Le jour où vous aurez besoin d’une opération lourde qui nécessite plusieurs heures d’intervention chirurgicale
C’est exactement le cas : j’ai récemment subi un pontage artériel, opération lourde qui nécessite plusieurs heures d’intervention.
J’ai bossé à l’hôpital où j’ai été opéré. Il y a bien longtemps, j’étais brancardier au bloc opératoire. J’ai assisté à nombre d’interventions : nous installions les malades sur la table d’opération et les mettions en position après l’anesthésie. J’ai vu, et entendu, quotidiennement, des praticiens discuter entre eux. Sujet : pognon, pognon, pognon.
Lorsqu’il a fallu changer l’ascenseur du bloc, nous étions contraints de brancarder dans les escaliers, avec tous les risques que cela comporte, car ces messieurs-dames chirurgiens/giennes refusaient de surseoir aux interventions afin de ne pas perdre d’argent. Les travaux étaient évidemment prévus de longue date, il aurait été parfaitement possible de transférer les malades ailleurs. Mais au mépris des risques, pour du pognon, il n’en a rien été.
J’ai vu, et entendu, des médecins se disputer les malades comme des chiffonniers. Et je confirme : tous étaient issus de la haute bourgeoisie – les études, c’est long, c’est cher, ce n’est pas à la portée du tout-venant, même si une large partie est prise en charge par l’État, c’est-à-dire par nous tous.
Voilà, ma petite Tillia : c’est le vécu qui parle, et les leçons sur l’hôpital, son fonctionnement et ses coulisses – où vous n’avez jamais mis les pieds –, c’est moi qui les donne.
@ Baasiste 2 : vos insultes m’honorent, et je vous en remercie. Sincèrement. Toutefois, si d’aventure nous devions nous rencontrer dans la vraie vie, je vous déconseille charitablement de vous abstenir de tels propos à mon égard : ma mansuétude de mécréant à ses limites, et vous pourriez bien vous faire corriger d’importance.
Quand on croit, on ne pense pas, et quand on pense, on ne croit pas. Je ne perdrais donc pas mon temps (il se fait tard) à tenter de vous expliquer quoi que ce soit.
Vous me faites pitié, et c’est un sentiment qui honore rarement ceux qui en sont l’objet : les matamores de bistrot ne m’ont jamais impressionné. Priez donc, puisque vous êtes crédule, afin que nos chemins ne se croisent jamais. D’autant plus que j’ai l’odorat délicat, et l’odeur pestilentielle de ce qui vous tient lieu de pensée pourrait bien m’indisposer au delà du supportable, ce qui ne ferait que durcir la correction que je serais au regret de vous infliger, pour votre bien : vous m’en saurez gré plus tard, quand vous serez parvenu à l’âge adulte.
C’est dommage qu’un enragé comme vous n’ai pas vécu au temps de la révolution ou de la Commune
Je confirme, c’est dommage, en effet. Je confirme, ma haine des religieux est rouge flamboyante. Ces gens-là ont pourri la vie de ma famille, je ne vous en dirais pas plus, c’est sans doute trop compliqué pour vous. Pour le reste, vos conseils de psychologue de comptoir, je suis assez bien élevé pour ne pas vous dire où vous pouvez vous les mettre. Quand à mes supposées frustrations, venant d’un enfant de chœur, ça ne manque pas de sel. Je ne perdrais pas mon temps à tenter de vous expliquer quoi que ce soit : quand on pense, on ne croit pas, quand on croit, on ne pense pas. Mais qu’une bande de vieux puceaux célibataires ait la prétention de régenter ma vie, voire, comble du ridicule, de m’apprendre un plaisir dont eux-mêmes ignorent tout, c’est la cerise sur le gâteau. Vous êtes fort aimable de vous préoccuper de ma santé, en dépit de votre totale incompétence en la matière, c’est l’intention qui compte, mais je tiens à vous rassurer : tout va bien, nul besoin de lexomil ou autre, un petit tour au septième ciel en bonne compagnie fait tout à fait l’affaire. Mais, bon, le septième ciel, vous ne savez probablement pas où c’est, c’est caractéristique des culs bénis de toutes les boutiques.
C’est un petit peu juste comme motivation pour émigrer, même si c’est intéressant. Quand à vous rejoindre en Russie, pourquoi pas, je sens que j’adorerais m’engueuler avec vous devant un comptoir. Seulement, voyez-vous, à cinquante-huit ans et, surtout, 900 euros par mois de pension d’invalidité, je crains de n’avoir pas même les moyens de payer le voyage. Vous devriez essayer de « vivre » avec cette somme, c’est très formateur, à défaut d’être juste.