Si on considère que l’école publique est un des pilliers de notre "République", (pour voter il faut savoir au minimum lire et non déchiffrer), ce film nous montre un aspect de cette casse systématique de notre république et des ses valeurs à l’heure du capitalisme et de l’économie de marché.
Un élève peut entrer dans un établissement scolaire avec une arme à feu. Il se trouve que l’enseignante met le main dessus et prise par la peur, elle fait ce qu’elle peut avec les moyens qu’elle a. C’est une femme. Avez-vous remarqué que le corps enseignant est devenu majoritairement féminin ? Les messieurs préfèrent des métiers qui payent un peu plus que le salaire d’un fonctionnaire. De nos jours, former des citoyen-ne-s ne rapportent rien que des emmerdements sauf dans les établissements hupés.
Penser un instant aux conséquences qu’il y aurait si 80% de la population se mettait à lire de la littérature, de la poésie !!! que deviendraient les entreprises des nouvelles technologies ? Emanciper les esprits dès la maternelle reviendrait à ruiner pas mal d’entreprises qui vivent des jeux et des distractions. Que deviendrait les établissements privés s’ils n’ont pas de client-e-s ?
La classe dominante (U M P - P S) d’aujourd’hui valorise beaucoup plus la richesse économique que la richesse culturelle, il est donc logique pour elle qu’il ne soit pas nécessaire de pousser trop loin les apprentissages de bases des nouvelles générations car ce n’est plus un investissement pour l’avenir (pour la classe dominante les pauvres n’ont pas besoin d’avenir), c’est un coût et rien d’autre.
La journée de la jupe illustre simplement cet état de fait, les enseignants n’étant que les instruments de cette politique.
L’impuissance de ce type risque d’amener la violence, cette impuissance bien organisée et voulue. Il n’a pas été élu pour augmenter les impôts mais pour mettre au pas les travailleurs, tous les travailleurs, artisans, commerçants, petits patrons et salariés.
Quand quelques milliers de gens sont désespérés, il est possible de maintenir ce désespoir mais quand il y a plusieurs millions de gens désespéres, ce sera plus difficile. Le dernier discours du nain n’a rien arrangé, il maintient le cap, bouclier fiscal, réforme de l’état, coupe claire pour l’éducation, la santé et j’en passe.
On sait que le nain n’est qu’un pantin, un autre à sa place ne pourrait pas faire mieux, les chefs d’états européens reçoivent des ordres des banques et des transnationales, pas des peuples , ces derniers ne sont plus souverains dans leur pays respectif. Le TCE refusé à 54% de la population, le nain se torche avec.
L’intérêt des petites et moyennes entreprises est de ne pas se tromper "d’ennemi". Ce sont les gros industriels qui décident des lois, pas les salariés. D’autre part, la France n’aime pas trop que les individus soient autonomes. Les P M E et les P M I d’accord mais à condition que leur vie ne soit pas trop facile et qu’elles dépendent de plus gros qu’eux. La liberté en France, ça se paye et même très chère.
Pour ce qui est du droit du travail, la nouvelle formule "l’auto-entrepreneur" va satisfaire pas mal de monde surtout les grosses boîtes qui vont pouvoir embaucher des auto-entrepreneurs. Quand les individus vont se rendre compte de l’arnarque, il sera trop tard. Ils auront perdus des droits qui ne seront pas prêts de récupérer puisqu’enfin de compte c’est le but "innavoué" de ceux qui ont pondu ce système.
L’auto-entrepreneur ne peut travailler que s’il a du travail. Imaginer un instant que tous les licenciés de Continental veulent devenir des auto entrepreneurs, où trouveront-ils du travail ? Dans leur ville ? dans leur campagne ? dans leur région ?
Les chiffres que vous donnez pourraient servir à une prochaine manifestation. Mettre sur des pancartes la somme que représente cette crise pour chaque français. Les élites sont toujours en train de nous dire que nous n’avons pas bien compris, avec ces pancartes ils pourraient nous dispenser de leurs commentaires et de leurs explications "pédagogiques".
Cependant il y a un aspect qui est régulièrement ignoré par la majorité des gens très tolérants.
Je veux parler d’un constat. Durant des années j’ai eu l’occasion d’aller dans des familles d’immigrés pour apprendre le français aux femmes de culture musulmane. Ces femmes ne pouvaient sortir de chez elle car leur soi disant culture ne leur permettait pas surtout à l’arrivée d’un imam.
Combien de fois ai-je constaté qu’un gamin de 5 ans avait plus de pouvoir et de droit que sa mère ? Quand on a 4 ou 5 gamins en classes maternelle qui ont tous les droits chez eux, je peux vous assurer que les intitutrices ensuite ont du fil à retordre. Bizarre que personne ne parle de cette inégalité fondamentale homme/femme dans les familles de culture musulmane. Il y a pourtant des conséquences directes sur la scolarité des enfants, les garçons étant plus souvent en échec scolaire que les filles. Les éducateurs peuvent éventuellement améliorer le comportement de ces jeunes gens qui sont frustrés à longueur de temps par la société mais ils ne peuvent pas remplacer une éducation nécessaire pour suivre une scolarité.
Je n’ai pas regardé le film connaissant parfaitement le scénario. Que les travailleurs sociaux commencent à réabiliter l’autorité de la mère dans les familles de culture masulmane et qu’elle ait le droit de mettre un coup de pied aux fesses à son gamin quand il le mérite, les institutrices auront beaucoup moins de mal dans leur classe, ils seront mieux adaptés aux contraintes qu’imposent une scolarité.
Mais je ne crois pas un seul instant que notre société tienne à ce que les femmes de culture masulmane puisse être égale de l’homme au niveau de l’autorité parentale, cela fait 20 ans que je constate que les choses se dégradent de plus en plus pour le plus grand profit de ceux qui ont intérêt à maintenir la confusion entre le "racisme" de classe et le "racisme" ethnique.
La gauche et la droite ont la même politique dans ces cités ghettos où les petites filles puis les jeunes filles sont traitées comme des citoyennes de seconde zone.Pourtant, parmi elles, beaucoup aiment lire Molière mais tant que les valeurs de la "République", tant que l’égalité homme/femme resteront des coquilles vides dans ces cités, le "racisme" ethnique prendra le pas sur le "racisme" social. Il va arriver le moment où il ne sera plus possible de continuer de dévier les luttes sociales (baisse des salaires, chômage de masse, privatisation rempante de l’éducation, manque de logements sociaux, de transports,etc...) en luttes ethniques ou religieuses.