Bien sûr qu’il existe des millions de personnes dans des cas similaires au vôtre, je n’ai pas dit le contraire. Je trouve seulement qu’il est compliqué pour un pays de gérer la double nationalité et ce d’autant plus si les bi-nationaux sont nombreux et issus en outre de pays en conflit.
C’est bien ce que je dis, vous restez arc-boutés sur un passé colonial qui en fin de compte, de mon point de vue en tout cas, fait partie du processus naturel de l’histoire. C’est un travers occidental de voir du mal dans le colonialisme. En dehors de l’idéologie égalitaire issue du christianisme pas grand monde sur terre ne regrette avoir remporté des victoires et exporté sa civilisation. Je sais, je suis à contre-courant en disant cela, mais cela reste à mes yeux une sorte d’évidence. Demandez aux Turcs par exemple de regretter l’ empire ottoman et ils vous riront au nez. Ou aux Chinois de pousser un peu des coudes, ou au Japon d’avoir voulu coloniser la Chine, ou à la Russie de s’étendre sur un aussi vaste territoire, ou...aux Arabes d’avoir conquis par l’épée une bonne partie du monde et en particulier l’ Afrique du Nord.
Bref, c’est totalement stupide de pleurer sur un passé qui en plus n’a pas été aussi affreux que vous le dépeignez. Si on fait les comptes, comme le réclame votre hymne, l’ Algérie a plus reçu de la France qu’elle n’a donné. Côté tiroir caisse, vous pouvez donc dormir sur vos deux oreilles.
Le problème avec cette attitude rancunière, celle de l’ Algérie notamment , c’est qu’elle sert à justifier à moindre frais les échecs. « La faute aux Français » est une chose providentielle pour les incapables et les corrompus.
Entretemps, Bouteflica préfère se faire soigner dans mon pays que dans le sien. Son nationalisme de charlot me fait donc bien rire.
"c’est la moindre marque de reconnaissance envers un pays qui vous offre
ce que le pays d’origine n’a pas fait et ne fera jamais c’est pourquoi
les « haragas » sont prêts à risquer leur vies pour une vie meilleure
qu’au Maghreb.«
Voila pourquoi vous n’arrivez pas à comprendre l’attitude des Français de papier, car vous imaginez qu’on peut changer de nationalité comme de chemise. Tout le problème est là, on hérite un passé et des origines et cela ne se choisi pas à la carte. Or l’idéologie de certains a permis de faire croire qu’en adhérant à de fumeux principes républicains ont adoptait comme par magie une nouvelle nationalité. Comme si la nationalité était une religion, une simple affaire de croyance. De même qu’on devient musulman en répétant »il n’y a qu’un seul Dieu et Allah est son prophète« on deviendrait Français en ânonnant »Liberté, Egalité, Fraternité" (dans le contexte actuel c’est à mourir de rire en plus !).
Pour vous aider à comprendre la position d’un immigré imaginez qu’à votre tour vous vous expatriez, dans un pays très différent du votre, par exemple la Chine. Même si la Chine vous offrait dans une pochette surprise la nationalité chinoise en vous disant qu’il suffit d’adhérer aux valeurs de la République Populaire de Chine pour être un bon Chinois, vous resterez à vos yeux, comme à ceux des Chinois, un Français. Cela dépasse le contexte économique aussi. Même si la France devenait une affreuse dictature et que votre pays d’accueil, en l’occurrence la Chine, vous permettrait de mieux vivre sur son territoire, vous ne pourrez pas arracher vos origines, votre culture, votre histoire.
L’erreur française a été de donner des nationalités là où des cartes de séjour auraient suffit.
La marseillaise parle d’un ennemi en général, même si elle a été écrite dans un contexte particulier. Elle vise non pas une nation donnée mais le despotisme et l’ennemi du peuple français, d’où qu’il vienne, raison pour laquelle elle traverse le temps et fonctionne toujours.
L’hymne algérien, quand à lui, construit l’identité du pays en opposition exclusive à la France, comme un ado s’opposant au père. A chaque fois que l’ Algérie chante son hymne elle braille son hostilité à mon pays.
Et si jamais cette histoire appartient au passé, comme vous semblez le suggérer, alors l’ hymne algérien n’est tout simplement plus à la page.
Vous parlez de votre cas particulier mais à l’échelle d’un pays ça devient vite ingérable. C’est dans l’intérêt général qu’il faut penser les lois.
Concernant les binationaux il existe une solution simple : le choix d’une nationalité doublé d’une carte de séjour pour le pays non-choisi. Il n’y a aucune raison ni nécessité de pouvoir voter dans deux pays à la fois ou de servir éventuellement les intérêts d’une nation au détriment d’une autre.