Et puis cousinage de la population de l’Ouest de l’Ukraine avec les Polonais, surement pas !
Dois-je vous rappelez que si les Polonais font mine de s’indigner aujourd’hui des héros que s’est choisis l’Ukraine, c’est parce que lesdits héros ont massacré 150 000 Polonais qui vivaient dans l’ouest de l’Ukraine actuelle (en plus des Juifs, et d’autres). Le reste de la population polonaise, importante dans ces territoires, a fui. Lvov était quasiment une ville polonaise, les Polonais y était majoritaire en proportion. Tous ont été tué ou ont fui.
On comprend la fureur de la Pologne vis à vis de Kiev. Ce qu’on ne comprend pas, c’est pourquoi maintenant...
Sauf que... Comme je l’ai écrit, le « bandérisme » au pouvoir en Ukraine, ça ne date pas d’hier. Ça date de 2014. Et les Polonais ne pouvaient déjà pas l’ignorer à ce moment là.
Donc, les Polonais jouent un drôle de jeu depuis longtemps.
Il y a eu de nombreuses accusations (pas dans la presse courante, on s’en doute) au sujet de l’attitude polonaise : les Polonais auraient, avec d’autres, poussés l’Ukraine à la faute (la confrontation avec la Russie), pour récupérer ses territoires perdues quand l’Ukraine s’effondrerait. Ces accusations venaient de milieux proches de la dissidence anti-néocons aux USA, pas de Russie.
Bien sûr, la Pologne n’était pas la seule à chercher une forme de confrontation avec la Russie, mais elle l’aurait fait avec des objectifs clairs. Ce qui est méritoire, d’une certaine façon, parce que les autres euronouilles, on ne sait vraiment pas pourquoi, primo, ils ont semé ce b*ordel, et secundo, ce qu’ils comptaient y gagner...
La Pologne se voit comme une grande puissance en Europe centrale, et s’est toujours vu comme telle, et agit en conséquence.
Quand à la peur que la Pologne aurait de la Russie, non. La Russie n’a aucune envie d’avoir des emmerdements avec les Polonais, les Russes ont déjà donnés, et les Polonais le savent très bien. C’est une posture qui leur permet de faire tirer aux Ukrainiens et aux Européens les marrons du feu. Les Polonais ont des objectifs géopolitiques très ambitieux, n’en doutez pas.
Je ne comprends pas bien pourquoi les Polonais se réveilleraient aujourd’hui.
Depuis 2014, tous les manuels scolaires ukrainiens glorifient comme des héros de l’indépendance ukrainienne Bandera et Choukhevitch (entre autres), qui ont chacun leurs avenues à Kiev.
J’ai vraiment du mal à imaginer que le gouvernement polonais ne sache pas depuis longtemps sur quels symboles s’appuient le nationalisme ukrainien, et que ce nationalisme est l’idéologie officielle de l’Ukraine post-Maïdan.
On néglige souvent dans toutes ces questions géopolitiques le rôle des opinions publiques. On néglige complètement le rôle de l’opinion publique russe, qui en avait ras le bol des exactions des banderistes, dans les raisons de l’intervention russe en Ukraine, et de même, peut-être le ras le bol de l’opinion publique polonaise explique aussi se revirement.
Et il y a peut être encore autre chose...
Malgré ce que l’on peut entendre et voir sur LCI et ailleurs, le front du Donbass est en train de s’effondrer, et la situation militaire est de plus en plus catastrophique pour l’armée ukrainienne. Kramatorsk est en train de tomber, et la situation n’est pas plus brillante dans la région de Kharkov. Les attaques massives de drones n’y changeront rien, comme les attaques de V1 et de V2 n’ont pas changées l’issue de la 2ième GM. C’est grand la Russie... Quelques attaques spectaculaires ne peuvent pas la mettre en danger. Les attaques russes sur les infrastructures ukrainiennes ne semblent pas avoir été déterminantes, les attaques ukrainiennes sur les infrastructures russes ne peuvent que l’être beaucoup moins.
Et donc, je me demande si les Polonais ne sont pas en train de préparer le grand projet qu’ils sont accusés de mijoter depuis longtemps : profiter de l’effondrement de l’Ukraine pour récupérer les territoires perdus lors du pacte germano-soviétique. Territoires qui sont, comme par hasard, les régions d’origine du nationalisme et des nationalistes ukrainiens les plus cinglés.
« il existe un contre-exemple massif à l’idée d’une incompatibilité intrinsèque ; La plupart des pays généralement qualifiés de « néolibéraux » depuis les années 1980 — États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Canada, Australie, etc. — sont restés des démocraties pluralistes avec des élections compétitives, une presse libre et l’alternance politique. »
Non. Absolument. Pas.
Aucun de ces pays n’a connu d’alternance politique. C’est droite néolib ou « gauche » néolib, au choix.
Bon, c’est pas pareil, c’est vrai, puisqu’on a le choix entre tout privatiser et péter les systèmes sociaux par un gouvernement de droite, ou tout privatiser et péter les systèmes sociaux avec un gouvernement de « gauche » aux manettes, et c’est pas pareil.
C’est beau l’alternance.
Le cas du Royaume Uni est particulièrement frappant : lorsqu’un candidat travailliste (Jérémy Corbin) de gauche (parfaitement modéré) remet sérieusement en cause le thatchéro-libéralisme, il se fait éjecter fissa par une campagne de presse sans précédent, avec au cœur d’icelle des accusations d’antisémitisme particulièrement dégueulasses et complètement bidons.
Étant bien entendu que Tony Blaire n’était pas du tout ni travailliste, ni de gauche.
Ils ont essayé et essaye de faire la même à Mélenchon, mais ça ne marche pas : Mélenchon, contrairement à Corbyn, n’est pas un gentil, ce n’est pas ce qui le caractérise. Il ne cède rien.
C’est Starmer qui a pris la tête du parti travailliste après l’éviction de Corbyn, éviction dont il est en grande partie l’organisateur. On peut constater aujourd’hui l’immense succès du premier ministre Starmer, esprit cultivé, fin, curieux... Non, je déconne, ça c’est Corbyn, Starmer est c*n comme une buche et court de désastre en désastre...
On ne peut s’empêcher de remarquer que dans ce premier quart de XXIème siècle achevé, pour être néolibéral après 50 ans d’expérimentation catastrophique, il ne faut pas avoir inventer l’eau chaude. Ou être complètement corrompu. Ou les deux, comme notre président bien aimé.
Mieux encore, chez les Yankees, l’éviction de Bernie Sanders suite à des fraudes massives aux primaires démocrates révélées par Wikileaks. Le gars qui a fait fuiter les document a été buté très vite, ça n’a pas trainé (Seth Rich), et Assange l’a payé très cher par des années de prison et d’isolement dans la merveilleuse démocratie d’outre Manche...
Magnifique stratégie du Parti Démocrate, en passant : on a eu droit à Trump n°1, alors que Sanders était donné gagnant dans tous les cas de figure par les instituts de sondages... Les « démocrates » se sont rattrapés aux branches en accusant la Russie des fuites de Wikileaks... C’est très pratique la Russie.
Aucun de ces pays n’a connu d’alternance. Quand vous entrez dans le cliquet néolib, très dur d’en sortir.
Ah, et puis j’y pense, j’ai failli oublier : l’Australie. J’ai la flemme de chercher sur les internets, le nom des protagonistes m’échappe, mais voici l’histoire : à la fin des années 70, un premier ministre de gauche (un social démocrate, un vrai, pas un bolchévique ni un P« S ») est élu, et aussitôt viré après un coup d’état organisé par la couronne britannique. Remplacé par un thatchéro-libéral qui va foutre l’Australie à genoux.
C’est beau l’alternance néolibérale. Vous avez le choix entre un politiciens néolib qui fait du néolibéralisme ou un autre politicien néolib qui fait du néolibéralisme.
C’est ça la « démocratie d’alternance », il faut s’y faire.