@Decouz Autre aspect pour les chrétiens, il y a une forme de remords car la théologie de l’Eglise a souvent été hostile au judaïsme, avec des nuances, mais le véritable Israël c’était le christianisme, les Juifs étaient restés attachés à la loi sans comprendre l’Esprit, ce qui est faux bien sur puisque si l’accent est mis sur la Loi, il y a aussi un ésotérisme, mais dans la compréhension générale, le judaïsme avait mauvaise presse, depuis Vatican II tout a changé, et selon certaines interprétations l’ouverture aux autres religions était secondaire ou venait après l’ouverture au judaïsme, les Chrétiens se sont sentis responsables de la Shoah (je généralise mais c’est pour expliquer certains comportements) et donc d’une manière tout autant abusive ils ont oublié des siècles de condamnation théologique.
Le sionisme chrétien, soutien fervent d’Israël et de la politique américaine concernée, mais dans un but étranger au judaïsme ou à la judaïté :
« Les plus forts soutiens à la politique actuelle du gouvernement israélien se trouvent parmi les chrétiens évangéliques américains. À partir d’une lecture littérale de la Bible, ils dénient toute existence d’un État palestinien. Leur vision est à la fois créationniste et eschatologique : il faut hâter l’arrivée de la Fin des temps. Elle n’est pas philosémite : au terme, les Juifs qui ne se sont pas convertis au christianisme seront détruits. »
@Eric F Article de Moshe Zuckermann, université de Tel-Aviv :
"Il y a bel et bien une distinction à souligner entre sionisme religieux
et sionisme politique moderne. Là où le sionisme religieux repose sur
l’aspiration idéale vers Sion,
convoitant la rédemption de la vie diasporique par la venue du Messie en
un avenir inconnu, n’entraînant aucune conséquence immédiate sur la
montée réelle vers Sion, le sionisme politique s’est fondé, dès son coup
d’envoi, sur la négation pratique de la Diaspora«
»si que les menaces auxquelles ce pays est confronté de l’intérieur comme
de l’extérieur, il est certain que le projet sioniste de l’État
israélien ne sera en mesure de durer sur le long terme qu’à la condition
de relations pacifiques avec ses voisins et de l’intégration
constructive dans la région où le sionisme a choisi de réaliser son
rêve. Il n’est pas certain que la majorité des Israéliens sionistes ait
compris cette vérité simple mais manifestement très difficile à
réaliser. "
Dès 1877, Lord Shaftesbury, millénariste évangélique, voit en la Palestine « le moyen le moins cher et le plus sûr » de sécuriser la Route des Indes, au profit de Sa Majesté. « Proto-sioniste victorien »
passionnément chrétien, comme le qualifie l’autrice, le parlementaire
et journaliste Laurence Oliphant propose, au dernier quart du XIXe siècle, de conquérir la « Grande Syrie » — territoire qui correspond aujourd’hui à la Syrie, au Liban, à la Jordanie et à la Palestine — en y imposant « le
même système que nous avons adopté avec succès au Canada à l’égard de
nos tribus indiennes, qui ont été confinées dans leurs réserves et
vivent ainsi en paix ». On appréciera le « nos tribus »…
Oliphant méprise les juifs d’Europe de l’Est, ces pouilleux
qui fuient alors l’empire tsariste. Quant à ceux qui commencent à
s’installer en Palestine, ils « ne sont que des instruments pour réaliser la prophétie et parvenir à la rédemption des Européens chrétiens ».
Mais à l’époque, l’Angleterre n’est pas seule à s’intéresser à la
Palestine. En France, Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, propose
à Napoléon III (1851-1870) de mettre la main sur le Proche-Orient et d’y installer « un petit État hébreu qui, tout en étant sous protection internationale, relèverait de la France"