« Il me semble que vous venez exactement d’illustrer la
définition de ce qu’est le cynisme,
caractérisé entre autre par un maque d’espoir dans l’humanité. Je peux comprendre votre lassitude et votre manque de
confiance surtout quand on observe les événements ."
Ni cynisme, ni lassitude, ni manque de confiance, juste une
façon très différente de percevoir le monde, parce que, pour moi, l’humanité
est un concept abstrait n’ayant pas plus d’homogénéité que la
« canitude ».
Dans ma façon de voir, il y a des Peuhls et des Basques,
comme il y a des malinois et des loulous de Poméranie, des Moldaves et des
Korowai, comme il y a des brunos du Jura et des filas des Açores, des Basques
et des Inuits comme il y a des sharpeis et des saint-bernards, des Ouigours et
des Mundurucus comme il y a des chihuahuas et des dobermans…
Cela signifie que la souche est commune, mais, pour les
humains, que le développement au long de centaines de millénaires a été
caractérisé par des différences telles qu’il est illusoire - en même temps que
ce serait « génocidaire » - de prétendre les ramener à un destin commun.
« Cela ne peut se produire que si nous
montrons l’exemple et inspirons
ces « inconscients » à devenir un peu plus conscients, puis universels. Alors,soyons exemplaires dans nos
pensées, paroles et attitudes. »
Mon intention n’est pas de vous vexer, mais je perçois dans
vos propos des relents du racisme de Jules Ferry, à la fin du XIXe siècle -« Il faut parler plus haut et
plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un
droit sur les races inférieures. (...) Je répète qu’il y a pour les races
supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir
de civiliser les races inférieures. », comme de celui de Léon Blum,
dans l’entre-deux-guerres – « Nous admettons le droit et même le devoir
des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au
même degré de culture… »
Et, pour moi, cette manière du Blanc de se poser en exemple
pour le reste de l’humanité – dont j’ai dit ce que je pense -, et pas
seulement dans le domaine qui vous motive, ne peut se solder au mieux que par
des flops, et au pire par des désastres, dans la mesure où les modifications
qui en résultent sont artificielles et sectorielles, donc disparates et
incohérentes.
« Il viendra de notre conscience personnelle pénétrée par l’universel. »
Ouais, c’est intéressant, voire prometteur...
Toutefois, à l’heure où je vous écris (20h25), la planète compte 7 milliards 436 millions 524 mille 494 habitants dont 6 bons milliards se foutent d’avoir, ou non, une conscience personnelle, et 7 milliards 300 millions., qui peinent à se l’imaginer pénétrée par l’universel.
Qu’est-ce qu’on en fait de ceux-là ? A la manière de Rousseau, on les force d’être pénétrés ?
« La compétition pourrait enterrer
définitivement un mythe né lors de la Coupe du monde 1998. »
Ce serait le moment. Il sent. A l’époque, il n’a pas tenu un
mois, au grand dam de ceux qui, médias en tête, dans la nuit du 12 au 13, avaient
enterré, eux, le Front national, qui ne se relèverait jamais, c’était gravé
dans le marbre, de cette mandale black-blanc-beur.
Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la nature humaine
et la psychologie des foules, savaient que tout cela, c’était du superficiel de
chez superficiel. Les autres auraient pu se souvenir qu’une hirondelle ne fait
pas le printemps et que la vraie portée des événements se jugent sur la durée.
Patrick Devedjian n’avait pas ces prudences : « Il y en a un qui a vraiment l’air d’un con,
c’est Le Pen », claironnait-il dans Libération du 16 juillet 1998.
Sur quoi, un peu moins de quatre ans
après la victoire des Bleus, le « con » accédait au
deuxième tour de l’élection présidentielle, témoignant d’un enracinement
que le « mythe né lors de la Coupe
du monde 1998 », n’aurait jamais.
Quant au « vivre ensemble » - sauf à s’en tenir aux
conventionnels « Bonjour » , « Bonsoir »., « Fait pas
chaud aujourd’hui » -, personne ne s’est encore colleté avec la question
de savoir comment il peut fonctionner entre des communautés séparées par des codes
sociaux non seulement différents, mais encore incompatibles dans bien des cas, touchant,
bien sûr, à la commensalité, mais plus encore aux relations entre les hommes et
les femmes.
Si on veut, mais je me plaçais plus précisément sur le terrain de la satisfaction des besoins vitaux, et aussi primaires, des individus. Et là, c’est que dalle, nada, nothing, niente, nichts et nitchevo.