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Bernard Grua

Bernard Grua

Photographe voyageur | Contributeur : Russia Beyond the Headlines, Diploweb, L'Express, La Tribune, Ouest France, Breizh-Info, Informnapalm, Ukrinform, Ukraine Crisis Media Center, , ... 
Intéressé par les pays de l'ex-URSS : Russie (nombreux voyages en Sibérie en été et en hiver - Monts Saïans, Baikal, Iakoutie, Extrême Orient) Ukraine, Tadjikistan, Ouzbekistan, Kirghizstan.

Tableau de bord

  • Premier article le 15/02/2018
  • Modérateur depuis le 20/02/2018
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Bernard Grua Bernard Grua 13 février 12:22

    @Eric F

    Vous affirmez que la “défaite militaire totale” russe n’entre pas dans le champ des possibles. C’est une affirmation, pas une démonstration. L’histoire montre que des armées réputées puissantes ont connu des effondrements rapides. L’URSS en Afghanistan. La Russie en 1917. L’Argentine en 1982. L’impossibilité n’est jamais un argument en soi.Mais cette défaite militaire totale de la Russie n’est pas envisageable dans un futur proche. Pas plus que ne l’est la paix. Là-dessus je suis d’accord.

    J’ai en mémoire une alerte sur la rue Krechtchatik à Kiev. J’étais avec un couple d’amis ukrainiens. Leur petit garçon de 4 ans, entendant la sirène, demandait où l’on devait aller s’abriter. Son père me disait en le montrant «  il en prend pour cinquante ans »

    Ensuite, vous déplacez le débat vers une guerre totale avec l’appui américain supposément absent. Or personne ne parle d’une guerre OTAN–Russie. Vous introduisez un scénario maximaliste pour disqualifier une hypothèse stratégique. C’est un glissement.

    Sur le PIB : oui, le PIB nominal ne dit pas tout. Mais il dit quelque chose. Les capacités industrielles, l’accès aux technologies critiques, la profondeur financière comptent. La Russie est 4e en PIB PPA ... Pour être allé plusieurs fois en Russie et en Allemagne, je peux témoigner que parler de Parité de Pouvoir d’Achat entre ces deux pays est absolument ridicule.

    De plus, la Russie reste dépendante pour les semi-conducteurs, pour certaines machines-outils, pour des composants critiques. La guerre moderne ne se gagne pas avec des stocks de chars recyclés mais avec des chaînes d’approvisionnement fiables.

    Quant à l’argument “ils ne sont jamais à l’os”, il mérite nuance. La Russie a dû importer massivement des drones iraniens et des munitions nord-coréennes. Ce n’est pas le signe d’une autosuffisance stratégique totale. C’est le signe d’une adaptation sous contrainte.

    Sur la Chine : vous admettez vous-même que la dépendance se pose. Elle ne se “pose” pas abstraitement. Elle se mesure. Explosion des échanges bilatéraux, part croissante du yuan dans les transactions, vente d’hydrocarbures à prix décotés, réorientation forcée des flux énergétiques. Ce ne sont pas des opinions.

    Vous comparez ensuite avec la dépendance européenne vis-à-vis de la Chine. C’est un autre sujet. Oui, l’Europe a commis des erreurs stratégiques industrielles. Mais l’Union européenne ne vend pas son énergie avec décote faute d’autre débouché. Elle n’est pas sous sanctions massives. La situation n’est pas symétrique.

    Vous évoquez l’affaiblissement français. C’est un débat légitime. Mais il ne réfute en rien l’analyse sur la Russie. Montrer nos fragilités ne démontre pas la solidité russe. Là encore, élargir n’est pas expliquer.

    Enfin, sur le “lâchage” américain : il est prématuré d’enterrer l’architecture occidentale sur la base d’un cycle politique. Les États ont des intérêts structurants. Ils ne disparaissent pas en une élection. Et si l’Europe doit apprendre à se renforcer stratégiquement, cela ne valide pas l’invasion d’un voisin par une puissance nucléaire.

    Vous parlez de blocs géopolitiques. Très bien. Mais les blocs n’agissent pas mécaniquement. Des décisions sont prises. Par des dirigeants. À des dates précises.

    La Russie n’a pas été envahie. Elle a envahi.

    Le reste relève de l’interprétation. Ce fait-là relève de la chronologie.



  • Bernard Grua Bernard Grua 13 février 11:42

    @Enki

    Votre argumentaire n’a rien de nouveau. Il reprend des éléments diffusés en boucle depuis 2014 : élargissement de l’OTAN comme cause unique, symétrie avec Cuba, relativisation par la puissance américaine, dilution des responsabilités par comparaison historique. Ces schémas sont connus. Ils ne constituent pas une analyse originale.

    On y retrouve plusieurs procédés classiques : me faire dire ce que je n’ai pas écrit, substituer à mes termes des formulations plus radicales pour ensuite les réfuter, déplacer le débat vers les fautes occidentales afin d’éviter la question initiale, naturaliser une décision politique en réaction quasi instinctive.

    Élargir le champ n’est pas expliquer. Multiplier les griefs contre les États-Unis ne démontre pas que l’invasion de l’Ukraine était inévitable. Comparer n’est pas justifier.

    Ce type de raisonnement est désormais bien identifié. Il repose sur des simplifications répétitives et sur une symétrisation morale qui dissout les responsabilités concrètes.

    Le cœur du sujet demeure simple : une puissance a décidé d’envahir un État souverain. Tout le reste est périphérique.



  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 19:31

    @Fanny

    « L’argumentum ad personam » n’est pas pertinent dans un débat d’idées. Il vaut mieux s’en tenir au fait. Je vais prendre un exemple. Vous avancez que je détesterais la Russie. Je n’aime pas la guerre et je n’aime pas ceux qui en font la promotion. C’est vrai et je n’estime pas que ce soit un défaut.

    En revanche, je connais la Russie et de nombreux pays de l’ex-URSS. Pourtant, je me garde bien d’en user quand je lis certains dont l’enthousiasme n’a d’égal que la méconnaissance de ce pays.

    Pour rappel, j’ai publié des reportages sur Russia Beyond, media d’État russe, et des articles sur Agoravox concernant la Russie. Certains ont atteint plusieurs dizaines de milliers de lecteurs. Je vous invite à les lire. Je vous invite également à y relever les citations qui étayent cette prétendue ‘détestation’.

    Dans le cadre de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, commencée en 2014, j’ai à mon actif quelques réalisations relevant de la société civile. En revanche, quand vous soutenez que mon projet est de démembrer la Russie vous vous égarez. Je n’ai ni ce souhait, ni cette ambition, et j’en serais de toute façon incapable.

    Quand nous annoncions, en 2014, que la Chine vassaliserait la Russie, cela passait pour une allégation fantaisiste. Pourtant, tous les éléments étaient là. Dix ans après, les faits ont confirmé cette déduction, qui n’avait rien de prophétique si l’on raisonnait avec méthode et indépendance.

    Je dis, aujourd’hui, qu’un démembrement de l’empire colonial russe serait une garantie de paix durable en Europe. J’ai bien précisé : en Europe. Le principal artisan de ce démembrement sera la Chine. Il suffit d’examiner les faits et les tendances pour le constater.

    Pour ce qui est de la “menace américaine” qui vous fait si peur, vous pouvez être rassurée. Le bouclier sera solide. La Chine tiendra bien mieux que Moscou les territoires qu’elle se sera appropriés ou qu’elle aura « récupérés » pour reprendre le vocabulaire de Vladimir Poutine. Il convient aussi de noter que la population chinoise s’installe de manière croissante en Sibérie depuis plus d’une décennie.



  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 16:36

    @Eric F

    Vous parlez de “maximalisme”. Permettez-moi de revenir au terrain historique.

    L

    es grands empires coloniaux européens — français, britannique, néerlandais, espagnol, portugais — ont été démantelés au XXᵉ siècle. Non pas parce qu’une puissance extérieure aurait décidé leur destruction, mais parce que leur logique impériale est devenue politiquement, économiquement et moralement insoutenable.

    Le monde ne s’en est pas plus mal porté. Au contraire, la fin des empires coloniaux a ouvert une ère nouvelle fondée sur le principe de souveraineté des États.

    L’histoire européenne est claire : les puissances impériales qui déclenchent des guerres d’expansion et les perdent en sortent transformées, parfois profondément.

    • 1918 : disparition des empires allemand, austro-hongrois, ottoman.
    • 1991 : dissolution de l’URSS après échec stratégique et épuisement structurel.

    Parler d’un affaiblissement structurel de la Russie après une défaite militaire n’est pas du maximalisme. C’est une observation historique.

    La Russie contemporaine reste, qu’on le veuille ou non, marquée par une mentalité impériale. Elle raisonne encore en zones d’influence, en glacis stratégique, en sphère de domination. Ce décalage temporel est manifeste.

    Mais l’histoire est constante sur ce point. Jean-Baptiste Duroselle l’a formulé avec sobriété : « Tout empire périra. » Ce n’est ni un slogan ni un programme militaire.C’est un constat de longue durée.

    La question n’est pas de “démanteler” artificiellement la Russie par une invasion occidentale — scénario fantasmatique — mais de constater qu’un régime engagé dans une guerre impériale, sous sanctions massives, dans une dépendance économique croissante vis-à-vis de la Chine, crée lui-même les conditions d’une recomposition interne.

    Pour l’instant, les mentalités russes restent éloignées de cette évolution. Mais l’histoire, elle, ne s’arrête pas aux représentations nationales.



  • Bernard Grua Bernard Grua 12 février 16:20

    @Fanny

    En 2014 nous étions quelques uns à dire que le vrai risque pour la Russie c’était sa vassalisation par la Chine comme conséquence de sa rupture avec les puissances occidentales. C’est maintenant chose faite.

    Le terme de vassalisation n’était pas une invention polémique.

    Alexander Gabuev, directeur du Carnegie Russia Eurasia Center (analyste russe reconnu), explique que la guerre en Ukraine a accéléré la transformation de la Russie en partenaire junior dépendant de Pékin.

    Voir par exemple :

    • Alexander Gabuev, “Putin’s Turn to China”, Foreign Affairs (2022)
    • Carnegie Endowment analyses 2023–2024 sur la dépendance russo-chinoise.

    Gabuev décrit une Russie contrainte de vendre ses hydrocarbures à prix réduit, d’accepter des règlements en yuan, et de composer avec des conditions commerciales dictées par Pékin. 

    Alexander Gabuev,

    Under Putin, Russia’s Vassalage to China Will Only Deepen, 10 septembre

    2025

    Ce n’est pas l’OTAN qui affaiblit la souveraineté russe aujourd’hui.
    C’est la dépendance structurelle créée par ses propres choix stratégiques.

    Quant au traité de Nertchinsk (1689), il marque la première délimitation formelle de la frontière russo-chinoise. Dans la culture stratégique chinoise, les traités frontaliers font partie d’une mémoire longue. Or le déséquilibre démographique entre la Mandchourie (plus de 100 millions d’habitants) et l’Extrême-Orient russe quasi vide est une donnée objective. La Chine n’empêchera pobablement pas le démembrement de la Fédération de Russie. Elle pourrait même en être le principal artisan.

    Parler de ces éléments, ce n’est pas appeler à l’“Armageddon”. C’est analyser froidement les conséquences d’une politique impériale mal calculée.

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