Bonjour, sur le principe je suis bien d’accord avec vous, la souffrance animal n’a pas à être tolérée, enfin dans la mesure du possible évidemment. Personnellement je ne mange pas de foi gras, j’en ai acheté une seule fois dans ma vie dans une situation particulière où je ne n’avais pas beaucoup le choix. Pour le veau, je suis plus partagé dans la mesure où il ne s’agit pas de torture. Comme je ne suis pas idéaliste il me semble plus réaliste d’en accepter la consommation mais de la limiter.
La question que vous posez sur le cannibalisme est intéressante car elle montre qu’il existe une morale dans l’alimentation et que celle-ci n’a pas grand chose à voir avec la physiologie. Nous pouvons en effet manger de la chair humaine sans craindre d’en mourir et pourtant cette idée nous répugne. A mon avis, il s’agit avant tout d’un tabou culturel qui n’est pas inhérent à la nature humaine. Certaines sociétés ont été cannibales et pas uniquement pour des raisons rituelles. Les Aztèques vendaient au marché des pièces de viande humaine sur leurs étalages. On a même des codex culinaires décrivant avec précision des recettes cannibales.
L’histoire a finalement donné raison aux civilisations non-canibales et ce partout sur terre. J’imagine d’ailleurs mal une société stable qui soit canibale, mais au delà de l’aspect pratique la dimension morale explique le mieux ce tabou.
Dans tout guide de survie on vous apprend à faire des pièges car la protéine animale est vitale pour nous. Si vous mangez votre chat dans une île déserte vous prolongerez votre survie, si vous fumez vos clopes vous n’arrangez pas votre état. Pas dur à comprendre pourtant.
Je trouve assez comique cette prétention à remettre en question des milliers d’années de mode alimentaire sur un coup de tête farfelu. Si la viande était superflue comme vous dites, alors on ne trouverait que quelques peuplades adeptes de cette curiosité culinaire. Hors absolument tout le monde, sous toutes les latitudes, mange de la viande et ce depuis des temps immémoriaux. Je sais vous allez me trouver quelques rares exceptions, quelques bouddhistes ici et là n’osant pas tuer un poux...mais ce sont des exceptions ! Des cas marginaux qui vont à contre courant de la nature de leurs semblables.
Bref, ça m’amuse cette discussion absurde au possible.
Ha, oui j’oubliais, nous avons une arme naturelle redoutable qui accompagne justement notre nature de prédateur : un cerveau exceptionnel commandant des mains habiles. Si nous nous contentions de salades et d’eau douce et bien nous serions de gentils petits lapins.
Tuer...oui pour survivre on doit tuer, c’est comme ça. Donc se demander si c’est bien ou mal revient à se demander si vivre est en soi un acte moral car on le fait au détriment d’autres vies. Et cela vaut aussi pour les végétariens puisqu’ils tuent des plantes.
Au bout d’un moment, toute cette morale devient absurde. On vit, on tue, et on fait au mieux avec cette condition.
Exemple débile. Notre constitution nous permet de tuer à mains nues beaucoup d’animaux, chiens, chats, lapins, poissons, oiseaux, etc, et de les manger tels quels. Il se trouve que la cuisson nous permet de digérer plus facilement et de d’absorber à moindre frais les protéines dont nous avons besoin, raison pour laquelle nous nous y sommes si bien habitués au point d’en devenir dépendants. .