La lutte contre l’inflation est une obsession de rentier, comme Sannat. Il est sympathique, et je ne pense pas malhonnête, mais il n’y comprend rien.
Les rentiers ont intérêt à avoir l’inflation la plus basse possible dans l’économie réelle, pour pouvoir convertir leur capital dans le monde réel avec le meilleur rendement possible le moment venu.
Vous et moi, non. Si les salaires son indexés sur l’inflation (et il ne le sont plus, comme par hasard), vous et moi avons intérêt à avoir de l’inflation. Pourquoi ? Parce qu’une inflation raisonnable n’a que peu d’impact si les salaires suivent, et le cout réel des emprunts à taux fixe s’effondre. En fait, vous gagnez littéralement de l’argent en empruntant si les taux d’intérêt sont inférieurs à l’inflation. Situation qui a fait le bonheur de la génération de mes parents dans les années 70, des foyers modestes accédant à des propriétés qu’un cadre sup d’aujourd’hui ne pourrait même pas rêver de se payer.
Mais le rendement du capital était faible, les riches étaient obliger de placer leur argent dans l’économie réelle, et même d’investir dans des vraies entreprises s’ils ne voulaient pas voir fondre leur capital. L’enfer !
Heureusement, la Révolution Conservatrice, Barre, Thatcher, Reagan et leurs continuateurs ont redressé la situation...
Mais il y a peu d’injections de liquidités dans l’économie réelle. La BCE mène une politique déflationniste. La lutte contre l’inflation a été définie comme son rôle principal.
Il y a injection massive de liquidités sur les marchés financiers depuis 2008, et très peu de cet argent se retrouve dans l’économie réelle. Une partie pour acheter des yachts des mégas baraques à Malibu, mais c’est pas grand chose. La BCE et la FED injecte des quantités gigantesque de pognons sur les « marchés ». Mais ce que Sannat et autres libéraux ne comprennent pas, c’est que les « marchés » sont presque étanches par rapport à la sphère économique où vous et moi vivons. Il n’y a aucun lien entre l’inflation actuelle et la planche à billet des banques centrales.
La « finance » vie dans une gigantesque bulle spéculative, mais elle s’en fout, puisque si l’argent ne vaut rien sur les « marchés », il a gardé sa valeurs dans l’économie réelle... grâce aux politiques déflationnistes des banques centrales.
Et bien je ne suis pas d’accord. Contrepoint, c’est des néolibs, donc ils écrivent n’importe quoi.
Il faut quand même tortiller du fondement dans tous les sens pour arriver à conclure qu’une augmentation des couts de production n’augmente pas les prix, et que la hausse des prix est dû aux méchants gouvernement qui impriment trop de biftons.
En plus, il y a des maths dedans. Mettre des maths pour parler d’économie est suspect. Keynes (qui était un excellent mathématicien) disait qu’il n’en avait pas besoin, mais ne pouvait pas s’en passer pour être pris au sérieux.
Il est d’ailleurs reconnu par les économistes sérieux que la hausse continue des bourses et de la finance en général est en fait une bulle inflationniste, puisque les banques centrales injectent plein de pognon la dedans. Mais elles n’en injectent que peu dans l’économie réelle. La hausse des couts de production explique la hausse des prix, évidemment.
Après, est-ce que la hausse des prix est forcément de l’inflation, c’est une question de définition. Si on considère que l’inflation est une perte de valeur de la monnaie, la hausse des prix due à l’augmentation des couts de production n’est pas de l’inflation.
A vous de vous défendre pour ne pas être la dernière génération.
Critiquer le système par répartition alors qu’on est susceptible dans bénéficié, parce qu’on est pas sûr d’en bénéficié, c’est la garanti qu’on n’en bénéficiera pas, si trop de monde fait comme vous.
Ce n’est pas une chaîne de Ponzi, c’est une mutualisation. Comme la sécu, ou votre assurance. La même chose s’applique à une assurance : vous payez vos cotisations, mais qu’est ce qui vous garantit que si vous avez un problème votre assurance vous couvrira ? Ou qu’elle n’aura pas fait faillite entre temps ?
Et vous avez plus de contrôle sur votre retraite que sur votre assurance. En manifestant ou en ne votant pas pour les voleurs qui veulent piquer votre retraite.
agirc-arrco n’est pas un fond de pension. C’est un système quasiment bolchévique aux yeux de Blackrock et de ses semblables. C’est un système complémentaire sans but lucratif, comme les mutuelles, par exemple. Cependant, ce système est fragile et ne survivrait pas à une crise grave.
L’aspect démographique, on s’en fout. Ce qui compte, c’est la répartition du capital. Et cette répartition est de moins en moins favorable aux salariés (et c’est un euphémisme). La productivité a augmenté dans des proportions énormes depuis la mise en place du système par répartition. Un salarié produit beaucoup plus qu’il y a 50 ans, et son salaire n’a pas suivi en proportion. Donc, il y a des sources de financement autres. Et pas qu’un peu.
Et même avec la « démographie » seule, le système est à l’équilibre. Et même à l’équilibre à moyen et long terme selon certains économistes (non libéraux).
Que l’argent des caisses soit immédiatement dépensé garanti la survie du système, comme je l’ai écrit, mais vous ne l’avez pas compris de toutes évidences : en cas de crise grave, l’argent ne disparait pas et les conditions de financement sont les mêmes, crise ou pas. Pas de capital volatilisé par l’hyperinflation ou autre. Si tous le monde en ch.e, les retraités aussi, et lorsque ça s’arrange pour tout le monde, pour les retraités aussi. Votre retraite n’a pas disparu avec la crise.