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Bernard Grua

Bernard Grua

Photographe voyageur | Contributeur : Russia Beyond the Headlines, Diploweb, L'Express, La Tribune, Ouest France, Breizh-Info, Informnapalm, Ukrinform, Ukraine Crisis Media Center, , ... 
Intéressé par les pays de l'ex-URSS : Russie (nombreux voyages en Sibérie en été et en hiver - Monts Saïans, Baikal, Iakoutie, Extrême Orient) Ukraine, Tadjikistan, Ouzbekistan, Kirghizstan.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/02/2018
  • Modérateur depuis le 20/02/2018
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 10:17

    @Enki

    Enfin, un point de méthode.

    Comparer les budgets militaires, les bases étrangères ou les précédents historiques produit un effet de masse.
    Mais l’analyse d’un conflit précis exige une hiérarchisation des causes et une démonstration du lien direct entre ces facteurs et la décision finale.

    Sans cette démonstration, on reste dans la juxtaposition.

    Mon article porte sur une construction idéologique précise.
    Le détour par l’ensemble des désordres géopolitiques mondiaux ne constitue pas une réfutation.

    Il constitue un élargissement.

    Et élargir n’est pas expliquer.



  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 10:16

    @Enki

    Votre commentaire mélange trois registres distincts :

    • une critique de ma posture,
    • une comparaison systémique avec les États-Unis
    • une relativisation causale du conflit en Ukraine.

    Les traiter simultanément produit un effet d’accumulation, mais pas nécessairement de clarification.

    Permettez-moi donc de distinguer les plans.

    1. Sur la question du débat et de la contradiction

    Je n’ai jamais contesté la légitimité des avis divergents.

    Je conteste en revanche les raisonnements qui substituent la généralisation morale à l’analyse précise.

    Employer un terme comme « russophobie » n’est pas symétrique avec l’analyse d’un narratif pro-russe.

    Le premier relève d’une qualification psychologique.

    Le second d’un repérage argumentatif.

    La distinction est importante.

    Quant aux caractères gras, ils relèvent de la mise en forme, non de l’argument d’autorité.

    2. Sur la comparaison avec les États-Unis

    Le fait que les États-Unis aient conduit des interventions contestables — Irak, Libye, Afghanistan — est documenté.

    Cela n’a jamais constitué un blanc-seing juridique pour une autre puissance.

    Le raisonnement implicite selon lequel « une puissance agit ainsi, donc une autre peut le faire » relève d’une symétrisation morale.

    Or le droit international ne fonctionne pas par compensation.

    L’existence de 800 bases américaines n’explique pas mécaniquement l’invasion d’un pays voisin par la Russie.

    Cela relève d’un changement d’échelle analytique : on passe d’un conflit précis à une rivalité systémique globale.

    Ce déplacement ne répond pas à la question posée : pourquoi l’Ukraine a-t-elle été envahie ?

    3. Sur l’OTAN et la menace

    L’OTAN est une alliance militaire.

    On peut critiquer ses interventions passées.

    Mais aucun élément factuel n’indiquait en 2021 une préparation d’attaque contre la Russie depuis le territoire ukrainien.

    L’Ukraine n’était pas membre de l’OTAN.

    L’argument de la menace préventive suppose la démonstration d’un danger imminent.

    Cette démonstration n’a jamais été apportée.

    4. Sur la « culture russe belliqueuse »

    Je n’ai jamais soutenu qu’une culture nationale serait génétiquement guerrière.

    J’analyse une tradition stratégique et impériale documentée dans l’histoire longue de l’État russe, comme on peut analyser celle de la France, du Royaume-Uni ou des États-Unis.

    Évoquer 1812 ou 1941 ne modifie pas la nature juridique d’une décision prise en 2022.

    La mémoire historique explique une perception stratégique.

    Elle ne légitime pas une invasion.

    5. Sur l’incertitude que vous exprimez

    Vous écrivez :

    « Moi-même, je ne sais que penser de cette guerre… »

    Cette hésitation est intellectuellement honnête.

    Mais elle ne suffit pas à établir une causalité alternative.

    L’existence d’erreurs occidentales, de rivalités systémiques, de budgets militaires disproportionnés — tout cela peut être débattu.

    Aucun de ces éléments n’annule le fait central :

    un État souverain a été envahi.




  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 10:04

    @microf

    Un point de méthode.

    Un débat ne consiste pas à juxtaposer des séquences historiques pour en déduire une causalité globale.
    Il suppose :
    – une hiérarchisation des causes,
    – une démonstration,
    – une cohérence interne.

    Votre commentaire procède par accumulation narrative.
    Mon article procède par analyse.

    La différence n’est pas stylistique.
    Elle est méthodologique.

    La guerre en Ukraine n’est pas le produit d’une fatalité géopolitique.
    Elle est le résultat d’une décision stratégique.

    Et cette distinction demeure centrale.



  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 10:02

    @microf

    Votre commentaire ne relève pas d’une controverse historique structurée mais d’un assemblage de causalités simplifiées, d’analogies approximatives et d’éléments de langage déjà largement documentés comme appartenant au narratif stratégique russe.

    Quelques rappels méthodologiques s’imposent.

    1. Sur la causalité des guerres

    Affirmer que « les responsables ne sont pas ceux qui les commencent mais ceux qui les rendent inévitables » relève d’un sophisme téléologique.
    Une guerre n’est jamais un phénomène naturel. Elle est une décision politique.

    En février 2022, la Fédération de Russie a déclenché une invasion à grande échelle d’un État souverain reconnu internationalement. Ce fait suffit à établir la responsabilité juridique initiale. Le reste relève de l’interprétation , non de l’effacement de l’acte.

    2. Sur l’élargissement de l’OTAN

    L’OTAN n’a annexé aucun État. Ce sont des pays d’Europe centrale et orientale qui ont sollicité leur adhésion, précisément en raison de leur expérience historique avec la Russie.

    Présenter ce mouvement comme une « avancée vers les portes » de Moscou inverse la logique : ce sont ces États qui ont cherché une garantie de sécurité face à un voisin perçu comme révisionniste.

    La souveraineté ne fonctionne pas à géométrie variable.

    3. Sur les années 1990 et la transition russe

    L’effondrement économique post-soviétique ne peut être réduit à un refus occidental d’assistance financière.
    Il résulte principalement :
    – de la désintégration structurelle de l’économie planifiée,
    – des choix internes opérés par les élites russes,
    – d’un processus de privatisations décidé à Moscou.

    Transformer cette séquence en cause directe de la guerre de 2022 constitue un raccourci de trois décennies. C’est historiographiquement fragile.

    4. Sur la prétendue « réaction » russe

    La Russie disposait en 2021 :
    – de la plus vaste profondeur territoriale au monde,
    – d’un arsenal nucléaire stratégique,
    – d’aucune menace militaire imminente.

    L’Ukraine ne représentait pas un danger existentiel.
    Parler d’« Ours qui réagit » relève de la métaphore émotionnelle, non de l’analyse stratégique.

    5. Sur le Donbass

    Qualifier la séquence ouverte en 2014 de simple guerre civile occulte l’intervention déterminante de la Russie.

    Les engagements d’Ilovaïsk (2014) et de Debaltseve (2015) ont impliqué des unités russes régulières.
    Igor Girkin (Strelkov), acteur central de l’insurrection armée, a lui-même reconnu le rôle structurant de Moscou.

    Nous ne sommes pas face à un soulèvement spontané, mais à une guerre hybride orchestrée.

    6. Sur le registre rhétorique

    Votre propos reprend, de manière quasi séquentielle, les axes argumentatifs développés par la communication stratégique russe depuis le discours de Munich de 2007 :
    – humiliation occidentale,
    – encerclement,
    – réaction défensive contrainte,
    – responsabilité déplacée.

    Cela peut être débattu.
    Mais cela doit être assumé comme un cadre narratif, non présenté comme une neutralité analytique.




  • Bernard Grua Bernard Grua 11 février 20:03

    @Eric F

    Je lis votre commentaire et j’entends votre appel aux «  réalités géopolitiques  ». Mais je dois souligner que ce que vous présentez comme prudence ou réalisme reflète un discours qui se pare de neutralité tout en minimisant les responsabilités de l’agresseur et en justifiant son action par des «  zones d’influence  ».

    Dans cette guerre, il y a un agresseur et un agressé, un bourreau et une victime. Il n’y a pas de zone grise. Le Donbass n’a pas été le théâtre d’une «  guerre civile  » ou d’un simple bombardement de populations civiles  : il s’agit d’une guerre de proxis pilotée par la Russie, comme l’a expliqué à plusieurs reprises Igor Girkin, alias Strelkov, l’un des principaux maîtres d’œuvre. Cela étant, les batailles d’Ilovaisk et de Debaltseve se suffisent à elles-mêmes, les propos de Girkin ne constituant qu’un supplément d’information.

    La guerre en Ukraine n’est pas un simple conflit de principes ou une question de territoires abstraits  : il s’agit d’une agression militaire contre un État souverain, condamnée par le droit international. Qualifier ces actions de «  réalité  » plutôt que de violation du droit ne fait que déplacer le débat et édulcorer l’évidence.

    Le recours aux «  fautes occidentales  » comme explication principale est un classique de la rhétorique russe  : il sert à détourner l’attention de la responsabilité du Kremlin tout en donnant l’illusion d’une argumentation équilibrée.

    On peut discuter géopolitique et zones d’influence, mais il faut d’abord reconnaître les faits  : l’invasion, les massacres, la destruction et le déplacement de populations. Toute tentative de réduire cette réalité à une lecture de «  zones d’influence  » ou de «  mauvais choix des gouvernements occidentaux  » est, objectivement, un masque qui tombe.

    Je vous invite à revenir au cœur du sujet  : la stratégie impériale russe et ses conséquences immédiates sur l’Ukraine. Toute analyse qui commence par minimiser ou relativiser l’agression perd sa crédibilité.

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