« Aucun critère ne permet de définir un seuil à partir duquel on cesserait d’être considéré comme un immigré. »
Bien sûr qu’il y en a un, et un solide, mais un Le Bras, du fait de son formatage idéologique, est incapable de le concevoir. On cesse d’être un « immigré » quand les « NOUS de souche » - ou se considérant comme tels - ne remarquent pas d’éléments classant l’individu(e) parmi les « EUX immigrés », dont, malheureusement mais inévitablement, les de souche originaires des DOM-TOM...
En langage simple, populaire, trivial : « On n’est pas un immigré quand on n’a pas une gueule d’étranger. » C’est peut-être raciste, pour certains, mais la perception ordinaire, spontanée, naturelle, c’est comme ça qu’elle fonctionne.
Ce qui précède me conduit à me demander comment on peut parler d’immigration, de mariages, de mixité, de grand remplacement, etc., sans se référer à des statistiques ethniques et religieuses.
Parce que si un mariage mixte, c’est aussi celui de Mouloud, né en France de parents et de grands-parents français, avec Farida, née Française de parents marocains, on est en plein universalisme abstrait. C’est hors de la vraie vie.
Manifestement, nous ne parlons pas de la même chose. Toi, tu t’intéresses à la personnalité du tiré au sort, moi à son incapacité humaine à tout connaître de tous les sujets dont il aura à traiter au long de son mandat.
J’ai déjà parlé des commissions parlementaires permanentes – qui mâchent littéralement le travail du député lambda, pas plus encyclopédiquement instruit que le tiré au sort de base, sachant lire et écrire – et il suffit de les énumérer pour obtenir un nombre déjà impressionnant de matières auxquelles le tiré au sort (agriculteur, chauffeur de bus, architecte, policier, infirmière, artisan, pour reprendre la courte énumération de Zolko), sera confronté :
— affaires culturelles et éducation
— affaires économiques
— affaires étrangères
— affaires sociales
— défense nationale et forces armées
— développement durable et aménagement du territoire
— finances
— lois
Cette complexité mettrait l’assemblée tirée au sort à la merci, non seulement des fonctionnaires pointus chargés de la conditionner dans le sens souhaité par l’administration, mais également d’experts dont le désintéressement et l’intérêt général ne seraient pas forcément les principales motivations et qui chercheraient, pour certains, à influencer leur auditoire en développant – « honnêtement » - des arguments pour et des arguments contre, en veillant attentivement à ce que les premiers soient soft ou hard, et les seconds hard ou soft, selon la décision vers laquelle ils espèreraient entraîner la compagnie.
Quant à lui infliger des débats contradictoires d’experts, s’accusant réciproquement de mensonge, de dissimulation d’une partie de la vérité, d’interprétations fallacieuses des chiffres, et autres amabilités, ce serait, manifestement, le meilleur moyen de l’égarer définitivement
Vous devriez vraiment vous abstenir de faire de la politique, ce qui consiste pour à vous répéter ad nauseam le catéchisme qui vous a été inoculé par l’UPR.
En plus, vous rapportez mal ce que vous lisez, alors que vous parlez d’une Europe peuplée d’Européens, moi j’ai écrit qu’il faudrait commencer - condition sine qua non d’une existence en tant que pays - par la doter - ce qui indique que cela fait défaut - d’Européens, en précisant bien des vrais, des tripaux, pas des adhérents.
Parce que si l’on peut créer un pays, on ne peut pas créer un peuple, en mettant une frontière autour d’une population arbitrairement définie et prétendre qu’il en résultera une nation, la Belgique, l’Espagne dans une certaine mesure, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, en témoignent tous les jours , ou en ont témoigné.
Quant à la nécessité d’un ennemi - communistes, musulmans, darbystes, antispécistes - peu importe - dont la menace permet de resserrer les rangs, lorsqu’ils se distendent, il suffit de souligner le fait que l’U.E. a commencé à foutre le camp dans tous les sens, depuis que la menace soviétique a disparu.
Là-dessus, vous revenez nous les briser menu avec vos sempiternelles histoires de Traités, d’article 50, de Front national, d’OTAN, parce que votre connaissance du monde et de la géopolitique se limite à cela. C’est votre univers, celui dont je parle vous échappe complètement.
« La seule issue possible, si nous voulons assurer un avenir à notre continent, consiste à consolider l’union européenne, de la doter d’un gouvernement et d’une armée. »
C’est-à-dire qu’il faudrait commencer par la doter d’Européens. Des vrais, je veux dire, des tripaux, pas des adhérents. Et là, c’est déjà de loin pas gagné.
Dans la foulée, ou mieux, simultanément, il faudrait impérativement lui trouver un ennemi unanimement reconnu, comme le fut l’URSS jusqu’à la fin des années 80, parce qu’une union contre, c’est beaucoup plus solide qu’une union pour. L’invasion migratoire aurait pu tenir ce rôle, mais il aurait fallu une vingtaine d’Orban au pouvoir dans autant de pays...
Je crains donc qu’il ne faille tout de suite se mettre en quête d’une autre autre issue possible.
« …ben si, j’ai fourni un argument :
c’est une tentative qu’autre-chose, quipeut améliorer le système politique actuel. »
C’est sans garantie, je m’en
doutais
« …si
on suit votre raisonnement, on ne changera jamais rien. »
Ce n’est pas parce que je ne crois pas aux vertus présumées
du tirage au sort, que je souhaite le maintien du statu quo. L’introduction de
la proportionnelle intégrale et des facultés de recours à la démocratie directe
me paraissent beaucoup plus prometteuses et raisonnables.
« Par ailleurs, il y a eu beaucoup d’arguments pour le
tirage au sort, si le sujet vous intéresse, comme cela semble être le cas, vous
devriez vous renseigner. »
Ça fait longtemps que j’y
réfléchis, mais comme je ne me suis intéressé qu’au fonctionnement du système,
plutôt qu’à ses avantages théoriques, je lui ai trouvé énormément de défauts.
Le plus grave sans doute,
dans une société aussi complexe que la nôtre, c’est le pouvoir qui en
résulterait pour les fonctionnaires, puisqu’ils seraient les seuls à assurer la
continuité de la conduite des dossiers, dont la maîtrise garantirait l’ascendant
(de celui qui sait) sur le tiré au sort lambda (qui ne sait pas, ou qui sait
mal).
Dans la démocratie représentative,
cette continuité est assurée par les commissions parlementaires permanentes,
formées d’élus de la majorité et de l’opposition.
« Si je ne devais vous citer qu’un seul
argument, ce sont les sondages : eh-oui, c’est du tirage au sort, et qui
permet d’affirmer que X% des française pensent ceci ou cela. »
D’abord, c’est un tirage au sort
très orienté, et ensuite le sondé, son choix exprimé, n’a pas plus de pouvoir
que de responsabilités. Il peut mentir et ses réponses n’ont pas valeur d’engagement,
il peut en changer dans l’heure qui suit. Il n’y a donc pas de comparaison
possible.