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aquad69

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  • aquad69 19 mai 2008 15:00

    Bonjour Paul,

    merci de votre bon et nécessaire article.

    Mais, concernant le paragraphe où vous mentionnez la tradition chrétienne, il y a une remarque à faire :

    Si à l’époque (il y a plus de sept siècles !) où le christianisme était encore vivant et fondement de nos sociétés le pauvre était érigé en modèle, ce n’était pas "paradoxalement", ni pour des raisons de charité utilitaire.

    En vérité, c’est tout simplement parce que l’on considérait que le dénuement et la frugalité matérielle sont l’état le plus sain pour l’esprit humain et la condition où il est le plus proche de sa nature réelle ; l’exemple de la pauvreté du Christ en est l’illustration même.

    A l’époque où, quand on mettait la table, on n’oubliait jamais de rajouter une assiette pour un convive de plus, "l’assiette du pauvre", celà n’était pas l’effet d’une charité plus ou moins sentimentale, moraliste, paternaliste ou bien-pensante, et celà n’avait rien de "social" ou d’utilitaire, bien au contraire :

    Quand le mendiant frappait à la porte, il représentait la nature humaine d’origine, et l’accueillir à sa table revenait à accueillir le Christ lui-même !

    Celà n’est d’ailleurs pas une particularité du christianisme, et l’on retrouve les mêmes principes chez les autres peuples : par exemple, chez les Indiens peaux-rouges, Navajos entre autres, la richesse a toujours été considérée comme très suspecte, presque synonyme de maladie ; quand on était riche, c’était nécessairement que l’on avait pris plus que sa part, et que, quelque part, on avait spolié les autres...

    Selon la parole d’un ancien de là-bas : -dire " Indien riche", c’est comme dire "de l’eau sèche".

    Ce genre de mentalité a toujours été la règle dans l’histoire humaine, hormis pendant les époques de décadences, précisément.

    Pour ce qui nous concerne, le basculement "moderne" en ce domaine a commencé avec l’apparition de ce que l’on pourrait appeler "l’esprit" calviniste et bourgeois : la richesse qui à l’époque féodale, comme dans toute société traditionnelle et naturelle, était vue comme une chose inquiétante et non enviable, comme une épreuve pouvant entraîner la déchéance et la perte de soi, a été alors présentée comme le signe de ce que l’on était "aimé" de Dieu, que l’on avait de la chance et de la compétence, en un mot que l’on avait tous les attributs du "winner", le gagnant anglo-saxon.

    La pauvreté au contraire, qui était considérée auparavant comme une "bénédiction divine" et l’indice d’un rang particulièrement honorable puisque proche du Christ, est devenue à l’aune des nouvelles mentalités stygmate de paresse, de malchance, de maladresse et d’incompétence : celles du "looser" lui-même ! 

    Et ce n’est évidemment pas un hasard si cette "évolution" correspond à la création et au développement de cette mentalité américaine et moderne qui nous envahit et qui par essence craint, maudit et même excommunie en quelque sorte les pauvres et les démunis.

    En vérité, la véritable chasse que l’on mène dans nos pays contre eux et aussi contre les gens sans papiers s’apparente bel et bien à celle qui est menée en permanence et par tous les moyens de manipulation, médiatiques, réglementaires et culturels contre tous principe même de nature humaine et de dignité, c’est à dire contre nous-mêmes.

    Il n’est que de voir les lois actuellement développées, qui vont toutes clairement dans le sens d’une soumission des "citoyens" de plus en plus complète au pouvoir, à ses représentants et à leurs abus, ainsi qu’à l’apparition des nouveaux "devoirs de délation"...

    C’est la nature humaine elle-même qui est devenue chez nous étrangère, suspecte et "en situation irrégulière" ; et c’est nous qui devons baisser la tête, en permanence et à chaque fois plus bas, sous les fourches claudines toujours renouvelées de "l’adaptation progressive à l’efficacité moderne et libérale" et nous renier le plus abjectement possible pour nous intégrer et nous soumettre aux nouvelles définitions de la condition de salarié en entreprise.

    Que l’on ressente alors un "malaise" devant certaines lois iniques ou certaines publicités particulièrement perverses est alors la chose la plus naturelle qui soit :

    bien que n’ayant jamais de notre vie connu de société humaine réellement saine et naturelle, ni reçu d’éducation traditionnelle nous permettant d’atteindre et de goûter ce que nous avons en nous de véritablement sacré, dans cette ignorance de nous-même qui la nôtre, il nous reste malgrès tout l’instinctive capacité de ressentir les souillures quand on nous les inflige.

    Tout comme ces jeunes enfants qui, abusés par des adultes, n’ayant pas en eux l’age et les moyens d’identifier et de comprendre le crime dont ils sont les victimes, n’en éprouvent pas moins les traumatismes et la profonde souillure ...

    Cordialement Thierry



  • aquad69 16 mai 2008 11:46

    Bonjour Michel Santi,

    "Tous les chemins mènent à Téhéran" ? Non, je ne pense pas.

    L’Iran n’est qu’une pièce du jeu dans cette gigantesque avalanche qu’est aujourd’hui la puissance américaine, obligée de courir de plus en plus vite pour essayer de ne pas tomber.

    Ce qui compte avant tout, c’est ce qu’il y a derrière l’Iran, cad la Russie et la Chine, seuls pays significatifs encore non soumis au monde que l’on appelait jadis "libre", et qui sont sans doute les objectifs réels que l’on défie, que l’on "titille" de plus en plus car, du point de vue de nos doctrines économiques, seule une guerre pourrait résoudre pour un certain temps nos contradictions systémiques.

    De ce point de vue, ce qui se passe actuellement en Géorgie-Abkhazie paraît tout aussi dangereux, à moins que l’on n’essaye aussi de faire le "coup du Kosovo" à la Colombie ou au Vénézuela ...

    Par quel cratère le volcan explosera-t-il ? Il semble aujourd’hui que nous ayons l’embaras du choix mais, à l’intensité des grondements, il est à craindre que l’éruption ne soit proche ...

    Cordialement Thierry

     



  • aquad69 16 mai 2008 10:49

    Bonjour ARSFP,

    merci de votre article qui, à lui tout seul, suffirait à justifier l’existence d’un forum comme Avox.

    "Pourquoi l’Etat n’a-il pas fait ceci, ou celà ?" Ce sont évidemment des questions convenues, qui font partie de votre démarche de dénonciation, mais elles laissent tout de même une désagréable impression de naïveté ...

    Pourquoi ? Eh bien parceque c’est son rôle, et qu’il le jouera jusqu’au bout.

     Car son but n’est pas d’être au service des agriculteurs, mais bien au contraire de les intégrer à et de les mettre au service de son système ; et pour celà, il lui faut les piéger, pour appeler un chat un chat.

    Mais celà n’est évidemment pas particulier aux agriculteurs et on pourrait en dire autant de tous les intervenants économiques de ce pays, du dernier manoeuvre aux patrons d’entreprises.

    Tant que nous continuerons à voir l’Etat comme une entité bienveillante au discours véridique, et notre dépendance vis à vis de lui comme un avantage pour nous, nous n’en sortirons pas ; la seule issue, malgrès les apparences, est en direction du plus d’autonomie, et donc du moindre développement.

    Quand à savoir dans quelle mesure c’est encore possible, c’est une autre question ; mais il faudrait tout de même garder en permanence à l’esprit que "l’Etat", quelles que soient les intentions de ceux qui le servent, est pour vous, de même que pour tout humain, beaucoup plus un adversaire qu’un ami, et que ses conseils et ses discours sont toujours et à priori, suspects au plus haut point...

    Cordialement Thierry

     



  • aquad69 15 mai 2008 13:14

    Bonjour Nicopol,

    merci de votre bon article ; je ne connaissais pas Mr Trinh Xuan, mais je vais rattraper cette lacune...

    Concernant cette question de la "création" de l’univers, et cette vision très moderniste qu’il y aurait eu un "début" ( avant l’instant t, rien ; après, le big bang, par ex) , et que l’on en retrouverait les traces dans la lumière la plus ancienne qui nous reviendrait de "l’extérieur" de la bulle, il nous apparaît que celà rejoint cette autre illusion de la physique actuelle de l’infinitésimal, qui se veut toujours à la recherche de la particule ou du phénomène "ultime" ( théories des super cordes ou autres, par ex).

    Le grand "cadavre dans le placard" de ce que l’on appelle aujourd’hui la Science, c’est que toute recherche moderne a toujours été précédée d’un postulat, pour définir la direction dans laquelle on allait chercher. Ce postulat, fatalement, ne pouvait être que doctrinal, puisqu’il correspondait à la "vision des choses" préalable de ceux qui cherchaient.

    Un exemple qui .l’illustre bien, c’ est la découverte des phénomènes nucléaires du tableau de Mendeleiev et de ces particules que l’on s’est dépêché de nommer "atomes" (en grec, qui ne peut être coupé), qui se voulaient à l’époque les "briques" ultimes de la matière ; concept faux, bien sûr, car ces atomes n’ont jamais été atomiques, puisqu’on peut les briser en long, en large, à reculons et en zig zag ! 

    Mais on a produit des réalisations techniques et industrielles à partir de celà ; et ces techniques se sont voulu non seulement la preuve de la vérité de ces théories, mais aussi la réfutation des autres perspectives, ce qui est un sophisme : 

    Car une des particularité du Monde qui nous entoure, c’est de fournir matière à découverte quelque soit la direction dans laquelle on "creuse". On aurait pu, et celà a en vérité existé dans le passé, voir le Monde tout autrement qu’aujourd’hui, chercher dans d’autres directions, et produire d’autres sciences et techniques qui n’en auraient pas été moins opérationnelles ou efficaces pour être basées sur autre chose que de la "matière physique ". 

    En vérité, les différentes perspectives du Monde que l’humanité à successivement développé le long de son histoire ne sont pas exclusives entre elles.

     Cependant, le domaine de la recherche moderne n’est pas celui de "l’être" mais celui du "support de l’être". C’est bien pourquoi il ne saurait y avoir de "synthèse scientifico-mystique", car on ne saurait contempler une même chose au même moment de deux côtés différents à la fois !

    La science moderne est par nature grande productrice de techniques, de moins en moins maîtrisées d’ailleurs. Mais ce n’est pas une révélation que de constater qu’elle est et sera toujours incapable d’apporter quoi que ce soit d’utile à l’orientation et aux décisions humaines, et ne pourra donc au final que se révéler une dispersion vaine, coûteuse et sans limite dans ce labyrinthe indéfiniment étendu qu’est l’Univers de l’existant.

    Toutes ces recherches modernes vers l’infinitésimal, ou vers "l’origine"du Monde, ne sont pas un voyage en direction du néant, ou de la limite à ce néant, mais en direction de ce qui tend vers le néant ou sa limite ; cad, le long d’une courbe indéfiniment prolongée, une recherche fatalement sans fin ...

    L’ironie de la chose, c’est que croire qu’il y ait pu avoir "début" ou "fin" à notre Univers, ou que l’on puisse lui concevoir des "limites" dans l’indéfiniment grand ou petit, revient rigoureusement à transposer dans notre vision "universelle" des choses la légende que nous nous sommes forgée selon laquelle les anciens "croyaient que la terre était plate, et que l’on pouvait en tomber quand on en approchait ses limites".

    Et c’est ainsi que l’on observe que la pire supersition n’est pas du côté de ceux que l’on aurait cru ...

    Cordialement Thierry

     



  • aquad69 7 mai 2008 14:33

    Bonjour Stephanemot,

    on espère que vous ayez raison.

    Barack Obama me paraît être le seul à introduire la possibilité d’un renouveau énergique, dans l’intérêt des américains avant tout, mais aussi du reste du Monde.

    Mais je dis bien "possibilité", car il est évident que la simple éventualité d’un changement quelconque d’orientation des politiques américaines, intérieures ou extérieures, générerait là-bas des conflits et des bras-de-fer gigantesques entre la Maison Blanche et les pouvoirs économiques et autres lobbies, qui ont pris depuis longtemps l’habitude d’être à peu près souverains dans leurs manipulations du gouvernement USA.

    Elu Président, il lui faudrait encore reconquérir le pouvoir réel, mener la guerre contre les oligarchies dominantes et la gagner.

    Mr Barack Obama aurait-il l’envergure de maîtriser un tel champs de bataille ? Aurait-il les alliés nécessaires ?

    Il faudrait alors que ces alliés soient bien puissants, et qu’il fasse preuve d’une maîtrise des stratégies politiques touchant au génie, pour éviter que ne se renouvelle l’histoire de John F Kennedy, ou, plus probablement que, ligotée par l’establishment actuel, sa présidence ne se déroule discrètement et sans avoir le réel pouvoir d’imposer des changements significatifs comme celà a été le cas, à mon avis, de la présidence de Mr Clinton.

    Mais, de toute évidence, la "machine à perdre" paraît d’ores et déjà bien lancée chez les démocrates et la victoire de Mr McCain reste la plus probable...

    Cordialement Thierry

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