« je ne comprends pas pourquoi on en fait tout un plat ! »
C’est un truc qui vient des
Lumières prétendues, qui ont pensé, un jour, qu’il suffisait de libérer l’homme
des « scories » qui embrumaient son esprit, pour qu’il se réalise dans
un environnement, où tout le monde agissant sous l’emprise de la raison, la
cité idéale serait mise en place en quelques années.
« mais
quelle raison aurait-on à transformer un sentiment raisonnable ? »
Son remplacement par le
sentiment inverse, tout aussi raisonnable, mais plus positif... Par exemple,
transformer une antipathie instinctive en sympathie « délibérée ».
Donc, artificielle.
« Quant aux passions, elles se détruisent
toute seules. »
Sans que la raison y soit
pour quelque chose.
« Peut-être la raison peut-elle atténuer ou finir
par user le sentiment d’injustice ? »
En particulier s’il est
infondé, mais ça prend tout de même un certain temps. Pour le sentiment d’injustice,
je préconiserais de ce pas s’y abandonner dans la précipitation, mais d’attendre
de disposer d’un maximum d’éléments et d’informations avant de conclure.
« Mais si on parle d’amour, la raison ne
peut que l’encourager ! »
De mon point de vue, dans le
cas particulier, la raison doit nous inciter à y céder, sans jamais nous
laisser perdre de vue que ça ne durera pas plus que n’importe quelle autre
aveuglante passion.
« tu manges de la merde pour ce prix là. juste des pates et patates. »
Ce n’est pas ce que montrent les statistiques de consommation, et les étals des marchés et les rayons des supermarchés. Il suffit de savoir choisir et de ventiler intelligemment ses dépenses.
« c’est juste que pour se révolter, faut avoir du fric ou rien à perde avec zéro espoir. et des armes. »
Ce qu’il faut pour se révolter, c’est la certitude, fondée ou non, que ce sera mieux après qu’avant. Et à, à part quelques allumés, ils ne sont pas nombreux à y croire.
« ...surtout que c’est certainement faux, sauf en parole. »¨
Il faut bien comprendre que toutes ces théories à la graisse de chevaux de bois, ont été conçues à une époque où le prolo devait consacrer la moitié de sa paie à son alimentation et à celle des siens. De nos jours, il en est à 15-16 %, trois fois moins.
Quand, dans L’idéal anarchiste, Elysée Reclus revendique pour la classe ouvrière, c’est du pain qu’il exige, pas un téléviseur Samsung à écran incurvé de 40", ou un iPhone de dernière génération.
Il y en a qui n’ont pas encore capté le changement d’époque...
« La seule répartition juste des fruits du travail c’est l’égalité totale entre toutes et tous après expropriation des capitalistes... »
Et pourquoi est-ce qu’on s’emmerderait à faire des études d’ingénieur, avant de se faire chier à assumer des responsabilités d’ingénieur, si c’est pour se retrouver l’égal d’un ignare et futile « technicien de surface ».
Le problème, c’est que dans ta société à la con, c’est qu’il n’y aura jamais assez de surfaces pour tous les aspirants « techniciens ».