« Pourquoi pas ? on peut aussi émettre
l’hypothèse qu’il n’y a pas de nouveau monde à venir tel qu’on l’entend , mais
un changement de perception du même... »
C’est assez délicat... Parce que tout change tout le temps, le plus souvent de façon imperceptible.
Par ailleurs, étant donné la durée d’une vie, le surgissement d’un monde nouveau n’est brutal que dans le cadre des totalitarismes meurtriers dont je parlais tout à l’heure.
Et à terme, l’expérience se solde par un fiasco intégral.
« Mais il sera difficile d’amener les hommes vers un nouveau monde... »
Les amener, c’est le propre des totalitarismes. Le communisme et le nazisme, mais aussi la révolution française, ont montré où cela mène : au Goulag et au Laogaï, à Auschwitz et aux colonnes infernales.
Les hommes iront donc, au gré de déplacements imprévisibles, vers un nouveau monde, comme ils ont toujours fait, sans même s’en rendre compte.
Et quand elle sera installée, ou à peu près, on s’avisera qu’une nouvelle civilisation a remplacé la précédente. Alors, on la baptisera d’un nom tiré de sa principale caractéristique.
« En l’occurrence, il ne s’agissait pas de nobles, mais de la classe qui va prendre le pouvoir avec la Révolution... »
En réalité, l’expression « petits marquis » n’a rien à voir avec le titre nobiliaire. Le dictionnaire en ligne du CNTRL en donne la définition suivante : « P. iron. Personnage aux manières affectées, désinvoltes, d’une élégance étudiée. »
Il m’arrive de préciser « en jouant les esprits forts, pour épater les gonzesses... » Parce que c’est réellement ce que je pense. Chez la plupart des mâles, l’esbroufe est un élément important de la « parade nuptiale », d’autant plus que c’est l’un de meilleur marché.
« Si
vous parlez « d’ignorance » cela veut donc dire que les informations
concernant l’UE ne sont pas complètes. »
Elles sont surtout orientées. Depuis la fin de la guerre.
L’Europe, en tant qu’union, naît des deux plus terribles guerres que l’humanité
ait connues. L’Europe, c’est, alors, « Plus jamais ça ! » ,
donc c’est forcément bien.
Beaucoup en sont encore à cette perception « minimaliste »,
complétée évidemment par d’autres arguments. On ne devrait pas avoir trop de
peine à leur faire admettre que c’est très imparfait, mais ils observeront que
c’est quand même bien, parce que c’est, dans tous les cas, mieux que la guerre. Un autre de leurs arguments est que les problèmes ne découlent pas de l’Europe, mais du « pas assez d’Europe ».
« Nous
nous trouvons très exactement ici dans le phénomène de la manipulation des
masses chère à Gustave Le Bon et Edward Bernays. C’est la désinformation qui
sévit et la propagande qui est servie aux peuples. »
Pour ma part, je ne crois pas à la manipulation, à la
désinformation et à la propagande, pour ce qui est de l’U.E. Elle bénéficie, a
priori, d’un préjugé très favorable, qu’il suffit de laisser courir.
Beaucoup de journalistes, mais aussi de dirigeants politiques, le
partagent et s’ils taisent les aspects détestables de la construction
européenne, ils sont un peu dans la même position que Sartre face aux réalités
soviétiques, qu’il fallait taire « pour ne pas désespérer Billancourt ».
« Seuls
les sites alternatifs peuvent permettre de comprendre ces fonctionnements et
ces dérives. Malheureusement, les usagers du net sont encore trop peu nombreux
pour faire la différence dans les urnes. Pour le moment. »
Malheureusement aussi, parmi les usagers du net, seuls un petit
nombre iront consulter lesdits sites alternatifs et, sur ce petit nombre, seul
un petit nombre réussira, le cas échéant, à surmonter l’opinion plutôt
favorable qu’il nourrissait jusque-là au sujet de l’Union européenne.
Parce qu’interviendra la dissonance
cognitive, cette propension de la psychologie humaine à refouler tout ce
qui gêne, tout ce qui dérange, tout ce qui trouble, tout ce qui va contre ce qu’on
a toujours cru ou pensé.