Autrement vous avez adjoint un texte qui me semble être le vôtre et non celui du groupe Standford.
Quoi qu’il en soit je me suis amusé à commenter les raisonnements hâtifs que j’ai y pu trouver :
"A partir de quand est-on Noir ? À partir 37%, ? à partir de 69,4 ? on peut épiloguer à l’infini et il n’y a pas d’objectivité possible..."
A partir du moment où l’on peut, ne serais-ce que visuellement, identifier les origines géographiques d’un individu sur ses seules caractéristiques physiques nous pouvons considérer qu’il appartient à un groupe identifiable. "Car bien sûr, plus nous connaissons précisément le génome humain, plus nous sommes capables d’avoir d’information sur lui, et parfois sur ses origines géographiques. Il ne faut pas se le cacher."
Ce groupe existe donc bel et bien.
Si l’on appelle ce type de groupe "race", alors la race existe. Voila ce qui s’appelle de la logique.
"( ...), la notion de race humaine est intrinsèquement invalide parce qu’on est incapable d’en tracer les contours précis, d’y affecter les métis "
Le raisonnement est faux pour deux raisons :
1 / la précision
Nul besoin d’une grande précision pour valider l’existence d’un phénomène donné. A titre d’exemple il est bien difficile de tracer les contours précis de l’art...et pourtant il existe. D’ailleurs la difficulté d’une définition ou d’une étude se situe toujours dans ses contours et non en son millieu (d’où l’expression : être un peu con sur les bords). Autre exemple, un enfant...définition en soit extrêmement vague n’est-ce pas ? A quel moment exact un enfant devient un adulte ? Impossible à dire. Heureusement, le bon sens de la langue nous permet malgré tout de nous situer.
2 / le métissage
Le propre d’une race, humaine ou animale, est justement la possibilité de métissage ou de croisement à l’intérieur d’une même espèce. C’est donc justement le métissage qui valide l’existence de plusieurs races humaines.
"La solution à ce paradoxe, c’est que les progrès de la génétique permettent de minimiser la probabilité de se tromper sur, par exemple, la couleur de peau d’un individu, mais cela reste une probabilité, et il y a toujours de contre-exemples qui montrent que les catégories raciales ne tiennent pas debout"
Oui ou non la génétique peut identifier les origines d’un individu ? Si c’est oui, et c’est oui, alors les groupes humains liés à une géographie( les races ) existent et ce malgré l’éventuelle présence de cas inclassables. Invalide-t-on le classement des genres sous prétexte de l’existence des androgynes et autre cas de figure ?
Comme nous pouvons le constater les raisonnements visant à contredire la réalité reposent forcément sur des failles logiques.
Le lien à propos du groupe de Standford que vous avez donné très intéressant. http://genomebiology.com/2008/9/7/404. A vrai dire je l’ai dévoré et je ne peux que vous remercier de nous l’avoir fait connaître.
Le débat à propos de le la race est abordé d’un point de vue éthique, d’où le titre de la conférence :
"The ethics of characterizing difference : guiding principles on using racial categories in human genetics". C’est la raison pour laquelle ce groupe est composé non seulement de scientifiques mais aussi d’un sociologue, d’une phylosophe, d’un historien...
Or mes propos, sur la reconnaissance raciale, excluent volontairement toute morale. Mon souci n’est pas de savoir si oui ou non il est dangereux pour l’humanité d’avoir conscience de l’existence de groupes raciaux, mais de pouvoir affirmer ce que mes yeux me montrent. D’entrée de jeu la problématique qui anime ce groupe de scientifiques n’est donc pas la mienne :
"Under what conditions might genetic data transform social understandings of racial and ethnic categories, possibly enhancing racist ideologies ?"
Comme vous avez vous même choisi cet article et que vous le cautionnez je suppose que vous ne remettrez plus en question l’existence d’un débat à l’intérieur de la communauté scientifique à propos de l’emploi du concept de race. Les scientifiques contrairement à vos précédentes assertions n’ont rien conclu de définitif à ce sujet. Vous pouvez par ailleurs constater par vous même que la recherche s’intéresse de près à l’étude d’identification de groupes humains à partir de l’ADN :
"Since the completion of the Human Genome Project, research focused on human genetic variation, including differences among groups, has intensified. This focus has rekindled debates about the connection between genetic (DNA-level) traits and human ’racial’ difference [1-5]. Scholars are divided on the question of whether racial categorization is an appropriate means of organizing potentially useful genetic data or a pernicious reification of historically destructive typologies [6,7]."
Je note que ce séminaire ne remet pas en doute les possibilités actuelles de la science à identifier des groupes raciaux. Son but consiste plutôt à créer un groupe de réflexion visant à soumettre la recherche à une éthique conforme aux principes politiques égalitaires des droits de l’homme. Le groupe de Standford présente une charte, ressemblant d’avantage à une mise en garde à la communauté scientifique.
Quelle est l’importance du groupe de Stanford ?
Pour le savoir il est toujours bon de dresser la liste des sponsors ;
Stanford Humanities Center http://shc.stanford.edu/ Affymetrix Corporation (entreprise privée) http://www.dnamicroarray.com/  ;
Société qui s’intéresse aux différences génétiques des races (etnicity) en vue de créer des soins spécifiques adaptés Mellon Foundation (fondation privée à but phylantropique) Research Institute of the Center for Comparative Studies on Race and Ethnicity http://artsci.wustl.edu/ urban/u_inaugural.htm
Dont le président est un sociologue très préoccupé par la cause des noirs en général, qu’ils soient Afro-Africains, Afro-Américains ou Afro-Européens.
bobo : http://aaas.fas.harvard.edu/faculty/larry_bobo/
Nous trouvons peu d’informations au sujet de son association.
Il en ressort que le seul sponsor véritablement lié à la recherche scientifique n’est pas moins que l’Assymetrix Corporation ! Or celle-ci ne respecte pas de toute évidence l’article 1 et 7 de la charte. http://www.affymetrix.com/support/technical/other/amb_baumbach_v4iss2.pdf
Pour quelles raisons une société privée financerait un groupe de réflexion prônant des idées contraire à ses intérêts ?
A moins que le double langage soit l’explication, comme semble le montrer naïvement l’article 9 : "Nous pressons les chercheurs, ceux qui s’expriment dans les médias, et ceux qui sont impliqués dans des travaux de vulgarisation de contribuer à éviter l’insistance excessive sur la contribution de la variabilité génétique à la variabilité phénotypique"
En clair le groupe de stadford presse (sous quelle autorité ?) les chercheurs de ne pas parler au public du phénomène racial dans le domaine de la génétique.
Le groupe de Standford se permet même de mettre en garde la recherche sur certains domaines : article 5. Cette question revient à nouveau : sous quelle autorité ? Celle de la morale ou celle d’une institution ?
L’ aspect soviétique de l’article 1 laisse penser que la politique n’est pas loin : "Nous pensons que l’idée selon laquelle les variations génétiques au sein de l’humanité justifient des catégories hiérarchiquement organisées de races et d’ethnies est dénuée de toute base scientifique."
N’est-ce pas de la désiformation que d’introduire la notion de hiérarchie pour discréditer les catégories raciales et même ethniques ? On sent là le travail d’universitaires attachés à l’idéologie du moment.
L’article 8 confirme cette idée : "Nous encourageons le financements d’études interdisciplinaires de la variation génétique humaine incluant un large spectre d’experts issus des sciences sociales, des humanités, et des sciences naturelles".
Quand on voit l’orientation politique du sociologue Lawrence D. Bobo patronnant cette charte il semble évident que l’article 8 entend par sciences sociales une certaine idéologie politique.
L’article 4 n’y va pas de main morte, il réussi à politiser la génétique !
"nous reconnaissons que les catégories raciales et ethniques apparaissent et sont dépendantes des contextes socio-politiques et ont changé de sens au cours des époques"
Nous pourrions épiloguer sur chacun des articles de cette charte. Pour la résumer celle-ci reflète une idéologie, celle des instances officielles de notre époque. Il s’agit d’encadrer la recherche et de lui fixer des bornes, notamment en matière de liberté d’expression. Cela saute aux yeux.
Je comprends de moins en moins à vrai dire.
Vous auriez donc préféré que le mot vague de "faciès" fût employé dans la circulaire ?
Venant de vous je suis quelque peu surpris.