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Bernard Grua

Bernard Grua

Photographe voyageur | Contributeur : Russia Beyond the Headlines, Diploweb, L'Express, La Tribune, Ouest France, Breizh-Info, Informnapalm, Ukrinform, Ukraine Crisis Media Center, , ... 
Intéressé par les pays de l'ex-URSS : Russie (nombreux voyages en Sibérie en été et en hiver - Monts Saïans, Baikal, Iakoutie, Extrême Orient) Ukraine, Tadjikistan, Ouzbekistan, Kirghizstan.

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  • Premier article le 15/02/2018
  • Modérateur depuis le 20/02/2018
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Derniers commentaires



  • Bernard Grua Bernard Grua 7 février 21:50

    @Fanny

    La langue joue un rôle central dans la construction culturelle et identitaire. Le russe, comme d’autres grandes langues, a émergé dans des contextes difficiles et s’est imposé comme vecteur de culture et de communication, au-delà des contraintes sociales ou éducatives.

    L’approche ethno-historique que je propose n’a pas pour objectif de nier cette puissance linguistique, mais de montrer que continuité culturelle et continuité démographique ne coïncident pas toujours, en particulier dans le cas de la Russie moscovite.


    « Les Russes parlent une langue slave : ils sont donc un peuple slave. »Réponse

    Cette objection repose sur une confusion entre appartenance linguistique et continuité ethno-historique. En sciences historiques et anthropologiques, la langue ne constitue pas un critère suffisant pour définir l’appartenance à un peuple au sens comparatif.

    De nombreux exemples historiques montrent que des populations non apparentées sur le plan ethnique ont adopté une langue dominante par des processus de domination politique, religieuse ou administrative (latinisation en Europe occidentale, arabisation en Afrique du Nord, turcisation de l’Anatolie).

    Dans le cas russe, la slavisation linguistique est largement liée :

    • à l’adoption du slavon liturgique par l’Église orthodoxe,
    • à son usage comme langue administrative,
    • à l’assimilation progressive de populations finno-ougriens et turco-tatars.

    La langue russe est donc indéniablement slave sur le plan linguistique, mais cela ne suffit pas à établir une continuité ethno-historique slave majoritaire.




  • Bernard Grua Bernard Grua 7 février 21:42

    @Dudule

    Le cas de Novgorod est effectivement très intéressant. La ville, entourée de marais et de monastères forteresses, n’a pas été prise par les Mongols, notamment en raison de la géographie et des conditions climatiques. Elle est donc restée tributaire de la Horde d’Or tout en étant épargnée, conservant ainsi un lien avec la Rus’ kiévienne.

    Mais cet héritage a été en grande partie anéanti par Ivan le Terrible, lorsqu’il fit passer par l’épée l’élite de la république de Novgorod. Il y imposa alors le système administratif et fiscal hérité de son ancêtre Ivan Kalika, percepteur pour le compte de la Horde d’Or, marquant la rupture avec la continuité de la Rus’ kiévienne et la naissance d’un État centralisé moscovite.



  • Bernard Grua Bernard Grua 7 février 21:26

    @Fanny
    Les populations slavisées représentent environ 80 % de la population de la Russie aujourd’hui. Mais cela confirme plutôt qu’infirme l’analyse de l’article : la proportion élevée de Slaves résulte de processus historiques de slavisation et non d’une continuité ethno-historique directe depuis la Rus’ kiévienne.



  • Bernard Grua Bernard Grua 7 février 21:20

    @Goldo Du
    Je ne connais pas @Eric F. La seule expérience que j’en ai, ce sont ses commentaires que nous lisons ici. C’est clair et bien écrit. Je lui suis reconnaissant pour ces échanges et pour les clarifications qu’il m’a conduit à produire.



  • Bernard Grua Bernard Grua 7 février 21:14

    @Fanny

    Vous avez raison, l’Ukraine est elle-même composite. L’article ne la présente pas comme un modèle parfait, mais pour comparer la continuité ethno-historique des Slaves.

    Les populations autour du Dniepr et en Pologne montrent une continuité plus directe avec les Slaves médiévaux que la Russie moscovite, qui s’est formée sur un substrat finno-ougrien et turco-tatar.

    Il s’agit donc de déconstruire la construction idéologique russe, pas de parler de “pureté” ou de hiérarchie ethnique.

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