Je viens de tomber là dessus (très vite fait), et j’étais pas loin de cette interprétation :
Annick de Souzenelle l’écrit avec force : Dieu en nous, YHWH,
est l’épée, et l’épée se cache derrière le bouclier, derrière l’adversaire que
représente Béhémot ou le Liwiathan. Le Christ n’est pas venu apporter la paix
mais l’Epée. Non l’épée extérieure qui fait couler le sang lorsque l’homme
n’est pas en mesure de vaincre ses peurs source de toute violence, mais l’épée
intérieure, principe incréé en l’homme qui relie Dieu à notre humanité jusque
dans notre chair, pointe la plus fine de notre corps.
D’autres part, on trouve une symbolique intéressante dans la quête du Graal (épée, lance qui saigne, etc). Mais je n’ai plus cela en tête, bien qu’ayant lu Chrétien de Troye et des interprétations dans le passé.
On pourrait s’interroger sur la symbolique de l’épée en matière psychologique. Je n’ai pas d’éléments sous la main et je n’ai pas eu le temps d’en lire, je vais donc livrer une interprétation personnelle sur le vif.
L’épée « tranche » et fait ainsi fait le choix. L’épée est le symbole du choix. On choisit fatalement une chose et renonce à une autre, c’est le libre arbitre, et la recherche de la justesse du choix. Je réfléchis à cela à l’emporte-pièce, peut être vite fait mais voici : Chacun de nous dispose d’une épée intérieure. La liberté fait peur, car elle implique de choisir et d’en assumer la conséquence. Cela trouble une forme de paix, ou de fausse paix dans laquelle on végète. Évoluer implique de remettre en cause, et d’observer notre intériorité. Cela implique la révélation de la souffrance, au lieu de l’enfouir. En tout, l’usage de l’épée trouble et déstabilise. La véritable paix ne peut venir que du courage de manier l’épée, malgré l’incertitude.
Sous l’angle psychologique/spirituel, la phrase « je ne vous apporte pas la paix mais l’épée » peut être un enseignement hautement significatif comme je viens de l’expliquer. Sous l’angle direct, la phrase « je vous apporte pas l’épée mais la paix » ne serait que du premier degré (« je viens vous apporter la paix intérieure, pas la guerre extérieure »). Je ne connais pas le texte réel, mais je trouve plus censé qu’il s’agisse de la première phrase car l’enseignement est plus profond.