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Darkhaiker

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Sans aucun élitisme, aller, toujours au mieux, vers un éclatement des modèles de représentation conforme, pour nourrir une réflexion originale ou authentique, sur des réalités qui ne trouvent pas d'écho dans des registres culturels dénaturés. Par la voie vivante et difficile, la plus désencodée possible, d'une parole poétique, citoyenne du monde, de haute fidélité et de haut vol, face à et par delà la complexité préméditée et négatrice d'une représentation avilissante de ce monde.
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  • Premier article le 21/03/2013
  • Modérateur depuis le 07/12/2013
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Ses articles classés par : ordre chronologique











Derniers commentaires



  • Darkhaiker Darkhaiker 16 décembre 2013 19:17

    Ce n’est pas parce quelqu’un est docteur en droit qu’il pense de travers. On peut être docteur en droit et penser droit, la preuve. Que sont n’importe quels chiffres de n’importe quoi face à Weil ? Une pure et simple dictature de la quantité. Quand le problème du relativisme matérialiste est identifié clairement, on va toujours dans le bon sens, dans le « common sense ». Si tous les docteurs en droit pensaient comme l’auteur de l’article, la révolte contre les docteurs et le droit n’aurait plus de raison d’être. Des docteurs qui pensent comme lui sont un pur danger pour le « système » des docteurs : il pense en humain d’abord, comme Orwell ou Michéa.



  • Darkhaiker Darkhaiker 13 décembre 2013 16:49

    Voici décrit un « hors-système », défini comme un anti-système, donc un oppositionnel réduit à la logique binaire du contre le pour et du pour le contre. Un hors-système serait donc « un contraire ». Premier raisonnement que certains, dont nous ne faisons pas partie, pourraient qualifier, sans pouvoir être absolument contredits, compte tenu de ce qui en est dit par son auteur, d’« idiot utile ».


    Le « hors-système » n’est ni individuel ni groupal, qui ne concerne que l’oppositionnel, à l’image inversée du système. Il est culturel. Le hors-système n’est qu’une autre culture, matériellement anéantie ou théoriquement niée, ce qui revient au même puisque les définitions sont fabriquées par le système des valeurs dominantes.


    Un « idiot utile » ne peut être un opposant radical ou un révolutionnaire du seul fait qu’il se serait auto-proclamé tel. Tout serait dans la proclamation, l’exclamation, la déclamation, la déclaration... Ce serait donc le système qui permettrait le discernement du hors-système. Deuxième raisonnement...


    Un dissident est défini comme un opposant et pourrait donc être fabriqué stratégiquement a contrario. La dissidence n’est pas la conséquence d’une négation, même si cette négation intervient comme signal de la « dissidence » éventuellement criminelle du système, comme celle par rapport à la simple humanité. Le dissident vrai ou « non-idiot », ne s’oppose pas au système, il refuse cette négation, mais ne la refuse pas par volonté de refus : elle est contraire à la dignité humaine. Un « dissident vrai » est donc le contraire d’un dissident : il ne se dissocie des actes négatifs du système. La dissidence n’est pas une identité ou une qualification, contrairement à ce que le système définit, par réduction logique. Aucun dissident vrai ne peut être défini a contrario. A contrario, on ne définit que des anti-, pas des hors- Troisième raisonnement...


    Le système ne résulte pas de la sommation des activités de ses membres : il n’est pas une théorie hégélienne. L’essence du système est pyramidale, réseauté en esclavage collatéral horizontal. Loin d’être une somme qui nous somme et nous assomme, le système n’est qu’une pure et simple soustraction : c’est le pouvoir moins l’ordre. Chaos « orienté » dans le sens de la chute du monde. Quatrième raisonnement...


    Le « hors système » n’est que tout ce qui n’est pas lui : plus lui ou pas encore. Le « hors-système » n’est ni un réseau ni une raison, mais quelque chose qui sonne et résonne dans le temps et l’espace, comme un chant, comme un instrument non instrumentalisables. Le hors-système est ce qu’il n’est pas, mais n’est pas pour autant définissable par lui, ou son contraire. Là est le « hors », l’en dehors de ce qui est au dedans du monde, nié par un système étranger à sa nature. Le système est ce qui est essentiellement défini par ce qu’il détruit.


    Non sytématiquement, Darkhaiker.





  • Darkhaiker Darkhaiker 13 novembre 2013 17:12

    Quelle distance parcourue entre l’existentialisme romantique impublié du premier Camus et la maturité poshtume inachevée du Premier Homme. Chacun ses retours aux sources. A celles du monde littéraire, il préféra quant à lui, de toute évidence, des sources sans retour. Merci pour la clarté de la démonstration.


    « ...lui comme une lame solitaire et toujours vibrante destinée à être brisée d’un coup et à jamais, une pure passion de vivre affrontée à une mort totale, sentait aujourd’hui la vie, la jeunesse, les êtres lui échapper, sans pouvoir les sauver en rien, et abandonné seulement à l’espoir aveugle que cette force obscure qui pendant tant d’années l’avait soulevé au-dessus des jours, nourri sans mesure, égale aux plus dures des circonstances, lui fournirait aussi, et de la même générosité inlassable qu’elle lui avait donné ses raisons de vivre, des raisons de vieillir et de mourir sans révolte. » (Le Premier Homme)




  • Darkhaiker Darkhaiker 17 octobre 2013 19:16

    La culture n’est pas la nation, même si celle-ci se définit essentiellement par cela, et même et surtout si la culture est sociologique : dans sa sociologie, des éléments « spirituels » ou « métaphysiques »

    coexistent avec des éléments plus « ethniques » ou « populaires », comme l’a bien monrré Simmel.


    Si tous ces éléments sont manipulables ou évolutifs, il y a des noyaux de cristallisation auxquels on ne peut toucher, sous peine de trahir et dégénérer « l’essence » d’une culture : exemple : l’utilisation faite par les nazis de Nietzsche, ou à un autre niveau, d’une certaine culture scientifique.


    Mais l’existence d’une culture « dégénérée », comme celle du nazisme, ne tombe pas d’un ciel positivement métaphysique : elle tombe du ciel métaphysique « négatif », nihiliste. Celui qui nie le sens de la vie, non pas en ce monde limité par l’homme et ses fantasmes de puissance, mais au niveau « universel », de la raison d’abord et de la fraternité (« désastre de l’intelligence » et « mourir solitaires »).


    Ce qui s’oppose, ce ne sont pas deux pays, ou même deux cultures, mais d’une part, un certain humanisme, et d’autre part un humanisme inhumain au nom de l’humain, dont sont revenus d’ailleurs des gens comme Ernst Junger, allemand remarquable ayant fait le tour de la culture allemande en profondeur, pour reconnaître, comme Nietzsche et bien d’autres allemands, « la lumière de midi », venue de méditerranée.


    Mais j’aime votre article, il est humain, au sens plein et noble, malgré un antinationalisme communiste fraternitaire, à la fois plein de tendresse humaine et de ressentiment pour une culture française parfois très arrogante, quand elle ne fut pas, alliée au nazisme, criminelle. Cependant, un cercle a un centre, qui ne peut être partout et nulle part. Et je ne crois pas que l’on puisse mélanger, même avec un romantisme que je comprends, quand on se bat, centre et circonférence.


    Quand Camus parle d’esprit, je ne crois pas vraiment qu’il parle de la France, pas plus que Bernanos ne définissait celle-ci par un territoire, pas plus que beaucoup, parfois à tort, considèrent encore la France comme un « pays » phare, non de la prétention, mais d’une certaine intelligence « sensible », non pas « universalisante » au sens normatif impérial, mais ouverte aux cultures essentielles du monde et de l’esprit, et de leur liberté. Je crois que si quelqu’un aimait l’esprit, c’était bien Camus, contre un certain « esprit national ». Ce qui est certain, c’est que Camus était pour un certain « métissage », physique et spirituel, et admirait, pour cela, le Brésil.


    Mais le problèmes est ailleurs : dans l’affrontement de deux humanismes, dont l’un, et vos citations le montrent bien, désespère de tout, sauf de l’ordre donc, et considère que l’ordre prime sur l’injustice, et l’autre, qui considère que le désordre est la première injustice, comme l’injustice le premier désordre. Il n’y a pas à choisir : ordre et justice ne peuvent être qu’interchangeable. Goethe, là dessus, s’il impressionne les allemands, n’est pas impressionnant pour un esprit « français », d’Algérie ou d’ailleurs.


    En ce sens, l’esprit français, par exemple celui que Nietzsche admirait chez Pascal, n’est pas une logique, ou un esprit de logique (culturelle, nationale...) mais une disposition, un état, une attitude

    humaine d’esprit, un choix qui pèse et équilibre entre logique et intuition, plus qu’un raisonnement existentiel malheureux convaincu d’en finir avec le mal. En finir ? Là est l’illusion et l’idéalisme, pas ailleurs ! Le mal n’est pas « en l’autre »...l’ennemi de convention déterministe, il est entre les deux, « interposé », immiscé, infiltré, insinué, construit culturellement, ou plutôt, contre-culturellement...en général.


    Le malheur du monde s’équilibre en un seul instant, d’une intensité « première » ou ultime, face au destin, ni juste ni injuste, puisque l’injustice, là, commence avec le refus. Camus a bien montré que la bonne façon de la refuser, c’est de ne l’accepter que pour la dépasser, donc d’avoir une relation de judoka avec elle, pas de social kamikaze.


    De Manouchian dans sa lettre, je retiens : « Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. »

    En ajoutant : le plus difficile reste à faire : savoir, sans se tromper, qui est ennemi, qui est traître, ce qui effectivement, n’a rien à voir. Et je vois, qu’avant de mourir, il l’a parfaitement vu, dans un sentiment d’humanité à la fois tendre et dur, ouvert et fermé...l’inconciliable et l’irréparable.


    Merci de votre article, même si, j’appartiens à « l’autre » camp.

    Un camp où, avant la « nazification », on savait respecter un ennemi pour sa bravoure morale, plus que pour sa force physique ou « animale », ce qui n’était d’ailleurs pas plus français qu’allemand, mais européen, comme l’esprit d’une certaine chevalerie. Ce que le désespoir fait irrémédiablement perdre, ce n’est pas l’idéal illusoire et romantique, c’est le positif concret entre deux hommes de chair et de sang, comme en comportent, hélas, toutes les histoires de guerre. Mais heureusement aussi : ce positif concret entre deux hommes est la preuve de l’inutilité absolue de celle-ci, seulement et seulement si on reste humain. Sinon, effectivement, il ne reste plus d’autre choix que la solitude de la trahison. Comme le comprit bien, aussi, Manouchian, je crois.


    Là où je vous rejoins absolument, c’est sur la haine. Mais je n’ai pas encore vu Camus en exprimer, même entre les lignes. Défendre une culture contre une contre-culture n’est pas, à mes yeux, en exprimer contre celle-ci. On peut aussi « défendre », comme Manouchian, par amour.


    Très cordialement, et peut-être fraternellement, si vous en voyez l’intérêt moral unique mais vital.







  • Darkhaiker Darkhaiker 15 octobre 2013 10:42


    « A mon avis, les solitaires sont aujourd’hui dans les partis totalitaires. » (Dernière interview d’Albert Camus)

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