Travailler plus pour gagner plus ? La forme même des pyramides d'Egypte, nous enseigne que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.
Je suis moi même grand admirateur du mystagogue en chef de l’Elysée, des images impeccables qu’il souffle à sa baudruche de pharaon, le "lourd manteau de cathédrales", la "politique de civilisation", ces subtiles effluves de communautarisme, de fin de laïcité, comme un vent frais de nostalgie coloniale...
J’avais mis dans un article le lien vers l’intégralité du discours prononcé par Sarkozy en Arabie Saoudite (excogité 100% Guaino)... une merveille. Ceux qui n’imaginent pas de quoi il est capable peuvent aller lire.
Tirer sur l’ambulance dites-vous. Oui, il est de plus en plus vraisemblable que la chute du président dans les sondages finisse par s’imputer sur le seul Guaino, ce qui serait aussi dommageable à la littérature française qu’à sa politique, et en même temps très injuste. Car, au-delà de Guaino, il y a à l’Elysée, une brochette incroyable de "conseillers" ni élus, ni ministres, tout-puissants bien sûr, une "administration Sarkozy" qui fait la loi, dirige la France, flique les ministres, n’est pas notée... évidemment.
Virons le scribe, c’est un (bon) début, virons les autres "porte-sandale", quelques ministres et si possible (avis personnel bien sûr) virons Pharaon himself. Qu’il aille couler des jours heureux et très voluptueux avec sa future grande épouse. Qu’il laisse son vizir se débrouiller un peu seul, c’est pas plus mal.
C’est en effet inquiétant. Mais comment s’étonner des réactions carricaturales contre Sarkozy. C’est le personnage qui veut ça, son côté ostentatoire, sa façon de prendre ses concitoyens de haut (il est en train de changer en ce moment à cause de sondages qui dérapent), de tout cristalliser sur lui...
Sur le fond, qui peut contester que Nicolas Sarkozy n’est pas à la hauteur des énormes attentes qu’il a suscité ? D’ailleurs, je remarque que Fillon s’en tire beaucoup mieux dans les côtes de popularité, sans aucun doute une "prime à la décence".
Courage, il n’y a pas que l’état chaque jour plus ingérent et chaque jour moins efficace. Notre avenir est aussi entre nos mains et heureusement.
Parmi les raisons qui vous poussaient à voter Sarkozy, quelles sont les mesures qui se traduisent concrètement dans les faits aujourd’hui ? Rien. De nombreux chantiers sont ouverts, on zappe, mais rien, hormis le bouclier fiscal, l’augmentation de salaire présidentiel et la libéralisation des heures supplémentaires (dont moins d’un salarié sur dix profite), n’est en place.
Fin des régimes spéciaux (on avance mais ce n’est pas clos), service minimum (cela reste à négocier entre partenaires sociaux), réforme des universités (elle a été vidée de sons sens), pouvoir d’achat (ne soyons pas cruels)....
Plus grave, aucune réforme structurelle n’est en cours : politique industrielle, réforme du secteur bancaire (concurrence, ouverture du crédit aux jeunes et aux PME) et de la grande distribution (concurrence accrue), réforme de la recherche, rien ! Et pas plus trace de tout cela dans le rapport Attali (qu’on se rassure) qui par ailleurs comporte de bonnes idées (forcément sur 300) et aura au moins l’intérêt d’ouvrir le débat.
Des myriades de promesses, beaucoup de projets, de lois (mal ficelées, dans la hâte, dixit l’UMP) ne feront pas bouger la France. Sans compter ce que Sarkozy a promis et qu’il ne maîtrise pas (croissance, pouvoir d’achat, négociation entre partenaires sociaux).
Notre président a lancé une énorme quantité de casseroles en l’air mais la loi de la gravité est... têtue. Tout finit par retomber un jour.
Il n’est pas question de haine contre Sarkozy, ou de gauchisme, ou de TSS si cher à Lerma. Je ne conçois pas AgoraVox comme une tribune militante pro ceci ou cela. Ce n’est pas à moi de faire l’article pour le PS, le Modem, l’UMP ou d’autres. Ils s’en chargent.
En revanche, il me paraît tout à fait normal et sain de pointer ce que je ressens comme une dérive autocratique (limite monarchique) du système, et pardonnez mon impertinence, d’y résister. Je ne conteste pas le fait que Nicolas Sarkozy ait été élu par 53 % des voix en 2007(dont certains sont devenus aujourd’hui des sceptiques, voire des opposants radicaux). Je sais, merci, qu’il est président. Est-ce une raison pour tout avaler jusqu’en 2012 ? Sans rien dire ? Je ne conteste pas son élection, mais son action... Nuance.
Vous dites " la gauche n’a rien à proposer ". A l’échelon national (les présidentielles) je ne dis pas le contraire et d’une certaine façon, la gauche elle même reconnaît qu’elle a besoin de se restructurer. En ce qui concerne les élections locales (des législatives aux régionales et municipales) la gauche est loin d’être aussi "vide" que vous le dites et cela se confirmera aux municipales. J’ai toujours pensé que le PS était un parti mieux "taillé" pour gagner les élections locales que la nationale (il ne faut pas tout ramener au président). De ce point de vue, le bilan de Hollande n’est pas si nul qu’on veut bien le dire (20 régions sur 22, pas de débâcle aux législatives, des municipales qui s’annoncent bien).
Et même si la gauche traverse un creux (comme l’UMP entre 1995 et 2000), ce n’est pas non plus une raison suffisante pour me priver de dénoncer les magouilles liberticides d’Hortefeux et autres tartufferies présidentielles.
Renoncer à critiquer Sarkozy, c’est un peu comme si moi, je vous demandais d’être tous d’accord avec ce que j’écris. Ce n’est pas ma conception du débat. je dis ce que je pense et ensuite, on discute, on échange des arguments entre partisans et opposants de Sarkozy, de l’action gouvernementale (c’est un peu différent), de l’UMP, etc.
J’essaierai, même si les réponses sont forcément assez personnelles. Et puis, je ne voudrais pas avoir l’air de donner des leçons. J’ai déjà du mal à "éveiller" ma propre conscience, parfois, dans tout ce brouhaha...