que j’ai pu constater par les photos parues dans la presse. Au début, la brèche est minime, et, au fur et à mesure, tout au long des heures qui s’écoulent. Ce barrage a certainement été détruit en utilisant de faibles charges, et sans doute même pas des charges statiques placées in situ, mais des charges aéroportées et guidées. . Maintenant, je ne me prononce pas en ce qui concerne l’expéditeur de ces charges. Je parle d’un point de vue technique, un tel barrage peut être détruit avec de faibles charges judicieusement guidées ou placées.