• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Bernard Grua

Bernard Grua

Photographe voyageur | Contributeur : Russia Beyond the Headlines, Diploweb, L'Express, La Tribune, Ouest France, Breizh-Info, Informnapalm, Ukrinform, Ukraine Crisis Media Center, , ... 
Intéressé par les pays de l'ex-URSS : Russie (nombreux voyages en Sibérie en été et en hiver - Monts Saïans, Baikal, Iakoutie, Extrême Orient) Ukraine, Tadjikistan, Ouzbekistan, Kirghizstan.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/02/2018
  • Modérateur depuis le 20/02/2018
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 53 1413 4213
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 134 93 41
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Bernard Grua Bernard Grua 8 février 16:29

    @Enki

    Merci pour ce commentaire, qui a le mérite de rappeler un point essentiel sur lequel nous sommes pleinement d’accord : la slavisation est avant tout un processus linguistique et culturel, non biologique. Je n’ai d’ailleurs jamais soutenu l’inverse, et je me suis précisément efforcé d’écarter toute lecture génétique ou « raciale » de ces questions.

    Là où nos approches divergent, c’est sur la notion de continuité. Vous décrivez une progression linguistique et culturelle slave à large échelle, ce qui est exact au sens macro-historique. Mais mon propos ne porte pas sur l’expansion du monde slave en général ; il porte sur la continuité ethno-historique entre la Rus’ médiévale et les constructions politiques ultérieures, en particulier la Moscovie.

    Or, l’adoption d’une langue ne suffit pas, à elle seule, à établir une continuité historique directe. La Moscovie adopte le slavon oriental entre le Xe et le XIe siècle, en effet, mais sur un substrat finno-ougrien largement attesté, dans un cadre politique, social et institutionnel profondément différent de celui de la Rus’ kiévienne. C’est précisément cette rupture politique, territoriale et institutionnelle — et non linguistique — qui est au cœur de mon analyse.

    Autrement dit, continuité linguistique n’implique pas automatiquement continuité historique ou politique. Confondre ces niveaux est précisément ce qui nourrit aujourd’hui nombre de lectures idéologiques du passé, y compris dans le discours officiel russe.

    Enfin, je rappelle que mon article ne vise ni à nier l’existence d’un monde slave commun, ni à hiérarchiser des peuples, mais à distinguer clairement les plans linguistique, culturel, politique et institutionnel, distinction indispensable si l’on veut comprendre les instrumentalisations contemporaines de l’histoire médiévale.



  • Bernard Grua Bernard Grua 8 février 13:01

    @beo111

    Merci pour votre commentaire détaillé et la réflexion que vous y avez apportée. J’ai lu attentivement votre analyse et j’apprécie le temps que vous avez consacré à l’exposer.

    Je souhaite cependant rappeler que mon article se concentre sur des questions historiques et médiévales, notamment la formation des identités slaves et l’évolution de la Moscovie. Les événements contemporains, bien qu’ils puissent alimenter certaines discussions, relèvent avant tout de la perception et de l’opinion de chacun.

    Pour ma part, je ne m’y plongerai pas davantage : le sujet de l’article est déjà assez complexe et riche en enjeux historiques pour que je souhaite rester sur le terrain factuel et documenté. Je vous remercie encore pour votre lecture attentive et pour avoir enrichi le débat par votre réflexion.



  • Bernard Grua Bernard Grua 8 février 12:27

    @Eric F
    Vous soulevez des points pertinents sur la géopolitique et les tensions européennes. Mon article se concentre sur l’histoire médiévale et la formation de la Moscovie, mais votre observation illustre bien comment les récits historiques servent encore aujourd’hui à justifier des stratégies politiques.



  • Bernard Grua Bernard Grua 8 février 12:08

    @Enki

    Votre commentaire repose sur une confusion classique entre génétique des populations, ethnies et histoire.

    Un haplogroupe du chromosome Y ne définit ni un peuple, ni une culture, ni une continuité historique. Les généticiens rappellent unanimement qu’un haplogroupe ne peut pas être assimilé à une ethnie ou à une nation. Le R1a n’est donc pas un « haplogroupe slave » : il est partagé par de nombreuses populations, slaves ou non.

    La slavisation est un processus linguistique et culturel, pas biologique. De même, la formation de la Rus’ de Kiev ne se résume pas à un mélange de « haplogroupes » : les Varègues ont constitué une élite minoritaire, rapidement slavisée, sans poids démographique significatif.

    Enfin, les religions et les empires structurent des espaces politiques et culturels, pas des « assemblages génétiques ». Introduire la biologie là où l’histoire parle d’institutions, de pouvoir et de continuités sociales conduit à des contresens.

    C’est précisément ce type de glissement que l’historiographie moderne écarte.



  • Bernard Grua Bernard Grua 8 février 12:01

    @Jelena

    L’argument avancé repose sur un anachronisme inverse, tout aussi problématique que celui qu’il prétend dénoncer.

    Aucun historien sérieux n’affirme que des « Ukrainiens » au sens national moderne auraient bâti la Rus’ de Kiev. Cette précision est triviale. En revanche, il est tout à fait légitime — et largement documenté — de s’interroger sur la continuité territoriale, démographique et culturelle entre la Rus’ kiévienne et les populations qui ont historiquement occupé l’espace du moyen Dniepr après sa désintégration politique au XIIIᵉ siècle.

    Comme le rappelle l’historien Serhii Plokhy, professeur à Harvard,

    « the disintegration of Kyivan Rus’ did not entail the disappearance of its population, but the fragmentation of its political structures »
    (The Origins of the Slavic Nations, Cambridge University Press).

    La distinction est essentielle :
    – une nation moderne est une construction politique tardive ;
    – une continuité ethno-historique renvoie à la persistance d’habitants, de pratiques sociales, de structures locales et de traditions culturelles sur un territoire donné.

    Cette approche est classique en historiographie médiévale. Andreas Kappeler souligne ainsi que

    « the populations of the Ukrainian lands preserved regional traditions and social structures distinct from those that later developed in Muscovy »
    (The Russian Empire : A Multiethnic History, Routledge).

    Assimiler cette distinction à une prétendue « invention autrichienne » relève non de l’histoire, mais d’un raccourci idéologique bien identifié dans les débats contemporains. Comme l’écrit Timothy Snyder :

    « denying historical continuity is a common political strategy used to delegitimize modern nations »
    (The Reconstruction of Nations, Yale University Press).

    Par ailleurs, rappeler que le terme « Ukraine » s’est imposé tardivement ne dit strictement rien sur l’existence antérieure :
    – de populations slaves orientales spécifiques,
    – de parlers distincts au sein du continuum slave oriental,
    – ni de traditions politiques régionales différenciées de celles de la Moscovie.

    À ce compte-là, il faudrait également soutenir que les Italiens n’existent pas avant le Risorgimento, que les Allemands n’existent pas avant 1871, ou que la Russie elle-même ne saurait se prévaloir d’aucune continuité historique antérieure à la construction de l’État impérial moderne — ce que personne ne soutient sérieusement.

    Enfin, la comparaison avec Sarajevo ne résiste pas à l’analyse.
    Sarajevo n’a jamais constitué le centre structurant d’un ensemble politique médiéval fondateur comparable à la Rus’ de Kiev dans l’histoire de l’Europe orientale. L’analogie n’est pas heuristique ; elle est rhétorique.

    En conclusion, refuser l’anachronisme national est une exigence élémentaire.
    Mais nier toute continuité historique pour délégitimer un peuple ou un État contemporain relève d’un discours politique actuel, non d’une démarche historienne.

    C’est précisément cette confusion — volontaire ou non — qu’il convient d’éviter si l’on souhaite débattre sérieusement.

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Agoravox.tv



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/