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Bernard Grua

Bernard Grua

Photographe voyageur | Contributeur : Russia Beyond the Headlines, Diploweb, L'Express, La Tribune, Ouest France, Breizh-Info, Informnapalm, Ukrinform, Ukraine Crisis Media Center, , ... 
Intéressé par les pays de l'ex-URSS : Russie (nombreux voyages en Sibérie en été et en hiver - Monts Saïans, Baikal, Iakoutie, Extrême Orient) Ukraine, Tadjikistan, Ouzbekistan, Kirghizstan.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/02/2018
  • Modérateur depuis le 20/02/2018
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Derniers commentaires



  • Bernard Grua Bernard Grua 11 février 14:14

    @Fanny
    Vous écrivez : « Le peuple juif est le peuple Prêtre, le peuple russe est le peuple Saint. »

    Vous parlez de « peuples mystérieux » et « contradictoires ». Vous liez tout ça à la « russophobie » et à l’« antisémitisme ».

    C’est un délire. Aucun peuple n’est « saint » ou « prêtre ». Ce n’est pas de l’analyse, c’est de la fable.

    Mon article ne parle pas de traits mystiques ou moraux des peuples. Il analyse des discours, des institutions, des récits culturels. Critiquer l’usage politique de la culture russe n’a rien à voir avec des fantasmes sur l’âme russe ou juive.

    Comparer russophobie et antisémitisme est absurde. L’un est un phénomène politique, l’autre une haine raciale. Les confondre ne fait que brouiller le débat.

    Restons sur les faits, sur les textes, sur l’histoire. Pas sur les fantasmes mystiques ou les histoires de « peuples saints ».

    Ici, nous avons la cliente emblématique du concept de la “grande culture russe”.



  • Bernard Grua Bernard Grua 11 février 14:03

    LE “PRO-RUSSE 2.0” : UNE FIGURE DISCURSIVE CONTEMPORAINE

    Depuis le début de la guerre, on voit apparaître une posture particulière qui mérite d’être observée avec attention.

    Elle ne se revendique jamais pro-russe.

    Elle se dit “équilibrée”, “nuancée”, parfois même “solidaire de l’Ukraine — mais lucide”.

    La rhétorique commence par des concessions :

    • oui, l’invasion est regrettable ;
    • oui, la guerre est tragique ;
    • oui, Poutine peut être critiqué.

    Puis viennent les inflexions :

    • rappel insistant des “fautes”

      occidentales,

    • mise en avant des “zones d’influence” comme quasi-lois naturelles,

    • insistance sur la “guerre civile”,

    • relativisation permanente des responsabilités,

    • symétrisation systématique des torts.

    Le trait le plus révélateur n’est pas une phrase isolée, mais le déplacement progressif du centre de gravité critique.

    Au fil des échanges, l’Ukraine devient floue, fragmentée, “mosaïque”, “construction artificielle”.

    La Russie, elle, reste analysée comme une puissance contrainte, provoquée, poussée à bout.

    Ce n’est pas une propagande frontale.
    C’est une dilution.

    Ce qui rend cette posture intéressante, c’est qu’elle emprunte largement au vocabulaire de la communication moscovite tout en le reformulant dans un langage acceptable dans l’espace public français.

    Elle ne nie pas : elle encadre.

    Elle ne justifie pas : elle contextualise jusqu’à neutraliser.

    • Et pourtant, malgré cette sophistication, un élément revient toujours : l’asymétrie dans l’exigence morale.
    • L’Occident doit rendre des comptes.
    • L’Ukraine doit se justifier.
    • La Russie, elle, doit être “comprise”.
    Une remarque stratégique

    Ce type d’intervenant n’est pas inutile.

    Il oblige à préciser, à sourcer, à expliciter.
    Il rend visible les lignes de fracture argumentatives.

    À condition de lui répondre avec calme et méthode, il devient un révélateur des cadres mentaux qui structurent aujourd’hui le débat public.

    La courtoisie est ici une arme plus efficace que la confrontation.



  • Bernard Grua Bernard Grua 11 février 13:36

    @Et hop !

    Votre commentaire accumule les approximations et les confusions conceptuelles.

    Vous affirmez que « toutes les langues ont une continuité jusqu’à Babel » : c’est une formule rhétorique, pas un argument scientifique. La linguistique historique ne travaille ni avec la tour de Babel ni avec des images littéraires, mais avec des corpus, des évolutions phonétiques documentées et des attestations écrites.

    Vous avancez ensuite que la différence entre langue et patois tiendrait uniquement au « statut politique ». C’est inexact. Le statut politique peut favoriser la standardisation, mais il ne crée pas une structure linguistique. L’ukrainien possède des traits phonétiques, morphologiques et lexicaux identifiables depuis la période ruthène (XIVᵉ–XVIᵉ siècles). La norme moderne date du XIXᵉ siècle — comme pour l’italien ou l’allemand — mais la langue ne naît pas à ce moment-là.

    Assimiler l’ukrainien à un simple « patois » relève d’un vocabulaire du XIXᵉ siècle, précisément celui utilisé par les administrations impériales pour délégitimer des langues concurrentes.

    Ce n’est pas une catégorie scientifique contemporaine.

    Vous posez la question d’Anne de Kiev. Elle parlait un dialecte slave oriental de la Rus’ médiévale. Ni « russe » au sens moderne, ni « ukrainien » standardisé : les catégories nationales actuelles ne s’appliquent pas au XIᵉ siècle. Introduire cette question comme si elle tranchait un débat contemporain relève d’un anachronisme classique.

    Enfin, qualifier le breton de « dialecte gallois » ou suggérer que l’allemand n’existerait qu’à partir de Luther montre surtout une méconnaissance des travaux de philologie germanique et celtique. La standardisation n’est pas la naissance d’une langue ; c’est son uniformisation graphique et administrative.

    En résumé :

    • une langue n’est pas définie par son armée,
    • un patois n’est pas une catégorie scientifique,
    • et la continuité linguistique ne se décrète pas par analogie politique.

    Si l’objectif est de discuter linguistique historique, faisons-le avec des critères scientifiques.
    Si l’objectif est autre, il devient alors inutile de feindre un débat académique.



  • Bernard Grua Bernard Grua 11 février 12:52

    @Eric F

    La grille de lecture consistant à opposer un « Est prorusse » à un « Ouest nationaliste » n’a jamais été une analyse solide. Elle relevait davantage d’un raccourci médiatique que d’une réalité sociologique fine.

    Même avant 2022, les travaux électoraux et sociologiques montraient des nuances importantes : diversité des votes, bilinguisme répandu, identités multiples et évolutives. Réduire l’Ukraine à une ligne de fracture simpliste relevait déjà d’un schéma hérité des narratifs géopolitiques russes.

    Depuis février 2022, cette lecture est devenue largement obsolète.

    Les bombardements indiscriminés — Kharkiv, Dnipro, Odessa, Mykolaïv, Kiev — n’ont pas « révélé » une division : ils ont contribué à souder la société autour d’une expérience partagée de l’agression extérieure. Les villes historiquement russophones ont été parmi les plus touchées, ce qui a profondément modifié les perceptions.

    Parler de « règlements de comptes » comme d’une fatalité quasi mécanique revient à installer l’idée que toute sortie de guerre serait nécessairement vengeresse. L’histoire montre pourtant que cela dépend largement du cadre politique et juridique qui accompagne la fin du conflit.

    Il y a une différence fondamentale entre :

    • des représailles,
    • des purges internes,
    • et un processus de justice encadré (tribunaux, commissions d’enquête, mécanismes internationaux).

    Les engagements sur l’intégrité territoriale ne sont pas une lubie ukrainienne : ils découlent du droit international et des principes posés par la Charte des Nations unies. Le problème ne naît pas de leur affirmation, mais de leur violation.

    Quant à l’Ouest ukrainien, et Lviv en particulier, il ne s’agit pas d’un simple bastion symbolique. La ville est devenue un hub logistique, humanitaire et médical majeur : accueil des déplacés internes, organisation des chaînes d’approvisionnement, coordination internationale.

    Je l’écris en connaissance de cause, ayant pu observer cette réalité sur place et m’entretenir à plusieurs reprises avec le premier adjoint au maire. Ce que l’on constate concrètement, ce n’est pas une Ukraine coupée en deux, mais une mobilisation transversale.

    La guerre a transformé une société diverse en une nation politiquement consolidée.

    S’agissant de l’après-guerre, parler déjà de « lot de consolation » sous forme de mécénat européen relève d’une projection cynique. Si reconstruction il y a, elle ne pourra être pensée comme une aumône. Elle relèvera d’un choix stratégique européen majeur, comparable par son ampleur politique — sinon historique — à ce que fut le plan Marshall pour l’Europe occidentale.

    La reconstruction de l’Ukraine ne serait pas un simple mécanisme budgétaire : elle engagerait la sécurité, la stabilité et l’architecture politique du continent.

    En ce sens, la solidarité européenne ne serait pas un « lot de consolation », mais un investissement géopolitique structurant.



  • Bernard Grua Bernard Grua 11 février 12:20

    @pemile

    @Eric F « mais vous n’avez seulement pas essayé »

    Dis donc, tu les enchaînes les gros mensonges ridicules ? Why ?

    Je dois avouer que je ne comprends pas non plus. C’est une requête tellement facile à formuler. Je ne comprends pas non plus l’intérêt de tenir des propos aussi faciles à démentir.

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