D’ailleurs, concernant Prigogine, celui-ci connaissait très bien et personnellement Poutine. S’il pensait sa vie en danger, il serait parti le plus loin possible... et même encore plus loin. C’est ce qui me fait douter depuis le début de la version, on va dire, facile, de son assassinat par Poutine.
Même chose pour Navalny d’ailleurs. S’il pensait vraiment avoir été empoisonné au novitchok et risquer sa vie en retrouvant la Rodina, (qu’il connaissait bien) jamais il n’aurait remis un orteil en Russie. Par contre, il semble qu’il était plus utile mort en martyre que vivant pour ses sponsors, ce qui, par contre, explique très bien son retour même s’il savait qu’il serait emprisonné directement à sa décente d’avion.
J’ai lu des témoignages d’hommes d’affaire occidentaux à St Pétersburg à cette époque. Leurs contacts leur ont tous dit : « Allez voir Poutine, c’est le seul qui examinera vos projets sans demander de pots de vin ».
Vous me direz : c’est témoignage contre témoignage.
Et vos source proviennent de l’université de Miami... Donc du cœur même de l’Empire qui a lancé sa croisade contre la Russie.
Et que ferait Poutine de sa fabuleuse fortune ? Ses filles sont diplômés et vivent de leur métier dans un quasi anonymat, il ne semble pas avoir de Yacht ou de somptueuses propriétés en dehors de celles mises à sa disposition par l’État russe (comme Brégançon ou Rambouillet pour le président français).
Pourquoi l’appareil d’État russe aurait choisit un homme notoirement corrompu pour redresser un pays gangrené par la corruption ?
Je suis bien certain que Poutine a bien des défauts, mais je ne pense vraiment pas que la vénalité en fasse partie.
Il est extrêmement difficile de démêler le foutoir russe des années 90. Qui commandait quoi, qui dirigeait qui. A cette époque, des agents du FSB servaient en parallèle d’hommes de main de la mafia. D’ailleurs votre histoire à Riazan, je l’ai entendu raconté à propos de Moscou (un gars qui emplis des sacs de « sucre » dans une cave etc...). Êtes vous vraiment sûr de sa véracité ? Et puis, comment passer inaperçu en trimbalant des sacs de sucre en pleine disette...
Je ne vois pas comment le mafieux Litvinenko aurait pu avoir des connaissances de quoi que ce soit concernant ces supposés opérations... Ou bien le FSB est une vrai passoire emplie de gens qui parlent à tort et à travers, ou les agents devises d’opérations ultra secrète autour de la machine à café sans aucun cloisonnement... . Des types fréquentant la mafia russe et pas nets du tout se font butés, et donc, forcément c’est parce qu’« ils savaient »...
Prigogine, on ne sait rien. Je suis parfaitement au courant de sa tentative ridicule qui l’a, d’ailleurs ridiculisé. Encore une fois, si Poutine voulait s’en débarrasser, il avait une montagne de moyens légaux de le mettre à l’ombre jusqu’à la fin de ses jours.
Je ne suis pas un admirateur de Poutine, qui encore une fois a sûrement bien des défauts, mais encore une fois cette propagande ridicule m’énerve. Eltsine était parfait quand tout partait à vaut l’eau, et Poutine qui redresse la situation est un monstre. Comme par hasard.
Vous avez des preuves de ce que vous avancez ? Parce que la réputation de Poutine lorsqu’il occupait un poste administratif à St Petersbourg était justement d’être le seul fonctionnaire intègre de la ville. C’est cette incorruptibilité supposé qui l’aurait fait choisir par l’appareil d’État russe pour succéder à Eltsine.
Il n’y a aucune preuve non plus que les attentats d’août et septembre 99 ont été l’œuvre de Poutine ou des services russes. Par contre, les wahhabites tchétchènes les ont bien revendiqués. Cette histoire abondamment relayée par la presse occidentale (y compris le Monde Diplo, qui, parfois mais rarement, déçoit) n’a d’autres fondements que des rumeurs qui ont parcourues Moscou à cette époque.
Pas plus de preuve de l’assassinat de Prigogyne par Poutine. Qu’il ait fortement déplu au Kremlin (euphémisme) ne suffit pas. Il avait évidemment d’autres ennemis, et Poutine aurait pu le mettre en taule ad vitam æternam d’un claquement de doigts.
Quand même très à droite et très néolibérale, Anna Politovskaïa.
Pendant la campagne des présidentielles en France en 2002, elle avait publié un article assez délirant dans Novaïa Gazièta sur le danger terrible pour la France si Lionel Jospin, un ancien trotskyste, arrivait au pouvoir... Révolution bolchevique en vue avec Jospin aux manettes..
Je ne suis assez convaincu que la reprise de contrôle par le gouvernement russe de VV Poutine et l’État russe des industries et des matières premières stratégiques ne lui plaisaient pas, et que ce désaccord est l’un des moteurs principaux de ses prises de position idéologiques (pas forcément désintéressées d’ailleurs).
Comme le souligne l’auteur, l’état lamentable de l’économie, de la population et de la société russe des années 1990 ne semblaient poser aucun problème à personne en Occident. Pensez donc, le grand démocrate Eltsine était aux manettes... On s’assassinait gaiement au centre des grandes villes russes, les journalistes tombaient comme des mouches, la population connaissait la disette et bientôt la famine, mais « la Russie était sur la bonne voie ». Puis, Poutine a commencé à rétablir la situation, et c’est lui qui est devenu un problème...