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Annie

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Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2009
  • Modérateur depuis le 19/11/2011
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Derniers commentaires



  • Annie 25 septembre 2008 21:23

    @aml,
    J’aime bien votre commentaire qui rejoint un peu ce que je pense. L’article m’a intéressée, j’ai failli contribuer mais je ne me voyais pas embarquée dans une grande discussion philosophique où j’aurai eu le dessous. J’ai fait de la philosophie il y a longtemps et pas beaucoup. Mais votre remarque m’ a fait penser à un article que j’ai lu dans le Guardian à propos de Tom Stoppard. Il a un parcours un peu particulier et sa défense des droits de l’homme échappe à tout dogmatisme. Je joins un lien à l’article mais en gros ce qu’il dit c’est que c’est ce sentiment des parents qui donneraient leur vie pour leurs enfants, qu’il essaye d’élargir à sa famille proche puis étendue, à son village, à d’autres pays etc... http://www.guardian.co.uk/stage/2008/sep/21/stoppard.theatre
    Il est évident qu’il peut se passer de toute référence culturelle ou philosophique à cause de son expérience passée, mais il me semble aussi qu’il essaye d’éviter tout dogmatisme parce que si j’en crois les commentaires précédents, ils peuvent être terriblement réducteurs, en fait comme tous les "ismes" et des crimes peuvent être commis en leur nom.
    Alors je voudrai citer une histoire qu’il raconte dans le même article, qui n’a peut-être pas beaucoup de rapport avec l’article ici (il y a quand même un rapport) mais que je voudrai faire partager : il cite un critique célèbre, Vissarion Belinsky, qui avait été autorisé à quitter Moscou et qui a vécu quelques temps à Paris dans les années 1850, où il n’y avait pas de censure, mais Belinsky voulait absolument rentrer en Russie. Ses amis ont essayé de le dissuader, parce qu’il serait sûrement arrété, tandis qu’à Paris il pourrait publier ce qu’il voulait. Ce à quoi Belinsky a répondu : "dans mon pays je dois faire attention à tout ce que j’écris ; et si la revue Contemporaine publie un de mes articles, les étudiants achètent un exemplaire et se le partagent à huit, et ils le lisent toute la nuit pour essayer de lire entre les lignes et ils ont l’impression que quelqu’un leur parle personnellement de choses qui leur tiennent à coeur. Tandis qu’à Paris vous pouvez écrire ce que vous voulez et personne n’y prête attention. C’est dans votre pays (en Russie) que vous comprenez vraiment ce que cela signifie d’être un écrivain". 
    Cela qui permet je trouve de relativiser les choses.



  • Annie 24 septembre 2008 19:20

    Marcel Chapoutier, Vous avez raison, mais n’oubliez pas que Marseilles autrefois et le Sud de la France étaient des régions paludiques. Il a été possible de démoustiquer ces zones en asséchant les marais, c’est à dire en supprimant les zones de reproduction des moustiques. 



  • Annie 23 septembre 2008 21:24

    Vous écrivez très bien et je suis heureuse que vous ayez mis votre talent au service d’un homme qui semble avoir été bien seul ; il n’y a pas toujours eu un état providence, mais il existait des réseaux sociaux qui faisaient que des gens comme Mr Polaczick n’était pas totalement abandonné. Aujourd’hui les réseaux sociaux sont démantelés et l’état providence est privatisé. Et ce sont les plus faibles, les plus vieux, les plus pauvres, les plus vulnérables en un mot qui sont les victimes d’un système totalement deshumanisé.



  • Annie 23 septembre 2008 21:11

    Bravo pour votre article. j’aimerai quand même revenir sur un point ; vous parlez du blanchissement des profits des grandes sociétés par une utilisation humanitaire, et en cela vous avez raison ; mais dans une certaine mesure c’est simplifier le problème que de tout ramener à la globalisation et au profit. Les agences des Nations Unies se sont laissées prendre au piège de la rentabilisation des interventions. En cela, cela n’a plus grand chose à voir avec la globalisation, mais avec la rationnalisation et l’efficacité/coût des interventions, parce que finalement on leur demande toujours de faire des économies. Elles ont très bien absorbé le message néolibéral.
    Il me semble qu’il y a deux problèmes : d’abord celui que vous évoquez à propos des compagnies pharmaceutiques ou autres sociétés qui se dédouanent en finançant certains projets humanitaires, ou qui font simplement un exercice de marketing.
    L’autre qui me semble plus grave parce qu’il est mal cerné (mais vous l’évoquez aussi), est celui du rôle que jouent les ONG (pas toutes je m’empresse de préciser) dans l’apaisement social, mais aussi pour donner un visage plus humain à des pratiques néolibérales. Chaque fois que l’on aborde sur ce site le problème des ONG, les gens ont plutôt tendance à parler du gaspillage, des gens qui roulent en 4x4 etc.. , mais c’est l’arbre qui cache la forêt de l’instrumentalisation de nombreuses ONG, qui aujourd’hui roulent pour le néolibéralisme, glorifient les philantropes comme Bill Gates, et calquent leurs politiques sur celles de leur gouvernement donateur, c’est à dire qu’elles en sont arrivés pour certaines à réclamer la bonne gouvernance et à imposer des conditionnalités à leur assistance. Le pire est qu’elles n’en ont pas toujours conscience. C’est là à mon avis réside le vrai scandale. 



  • Annie 23 septembre 2008 17:25

    Zawgyi,
    Le problème est immense mais il est aussi facilement caricatural. Sans vouloir me faire l’avocat du diable, je défends tout à fait le droit des ONG à ne pas "coordonner". D’abord parce que la coordination a un prix, en temps, énergie etc. ensuite parce que cela permet à certaines ONG de rester relativement indépendantes, et de se démarquer des autres ONG qui aujourd’hui se plient aux exigences des donateurs. Parce que la coordination c’est aussi cela, travailler sous l’égide de l’ONU ou d’un autre donateur sans trop savoir quelle est la finalité des choses. La Birmanie était un cas aussi particulier à cause de la junte au pouvoir. Mais est-ce tellement différent de l’Ethiopie, du Zimbabwe et de tous ces pays avec une dictature plus ou moins éclairée. Le monde humanitaire a changé en l’espace de 25 ans d’une manière radicale, et personnellement que je ne trouve pas positive. C’est devenu un business, mais cela n’est peut-être pas ce qui peut leur être plus reproché. Ce qui me gêne énormément est que maintenant, on parle rarement de malnutrition, mais de sécurité alimentaire, ou de manque d’eau, mais de développement durable ; les mots ont un sens comme le dit un des commentateur d’AV, et l’impératif humanitaire ces jours est devenu subordonné à des objectifs de développement. Ce qui veut dire que les grandes catastrophes humanitaires comme au Niger en 2005 sont ignorées de presque toutes les grandes ONG (pas toutes heureusement) qui sont plus intéressées par la politique, le plaidoyer etc...
    Mais il y a encore de l’espoir et à ce point je dirai que ce sont les petites ONG, celles qui savent encore ce qu’humanitaire veut dire, mais aussi qui sont flexibles parce qu’elles sont petites qui font actuellement le meilleur travail. 

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