Un amalgamme de faits ne constitue pas une information crédible. Voici un auteur qui vous pousse dans le trou en disant : attention, vous allez tomber !
Les meilleurs observateurs du monde politique depuis toujours, j’ai nommé Le Canard Enchaîné, et dans la catégorie dessinateur, le meilleur (pour moi) Cabu, ont su remarquer l’omniprésence des ministres femmes sur les plateaux du service public, dimanche soir (cf. p3) et ont jugé la chose amusante et pertinente :
Pécresse, Dati, Lagarde, Albanell et Bachelot (oubli : Yade) étaient première ligane sur les trois chaînes. Une offensive de charme des drôles de dames ? Hors Woerth, les ministres hommes étaient, en tout cas, singulièrement absents…
Cette remarque au milieu d’un papier sur les notes de com. de l’Elysée est très éclairante. Personnellement, la « leçon apprise » m’avait sauté aux yeux, ainsi que le recours aux femmes du gouvernement pour la réciter (« plus de puch, les filles ! » crie Sarko en sautillant et en écoutant la récitation perroquet de ses « filles »).
Comme quoi, si pour vous mes remarques (cf. plus haut, mon observation et votre réponse) n’avaient pas plus de substance qu’un ectoplasme médiatique, (toujours la politesse et l’arrogance), je suis heureuse de voir se confirmer que les journalistes du Canard savent ouvrir les yeux, enquêter et ne pas radoter le politiquement correct éculé et mille fois lu et dit du microcosme journalistique.
C’est exactement ce que je pointe : un nez au milieu d’une figure qu’on ne voit pas, parce qu’on n’est pas outillé, intellectuellement, pour le voir, on n’a aucune hypothèse, aucune idée préexistante (puisque vous maîtrisez l’épistémologie, vous, je ne vous apprends rien, mais certains lecteurs, pourquoi pas).
Si, sur le plateau, il n’y avait eu que des noirs, ou des arabes, ou les deux, pourtant, vous l’auriez vu… vous vous seriez interrogé.
Je sais bien que c’est un sujet d’observation politique et sociologique qui ne vous passionne guère, comme 98% des élites intellectuelles françaises.
Je ne suis pas une anthropologue des gender studies, mais je sais à quel point la France est complètement fermée à ce domaine de recherche, et je dirais même : réfractaire. Ce billet de Dugué m’y fait penser, 2 jours après le 8 mars ! Pourtant, notre auteur se présente avec un CV long comme le bras et annonce quasiment l’expertise de toutes les disciplines traditionnelles et transversales, non seulement des sciences humaines mais physiques, chimiques, biologiques, etc. en outre, c’est aussi un philosophe : ouf !
Or, c’est amusant de voir que ma question n’a pas du tout percuté dans ce maelstrom interdisciplinaire de spécialités ! En fait, dans le domaine de la recherche, quand on ne se pose pas une question, on est incapable de VOIR ce qui pourtant crève les yeux ! c’est gênant pour un chercheur, mais c’est comme ça, une règle épistémo.
Sa réponse, aussi condescendante qu’impolie, souligne bien ce léger mépris qui s’attache à cette question qui, dans d’autres pays, remplit les bibliothèques d’études, d’articles, de colloques… Ici, ça n’intéresse pas, on trouve même cela sans importance, hors du champ scientifique et sociologique.
Les observateurs politiques dans les médias, les intellectuels, en France, sont complètement réfractaires à une réflexion sur le rôle des femmes dans la société, voire (bouh le gros mot !) du féminisme. En conséquence, ils s’aveuglent sur bien des points qui mériteraient justement d’être VUS, commentés et discutés. Par rapport à l’Europe (ou le Québec), on a une génération de retard !
Mais l’arrogance française est notre caractéristique la plus célèbre à l’étranger, tout le monde sait cela.