« J’ajouterai tout de même que s’ils ont un père et une mère adoptifs, ils peuvent se construire un scénario d’engendrement, »
Mendosa, on a l’exemple caricatural de l’habituelle hypocrisie des croyants : ce qui compte, ce sont les apparences, faire comme si… D’une main la morale aux enfants, de l’autre des comportements moins conformes… (l’accaparement des richesses, la fraude, le mépris aux pauvres ou SDF, l’infidélité conjugale…).
Ici, c’est quand même drôle : ainsi, le mariage selon leurs voeux est affaire de scénario, qui « imite », sauve les apparences et le qu’en-dira-t-on… Voilà ce qu’ils nous vendent comme institution morale.
L’idée qu’un petit Haïtien adopté puisse faire un scénario d’engendrement sur ses deux parents blancs, c’est vraiment prendre les gens (dont les enfants) pour des crétins…
Vous êtes formaté à n’imaginer qu’une morale d’origine transcendante… Vos questions le montre. Vous êtes aveugle au reste.
Vous avez parfaitement le droit de préférer la morale du « père Noël » que vous n’avez jamais vu, mais moi je préfère la morale laïque de la République qui existe, ne vous en déplaise, et qui est l’émanation de ma personne et des citoyens.
Sachez qu’elle est très riche d’implications morales, rien que sur les conséquences des valeurs mises en exergue dans sa devise.
Pas besoin de « charité » pour être fraternelle, pas besoin du « donner au pauvres » quand le souci d’égalité nous conduit à essayer de donner la même chance à tous malgré la variabilité humaine, d’offrir une aide d’Etat aux démunis, mal logés, illettrés. Pas besoin que ce fameux Grand Architecte de l’Univers m’autorise à prendre mon destin en main, je suis aussi libre que possible dans le respect des autres libertés. Enfin, je suis protégée des bondieuseries et des fatwas nées de la cervelle malade des religieux, l’Etat laïque n’en veut pas, et moi non plus.
En outre, et enfin, les instances de réflexion républicaine (comité d’ethique, conseil d’Etat, HALDE, Protection de l’enfance, observatoire de la parité…) complète le débat sur les valeurs républicaines, en dehors de toute ingérence religieuse.
Je crois que c’est vous qui ne comprenez pas ce que vous dites…
VOUS, vous avez le droit de penser ce que vous voulez, et en tant que citoyen, vous avez liberté de conscience et liberté d’expression.
VOUS, vous avez le droit de dire : « cette loi, ce n’est pas bien ».
Mais pas L’ÉGLISE.
Or, c’est ce que vous avez dit textuellement : c’est une violation des valeurs républicaines d’empêcher l’Eglise de dire ce qu’elle pense de cette loi. NON. Ce serait une violation de l’art. 35 de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Pour le reste, c’est affaire personnelle. Il y a dans les valeurs explicites et implicites des traditions républicaines pratiquement tout ce qui est nécessaire pour faire du citoyen un « honnête homme », une personne de valeur élevée que tout le monde souhaiterait avoir comme ami.
C’est bien ce que je disais, vous n’avez pas l’air de comprendre ce qu’est une éthique / morale républicaine et laïque.
« vos valeurs républicaines, ce n’est pas la loi qui les construit mais le débat de société ». Si. Il y a osmose entre débat, lois et valeurs.
« c’est une violations des valeurs républicaines de l’empêcher de dire ce qu’elle pense de cette loi. » vous vous trompez. L’Eglise est absolument tenue à a réserve à l’égard de tout ce qui touche à la législation. L’Eglise est interdite d’intrusion dans le débat législatif.
Son célèbre art. 35 est clair.
Art. 35 : Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou des actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre d’autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de 3 mois à 2 ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile.