• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Bernard Grua

Bernard Grua

Photographe voyageur | Contributeur : Russia Beyond the Headlines, Diploweb, L'Express, La Tribune, Ouest France, Breizh-Info, Informnapalm, Ukrinform, Ukraine Crisis Media Center, , ... 
Intéressé par les pays de l'ex-URSS : Russie (nombreux voyages en Sibérie en été et en hiver - Monts Saïans, Baikal, Iakoutie, Extrême Orient) Ukraine, Tadjikistan, Ouzbekistan, Kirghizstan.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/02/2018
  • Modérateur depuis le 20/02/2018
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 53 1413 4213
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 134 93 41
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Bernard Grua Bernard Grua 10 février 10:03

    On comprend dès lors pourquoi de nombreux Français, nourris d’une Russie virtuelle, construite par fascination ou ignorance, n’ont pas encore intégré cette dimension. Leur réaction potentiellement enflammée ne traduit pas nécessairement une défense de la culture russe. Elle révèle surtout l’inconfort que représenterait la mise en cause de leur imaginaire. Dans le meilleur des cas, le discours se limitera à considérer Vladimir Poutine comme la seule cause du conflit, évacuant le rôle structurant de la culture elle-même.

    Pour que ce paradigme soit enfin interrogé, il faudrait une défaite militaire écrasante de l’armée russe et un jugement symbolique de ses dirigeants. Tant que ces conditions ne sont pas réunies, la perception collective française restera majoritairement figée dans un mythe culturel profondément enraciné.



  • Bernard Grua Bernard Grua 10 février 09:58

    La remarque de Svetlana Alexievitch sur la guerre comme élément constitutif de la culture russe constitue un constat à la fois récent et décisif.

    « Je me suis rendu compte que la guerre nous habitait. Que c’était notre culture. Les gens parlent de la grande culture de la Russie, mais l’élément principal de cette « grande culture russe », c’est la guerre. »

    Anna Politkovskaïa avait déjà alerté sur les dangers que représentait le pouvoir de Vladimir Poutine, et Françoise Thom s’était concentrée sur le poutinisme. Quant aux ouvrages antérieurs d’Alexievitch, tels que La Supplication ou La Fin de l’homme rouge, ils montrent qu’elle ne percevait pas, elle non plus, la culture russe comme un facteur structurant dans le déclenchement d’un conflit.

    L’invasion à grande échelle de l’Ukraine a agi comme un révélateur. La première à formaliser le lien entre culture russe et guerre est Anna Colin Lebedev, qui, à l’instar d’Alexievitch, a vécu en Russie et en URSS. Son analyse met en lumière que ce n’est pas seulement le pouvoir politique qui agit.

    Il existe un imaginaire culturel structurant et hiérarchisant, une véritable matrice de suprémacisme, qui rend la guerre à la fois pensable et légitime, en considérant l’Ukraine comme une périphérie subordonnée du centre impérial.



  • Bernard Grua Bernard Grua 9 février 23:03

    Il faut le dire clairement, car c’est le cœur du propos : la « grande culture russe », telle qu’elle s’est historiquement constituée et pensée, est la matrice du suprémacisme à l’origine de la guerre menée aujourd’hui contre l’Ukraine.

    Non pas au sens d’une responsabilité individuelle des artistes ou de la valeur esthétique des œuvres, mais au sens d’un imaginaire culturel structurant, se pensant comme porteur d’universalité, légitime à parler pour les autres et à les absorber.

    Ce suprémacisme culturel — linguistique, historique, civilisationnel — n’est pas une dérive récente. Il fonde l’idée que l’Ukraine ne peut être pleinement souveraine, puisqu’elle serait une périphérie d’un centre supposé plus « élevé ».

    La guerre n’est donc pas une trahison de cette « grande culture russe », mais l’un des lieux où se révèle ce qu’elle promeut factuellement.

    Le suprémacisme russe n’est pas né dans les casernes, mais dans les bibliothèques, les cathédrales et les académies. La guerre d’Ukraine est d’abord une guerre de « culture ».



  • Bernard Grua Bernard Grua 9 février 21:42

    Merci, @Fanny, pour cette introduction si…vivante et pour être la première à commenter. Je vous suis reconnaissant pour l’intérêt que vous manifestez à l’égard de mes articles. De plus il est toujours fascinant de voir comment certains récits peuvent être interprétés exclusivement du côté de l’émotion, et avec tant de confiance dans sa propre perception.

    Vous qualifiez de “ressentiment” les analyses de chercheurs et d’intellectuels, dont une

    prix Nobel, qui connaissent la Russie de l’intérieur et sur la durée bien mieux que la plupart d’entre nous ne pourrions l’espérer. C’est un petit rappel utile que l’expérience et la méthode comptent parfois plus que l’enthousiasme rhétorique.

    Peut-être que la lecture attentive de ces auteurs vous offrira des éléments pour enrichir le débat et, qui sait, transformer vos impressions en commentaires apportant une véritable valeur ajoutée. Je suis persuadé que le fil n’en sera que plus intéressant.



Voir tous ses commentaires (20 par page)


Agoravox.tv



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/