• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Darkhaiker

Darkhaiker

Sans aucun élitisme, aller, toujours au mieux, vers un éclatement des modèles de représentation conforme, pour nourrir une réflexion originale ou authentique, sur des réalités qui ne trouvent pas d'écho dans des registres culturels dénaturés. Par la voie vivante et difficile, la plus désencodée possible, d'une parole poétique, citoyenne du monde, de haute fidélité et de haut vol, face à et par delà la complexité préméditée et négatrice d'une représentation avilissante de ce monde.
Facebook Darkhaiker
Pearltrees Darkhaiker
Blog Darkhaiker

Tableau de bord

  • Premier article le 21/03/2013
  • Modérateur depuis le 07/12/2013
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 8 42 64
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 14 14 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique











Derniers commentaires



  • Darkhaiker Darkhaiker 13 mai 2013 19:25

    Un titre formidable. Quelqu’un qui parle haut et clair en plus : c’est à ne pas y croire. Et qui parle de Chevalerie, par dessus le marché ! Ca existe encore ? Parler dans le désert n’est pas à la portée de tout le monde, aller au bout de ce désert non plus. Alors bravo !


    Retourner ce sentiment de perte irrémédiable sans sombrer dans nihilisme dominant, comment est-ce possible ? Jeter un oeil encore lucide sur notre histoire et en tirer le constat objectif de notre déchéance absolue. Accepter la vérité au bout de ce « désert de souffrance » pour mieux la combattre. Oui. Bravo. Parce qu’il faut combattre, n’est-ce pas ? Mettre les intellectuels du mensonge et leur industrie sale au chômage.


    Alors, O.K. Alinéa, chapeau bas, avant le haussement des coeurs ! Je m’incline et respecte ! Infiniment plus que les haussements d’épaules !


    Combattre, oui, mais pas n’importe comment. Il y a un foutu inventaire à faire, bien sûr. Mais l’espoir de guérison matérielle, c’est pour les morts. Les vivants vrais n’ont pas à penser : si nous ne retrouvons pas le stade animal de franchise en question, la vérité vraie est bien qu’il ne reste rien à vivre, à part du mensonge et du crime en quantité industrielle mondialisée pour mille ans..


    Il faut retrouver, quel qu’en soit le prix à payer, et il est plus grand que jamais, la vertu animale du non-mensonge. Cette vertu que la religion, puis la raison commerciale nous a arrachée. Le plus élémentaire constat est qu’on ne peut, en tant qu’humain, survivre à cette ablation que sous perfusion intellectuelle narcotique, sans éviter pour autant la folie d’un l’effondrement anthropologique central , celui que stimulants et calmants masquent et retardent en vain depuis trop longtemps.


    Aucun idéal ne nous sauvera plus des conséquences du désastre orchestré.

    Aucun réalisme non plus. Aucune logique, aucune idée, aucun sentiment, aucune négation, aucune affirmation. Il est beaucoup trop tard sur la voie que nous avons prise. Celle de considérer la nature naturelle comme une maladie honteuse.


    Je parle de sauver nos âmes, bien sûr, pas nos carcasses qui iront dérivantes, d’échouages en réparations, en récupérations, en reconstructions, comme un bateau ivre, du haut des montagnes russes d’un océan objectif matériel pour retomber aux gouffres subjectifs de l’absence d’unité d’être et de vérité commune, consentante et ardemment souhaitée.


    S’il est trop tard sur cette voie dévoyée, celle d’une culture corrompue et vendue, dépecée à la hache de barbaries intellectuelles déchaînées pour en faire le menu slogan de l’antinomisme automatisé pour mannequin mu et promu à la jalousie et la haine sociales, dans le massacre industriel des intériorités vivantes et de ce qui les remplit de vraie vie.


    S’il est trop tard de ce côté là, il est l’heure pour un autre côté, subtil et vierge au sein même d’un corps violé à mort, mais d’autant plus sanctuaire supérieur en quelque sorte. La renaissance n’a rien à voir avec la reconstruction psychologique, qui fait partie de l’équipement normalisée de survie dans l’abject. La liberté n’est pas un kit intellectuel de guerre de tranchées civilisationnelles.


    Cet autre côté est celui du sacrifice du corps comme l’offrande et suprême même du refus. Celui que chaque animal un jour fait, d’une façon ou d’une autre, mais consentante et apaisée, au monde, pour renaître transfiguré ou transformé, selon la profondeur du choc subi. Dans la plus grande confiance en ce monde qui est secrètement lui et en lui.


    Tant que nous n’aurons par retrouvé le goût animal d’aimer et respecter, de sentir et ressentir, prouver et éprouver, celui du silence et de la ruse sans méchanceté, la naïveté qui donne tout sans réfléchir à qui a besoin, celui de l’enfance, animale, sensitive et éveillée, intuitive et intraitable, indomptable et fidèle sans soumission au présent, instinctive et intrépide, celui de l’intelligence sans calcul ni raisonnement, qui prend sans prédation.


    Cette innocence imprenable et indéterminable, cette simplicité naturelle d’être sans y penser, cette éthique de vie aventureuse sans conscience morale ou sociale mais qui est l’expression de valeurs supérieures reconnues et souhaitées par le coeur et l’esprit de toutes les traditions vraies du monde humain et même animal, notre maître de sagesse contre la folie des maîtres du monde.


    Tant que nous n’aurons pas retrouvé ce Graal dont on nous dit qu’il n’existe pas, qu’il n’a jamais existé et qu’il n’existera jamais, et que nous croirons intellectuellement à ce mensonge, nous serons aussi morts qu’un Roi Fou. Tant que nous aurons perdu, et accepté de perdre la nature et notre nature-propre, nous serons aussi morts que cadavre livré à la morgue des regrets. Aussi morts que Dieu.


    Tant que nous n’aurons pas retrouvé la paix de la guerre, nous ne serons que le mensonge de la vérité. La vérité est le plus haut risque. Le plus haut risque se décide en soi contre le moi, il ne se voit pas, il ne se dit pas, il est non contre, mais tout contre la grandeur, l’honneur, la confiance, un esprit au goût animal, que l’on a trop longtemps fait passer pour le mal. Assez de mensonges et la vérité reviendra, comme le Printemps !






  • Darkhaiker Darkhaiker 18 avril 2013 11:45

    Archibald,

    Quelque chose est définitivement cassé. Une « nouvelle culture », une culture de synthèse (et quelle synthèse !) attend sa mise en place dans les esprits, après un décervelage généralisé et progressif adapté, en synergie avec une démoralisation générée par une crise économique orchestrée pour abattre les dernières résistances.

    Un certain transhumanisme est en route partout et nos cerveaux lobotomisés n’y résisteront pas plus que les cultures authentiques, sabotées depuis trop longtemps. Nous commençons à réaliser, au milieu des ruines, chaque jour plus étendues, les ravages de l’intégrisme modernisateur sur un monde en état de choc. Les identités et les repères sont anéantis, paralysant du même coup les facultés de penser, de comprendre et d’agir conformément à des principes solides et éprouvés.
     
    L’estimation des dégâts est encore impossible puisque la guerre culturelle est généralisée, y compris dans la destruction programmée et précise des outils d’appréciation ou d’approche : du langage aux logiques, des théories aux pratiques. Globalement, fumées et brouillards, trous noirs et amas de décombres ont envahi tous le champ, et surtout l’intellectuel. A ne plus savoir, dans un monde réduit aux propagandes, où sont les diversions et les vrais théâtres, à commencer dans nos propres cerveaux, lavés en permanence.

    Dans ces conditions, il n’y a d’alternative, face à la destruction-inversion des valeurs, que dans des réévaluations ordinaires responsables affirmées pour et par des actions ordinaires responsables affirmées, non violentes mais déterminées à aller jusqu’au bout.

    Peu importe les idéologies ou le champ de bataille : au milieu des ruines, la vie continue, qui doit traverser les feux croisés, les terreurs et les horreurs, les perversions et les inévitables dévoiements.

    Il y a un moment où la pensée doit se taire et faire place à ce qu’elle prétend remplacer et effacer. Ce moment ouvre la parole ordinaire citoyenne et l’action ordinaire, hors des débats, des mots d’ordre, des mises en scène de la réalité et de nos vie.

    L’important est de traverser au mieux, de traverser tout ça comme autant de leurres et anecdotes trompeuses, en tout cas non fiables, comme on traverse une vie devenue champ de bataille. Dans l’épidémie psychologique, on soigne comme on peut : l’objectif est la sortie de la vague, pour reconstruire : on ne construit rien sur un champ de ruine, ni sur la guerre de tous contre tous. Traverser l’enfer et sa saison.

    Je pense à la Peste de Camus.

    Je pense ici très fortement à Notre Dame des Landes, qui malgré ses défauts, (mais nous ne sommes que des hommes,) et à toutes les actions de vie, partout dans monde, qui lui ressemblent, à un niveau ou un autre.

    A ce qui se lève là, comme ailleurs, et finalement depuis toujours, comme un espoir sans illusion, comme un vague profonde, minuscule au départ, de soin et de bienveillance pour une terre aussi martyrisée que les esprits, avec cette volonté tranquille de la défendre jusqu’au bout. Et je crois bien qu’elle survivra aux formes provisoires, pour labourer des esprits semi-stérilisés de force et les ré-ensemencer.

    Je pense aussi à Simone Weil, au déracinement tragique du monde et à l’inéluctabilité du ré-enracinement prochain, plus forte que toute fin, programmée dans une illusion criminelle plus irresponsable que viable, ou même seulement crédible. La Résistance n’est pas un concept. Nous pensons à Bernanos et à Owell, parmi d’autres (Huxley, ou plus prés Michéa...).

    Fraternellement.
     



  • Darkhaiker Darkhaiker 26 mars 2013 23:19

    Claus,

    Merci de votre convergence. Et merci d’abord de m’avoir obligé à approfondir certains points. Je suis en accord avec ce que vous dites et avec votre combat, que je respecte et partage malgré des différences trop simples.
     
    Je ne connaissais pas cette référence de Camus au grand Emerson, référence qui, en elle-même, ouvre aussi une porte...Mais le monde des mousquetaires chercheurs de vérité est beaucoup plus exigu qu’il n’y paraît.

    Je ne doute pas une seconde de l’intérêt de ce que vous allez poster la prochaine fois et serais heureux de participer au débat. A la condition toutefois de bien vouloir me signaler votre article (par la boite mail du site darkhaiker, si vous n’avez pas d’autre moyen) : les noms des rédacteurs n’apparaissent pas sur la liste de diffusion, et mes lectures sont parfois trop aléatoires.

    En attendant je vous souhaite le meilleur voyage.

    Cordialement.



  • Darkhaiker Darkhaiker 25 mars 2013 17:05

    Cher Claus,

    Je risque de vous décevoir en vous disant que je n’ai aucun engagement citoyen précis si ce n’est Darkhaiker, que vous pouvez considérer comme un plan « philosophique », derrière son apparence, ses interventions (selon le hasard et la nécessité), son site ou son Pearltree.
    Si la vie n’est pas un engagement de chaque instant, je ne sais pas et ne veux pas savoir ce qu’elle est, ni ce qu’elle vaut, ni ce qu’elle veut : je laisse ça aux esprits experts qui peuvent se passer de leur nature pour être ce qu’il deviennent inévitablement, par suite de ce non-engagement.
    Il faut de tout pour faire un monde et au moins autant pour le refaire.
    Pour ma part je n’ai qu’une façon de voir, que je pratique absolument, très relativement.
    Comme toute personne « raisonnable », j’ai quelque difficulté à vivre en ce monde « déraisonnable », au sens plein et vide du terme, sans autre « prétention » qu’un geste, ou une parole, précis et assumés dans la vie de ce monde réel, et notamment celui de l’Internet.
    Vie très virtuelle donc dans ses actes, mais que je considère néanmoins comme plus réelle que la « vraie vie » (dite matérielle), comme le dernier lieu et terrain d’action et de réflexion le plus concrètement libre qui soit. La lutte réelle consistant donc à défendre en temps réel ce lieu utopique autant qu’un Notre Dame des Landes intérieur, sans lequel celui reste sans réponse humaine.

    L’objectif n’est pas tant d’exprimer littérairement que de dire le plus « efficacement » possible ce qui est (réel, désirable, inacceptable ou souhaitable, possible, nécessaire, humain ou pas...), sans pour autant faire de leçon explicite ou morale ni même philosophique, au sens académique ; donc que cela passe par une forme ou une autre, sans plus de préjugé, quelle importance ? Ce sont les choses dont on parle qui comptent.

    En ce sens, je rejoins une partie de vos préoccupations : nous n’avons pas le temps d’être parfaits pour être ou dire ou faire. J’irais même plus loin en demandant si tout ça est vraiment nécessaire, cette compétence-perfection supposée, quand on ne veux parler que de ce qui est, parfaitement ou imparfaitement, pour être « crédible ». Je me moque du crédit : l’être n’est pas de la monnaie, de l’avoir ! Le savoir- faire vient en faisant, comme pour l’être-là.

    L’important est cet être-là qui fait tout, même si on le pré-voit trop matériellement impuissant : l’animal encagé perd-t-il pour autant ses « qualités » ? Sauf à être reconditionné, reprogrammé, non.
    En ce sens le combat est assez simple de refuser absolument et inconditionnellement cette possibilité-là au nom même de ce qui est qualitativement et spontanément « heureux » : le bon « heur » sans recherche. Il y a là un principe d’autonomie non rationaliste, important pour garder une raison d’être face à l’absurde. Elle se fonde sur le non-absurde, qui n’est pas une négation, mais la position naturelle et « normale » contre laquelle l’absurde se construit en nous, contre nous-elle.

    Donc, et pour en finir sur ce thème, la langue, sans être une fin en soi, est pour moi le premier être pour tous, le premier bien commun. En ce sens elle mérite un minimum de respect, non souillé de je ne sais quel purisme ou puritanisme : je parle de langue libre (libérée des codes entrecroisés qui réduisent et séduisent la parole spontanée). Bref il s’agit d’une des premières imprescriptibilités du droit humain, autrement important finalement que celui de penser, quand celui n’est plus qu’une théorie ou une autre.

    Cette libération ne peut évidemment pas être seulement un jubilation ou un moyen, si l’on n’est pas conscient ( ou sensible à) de la fin immédiate lointaine de ce qui doit être dit ou suggéré. Pour faire court, Darkhaiker n’est qu’ une sorte de militant d’une certaine poésie universelle non universaliste, éternelle non conservatrice. Là est la limite de ses forces, qui force au respect de sa raison pratique tout en la bornant à un minimum d’ouverture, de par ce fait. Une limite qui ne permet pas de passage est un obstacle, ou un adversaire, en soi, regrettable. Discerner n’est pas distinguer.

    Ainsi tout approfondissent concernant Darkhaiker, ne passe que par ses textes, avec leur qualités et leur limites revendiquée, mais cependant non justifiées systématiquement ou par principe.
    Ce sont des textes libres citoyens du monde qui vont leur chemin, circulant totalement, par leur esprit, leur diffusion. Des pierres virtuelles pour un monde nouveau, mais très modestement, comme chacun peut en faire autant avec ses qualité propres s’il le veut (bien que pour continuer à être nous n’ayons pas vraiment le choix de nier ce que nous sommes, à l’envie ou au désespoir : on fait avec ce que l’on est). Ils cherchent aussi à donner envie d’exprimer le monde pour et par chacun, sans discrimination ni objectif extérieur à ce monde, si menacé par l’aspect matériel de son idée fausse. Voilà !

    Maintenant je dois dire que je suis touché par votre rapprochement avec mes vues, et même votre reconnaissance, qui ne doivent pourtant pas faire oublier le mien avec les vôtres, et inversement, depuis le début, dans la perspective de l’éclairage que vous avez heureusement initiée dans votre recherche sur la « notion » de courage, qui me semble en effet, tellement essentielle dans l’aujourd’hui « contemporain »...
    Courage perdu (comme résultat logique d’un calcul fermé) tellement difficile à retrouver, dans la puissante confusion intellectuelle qui nous caractérise, à l’intérieur d’un enfermement invisible d’impuissances réelles conjuguées.

    A cet enfermement invisible, je ne pense pas que le courage consiste en une réponse trop visible, mais plutôt en des actes probants et « non crédibles », gratuits, : ils définissent en négatif une crédibilité d’intérêt qui n’existe plus, et dont il faut désormais se passer, pour revenir à une humanité plus « première », non pas décomplexée par le retour à une barbarie imaginaire, (comme celle qui, parallèlement, se profile derrière la crédibilité ordinaire du désespoir), mais par un retour aux sources de notre humaine raison (raison ordinaire comme le « common sense » du grand Orwell, par exemple), et qui est la vraie matrice d’un sentiment existentiel conscient et concret, non volontaire mais désiré, non construit (pensé, mythifié) mais donné, qui se découvre dès que le bruit extérieur cesse.

    « L’art commence là où la pensée s’arrête » disait Camus.

    Rassurez-vous, le « non-être de courage » nous définit tous, et personne en particulier, quand nous n’avons pas courage d’être ce que nous sommes, avec nos limites d’hommes, celles qui ne font pas de nous des robots déraisonnablement productifs et raisonnants.
     
    C’est pourquoi le courage est aussi une question de lucidité, et d’honnêteté envers soi, dont je vous remercie, quand celui de l’autre s’ajoute au mien et inversement (je pense ici aux Alcooliques anonymes, dont les cercles de discussion sont moins de confessions douloureuses que d’acceptation conditionnelle d’un dévoilement de soi, dépendant moins du calcul que du nécessaire lâcher-prise d’une prétendue maîtrise, du et au fond d’un esclavage ou d’une dépendance, d’abord psychologique), rendant tout jugement entre égaux ridicule et malsain, sauf dans le respect. C’est l’humanité que fait les égaux, non les principes péréquateurs de pseudo compensation calculées au plus ou moins...dérisoirement « juste » !
    Déserton les pouvoirs si nous voulons voir.
    Ainsi, là comme dans votre article, nous sommes bien dans une recherche, où l’intérêt est de trouver pour tous, donc pour personne en particulier, mais aussi de non disposé. Dans cette recherche, il n’y a pas de malheur : il n’y a que du bonheur, de la dignité.

    L’objectif n’est pas d’être novateur mais de trouver le neuf – du réel – qui n’a jamais pu vivre, et de le libérer du vieux rêve éveillé qui nous endort. C’est ce neuf qui nous fait la leçon, pas nous, prisonniers du vieux monde...Le seul maître c’est la situation, (pas les sartriens, ni les situs) disent les orientaux, pas celui qui vit dans l’illusion d’un viol fantasmé, dont il serait l’ordonnateur et le bénéficiaire officiel. On ne maîtrise pas plus la nature que c’est elle qui nous maîtrise heureusement.

    Cordialement.



  • Darkhaiker Darkhaiker 24 mars 2013 14:37

    Cher Claus,

    Heureux de votre volonté de confiance mutuelle : sans elle il n’y a rien (situation actuelle fabriquée du monde et de l’en soi : si je n’ai pas confiance en moi, comment en avoir dans l’autre et dans ce monde ?).

    Pour la communication, je n’ai aucune inquiétude : on peut communiquer à travers des langues différentes, si l’attitude est convergente et bienveillante (image d’un blanc « déserteur » débarquant au Nouveau Monde, dans l’inconnu...). Je ne pense donc pas que l’on doive mobiliser quelque effort que ce soit pour entendre quelqu’un, pas plus que pour le voir. Ceci peut être un autre débat.

    Pour ce qui est du partage des vues entre nous, même si ce penseur devient de plus en plus l’objet de tentatives de récupération politico-médiatiques, il y a au moins l’éternel Camus, sans doute l’un des poètes en prose français les plus importants du siècle 20.

    Rien n’a raisonné de vous en moi comme une suffisance ou une prétention : ce que l’on prétend n’est que ce que l’on met (justement ou injustement) en avant. Railler, ne peut être qu’un déraillement stérile. Non seulement on y perd de la hauteur, mais de l’efficacité, cette vertu si moderne. Plus classiquement, il n’y a pas d’efficacité sans distance bienveillante.

    Je n’en sais pas plus que vous sur le courage mais j’ai l’expérience de ce qu’il n’est pas, et ne pas montrer ce non-être serait négationniste, dans le cadre d’un débat, plutôt que sur un plan personnel. Puisque sur ce second plan, le premier courage est bien d’être soi-même, non la pâle copie d’une idée ou d’un autre, si exemplaires soient-il.

    Si je réponds à votre article c’est bien à partir de votre constat d’enfermement, que je partage. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une impression : rien ne sera jamais plus vrai. A partir donc de cette certitude absolue (non relativisable rationnellement, par ceci ou cela), il ne peut y avoir, comme vous le disiez, qu’une sorte de projet, de projection vers un « au delà » de cette situation. Donc, pour ce qui est de lutter, il vaut mieux le faire contre une vraie négation de la liberté que contre une impression de non liberté.

    Faire confiance à cette impression-là renforce le courage, sisyphien seulement en apparence :

    « Cet univers désormais sans maître ne lui PARAÎT ni stérile, ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets SUFFIT A REMPLIR UN COEUR d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

    Ainsi, la meilleure façon de résister aux raisons d’un découragement n’est-elle pas de reconnaitre leur « irréalité », au sens scientifique du mot ? Leur objectivité n’étant qu’une construction psycho-logique « imposée », donc une des sources du sentiment d’enfermement visé ? Et de méfiance de soi ? Puis de haine... ? (toujours visée !).

    Donc ce que je veux dire, c’est que l’important est aussi de voir ce qui est réel ou pas, ensuite, à partir de ce qui l’est, d’affronter le regard fantasmatique ou fanatisé d’autrui, ainsi que la complexité imaginaire d’un monde en voie de « déréalisation », à moins que ce ne soit la même chose...Projet sans projection mais non sans courage.

    Cependant il ne s’appuie pas sur une idée de soi-même, ni de l’autre (ce qui est la même chose). Il n’est que spontané et naturel lui-même. Ce qui ne veut pas dire qu’il est incompatible avec un projet idéal conscient et rationnel, qui va dans le même sens, qui converge sur un autre plan, ils ne sont que deux faces.

    Dans ce sens là, cordialement, et au plaisir de vous lire dans débat ouvert.

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv