Bien des gens s’imaginent qu’il faut des dimensions maousses-costaud pour faire des structures solides. Rien de plus faux. Pensez aux constructions en nid d’abeilles, hyper-solide, mais si on fait une toute petite atteinte à ce type de construction, tout s’effondre. . Une chose m’a marquée lors de mes études (il y a plus de 50 ans, c’est dire si cela m’a marqué, alors, qu’étudiant le génie électrique, je n’avais pas grand-chose à faire de la mécanique). Lors d’un cours de résistance des matériaux, on nous avait proposé de calculer la fixation des réacteurs d’une Caravelle sur le fuselage. Cette fixation doit résister à la poussée, cette résistance est obtenue par le frottement réacteur-fuselage. Il faut donc dimensionner les boulons pour qu’ils supportent la pression de serrage nécessaire pour obtenir le frottement désiré. De plus, les boulons devaient pouvoir aussi supporter le poids du réacteur. À l’ébahissement quasi général des étudiants, il suffisait de 10 boulons M8 !
Si vous prenez le barrage-poids composite le plus haut du monde (page 2), celui de Tamagawa (Japon), 100 m de hauteur, vous voyez que l’épaisseur du béton ne dépasse pas 1 m. Le gros du volume du barrage, c’est du remblai compacté ou, parfois, du béton maigre (je crois que c’est le cas à Tamagawa). Le béton de l’enveloppe est bien évidement du béton armé hydrofuge, mais cela reste facile à percer avec de faibles charges. Une fois l’enveloppe percée, même faiblement, l’intérieur se délite complètement sous l’action du courant d’eau. . De nouveau, je ne me prononce pas sur les responsables de la destruction du barrage. Je n’ai pas vraiment d’informations fiables, je constate simplement que chacune des parties avaient avantages-inconvénients à le faire. Je dis juste qu’il est simple de faire sauter ce genre de barrage à l’aide de faibles charges.