• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

easy

easy

59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 21 3431 838
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 230 126 104
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 2 mars 2012 16:55



    «  »«  » L’esclave traditionnel vivait dans la sécurité alimentaire, le moderne « trime le ventre vide » «  »« 

    Ca peut sembler paradoxal ou exagéré mais c’est bien le cas.

    Pendant la haute époque de l’esclavagisme en Amérique, Guyane et Antilles comprises, les esclaves étaient achetés et leurs propriétaires avaient naturellement intérêt à les garder en bon état.
    Là-dessus, sont arrivés les »36 mois« . Il s’agissait d’Européens libres mais sans le sou ou faillis qui acceptaient de s’offrir, depuis la France, à des maîtres ou financiers ou entreprises aux conditions suivantes :
    Traversée financée par le maître, puis 3 ans de service gratuit sur place, puis libération de toute dette et octroi d’une parcelle de terre.
    Ca semblait jouable et beaucoup ont signé.

    Une fois sur place, ils ont découvert que leur maître ou sponsor les traitait bien pire que ses esclaves. Car la stratégie face aux 36 mois consistait à en tirer le maximum pendant cette durée et de les vider de toute énergie afin qu’ils ne puissent profiter de l’octroi de la parcelle et faire alors concurrence.
    Ces 36 mois ont tellement souffert que très peu ont réussi le cursus prévu. Beaucoup sont morts, se sont évadés et ceux qui ont tenu jusqu’au terme des 3 ans ont le plus souvent demandé à rentrer en Europe tellement ils étaient dégoutés.


    Nietzsche, qui n’a jamais travaillé à suer, avait tôt fait de comparer le travail en usine à de l’esclavage. Poser l’esclavage antique en repoussoir absolu est une erreur du seul fait que celui qui en était le maître avait dû investir et qu’il avait tout intérêt à le faire durer. C’est du reste pour cela que ce principe a tenu pendant des millénaires

    C’est le fait de l’interchangeabilité des individus qui permet de les traiter en kleenex donc de les essorer selon une stratégie assez subtile qui tient compte des réserves d’énergie (physique et morale) originelle que comporte tout organisme prélevé depuis un milieu où il vivait sainement. On voit très bien cette exploitation des réserves individuelles jusqu’au dernier jus dans Les raisins de la colère.


    Les clubs de foot, de basket, achètent un individu prometteur. Ils calculent eux aussi selon une stratégie de citron. S’il le pressent trop, ils ne peuvent revendre cher une épave. Ils jouent donc de finesse pour en tirer le meilleur jus tout en ne l’épuisant pas afin de pouvoir le revendre encore plus cher car semblant encore très prometteur.
    Oui, les clubs sont des esclavagistes mais selon une formule très proche de l’Antique. Et comme ils paient leurs joueurs très chers, ça donne une allure très reluisante au tableau. On aurait envie d’être à la place de ces surdoués du ballon tant ils sont bien payés et couvés.


    Tous les Mohamed Kemigue qui acceptent de se faire transporter clandestinement contre 2000€ sont bernés. A leurs yeux, depuis leur Afrique, ils ont l’impression qu’on les achète cher »Ouh la la, ça représente 10 ans de salaire ! Mon maître fait un gros investissement, je lui serai précieux. Il va me garder"
    Une fois débarqués en Espagne, les malheureux découvrent que 2000€ sont très vite amortis et que leur maître n’a aucun intérêt à les faire durer (surtout qu’il prend des risques judiciaires).
    Un trafiquant pris en train d’employer un clandestin depuis seulement 3 mois sera moins sanctionné que s’il l’utilise depuis 3 ans. Il a donc intérêt à pratiquer un turn-over rapide.

    Je crois que les Mohamed Kemigue qui auront survécu à la stratégie très courtermiste de leur maître ont bien de la chance car la plupart ont très probablement été tués après quelques mois d’épuisement maximum.
    Pas de témoins, pas de corps, pas de papiers, pas de recherches, pas d’enquête, pas de sanctions.

    Par méconnaissance, ces travailleurs kleenex, qui ne sont pas des esclaves, sont victimes des pires crapules et sont exploités à mort.



  • easy easy 2 mars 2012 15:43

    «  »«  »«  Désormais, le gouvernement canadien autorise le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) à utiliser, lorsque la sécurité des Canadiens est en danger, des informations obtenues par la torture. »«  »«  »

    C’est un retour officiel aux pratiques dites du Moyen-âge mais qui ont perduré officiellement jusqu’au XIXème siècle.


    Je disais sur un autre papier qu’il n’y a qu’une seule voie d’évolution et elle consiste à interdire la lâcheté. La torture en est une.

    Sachant que jamais aucune torture de qui que ce soit n’a sauvé l’humanité, le retour à sa pratique officielle sous quelque prétexte que ce soit n’a aucun autre sens que celui d’autoriser le sadisme, la lâcheté, l’injustice et l’arrogance.





  • easy easy 2 mars 2012 12:14


    Les marchés ne représentent effectivement pas une entité rationnelle mais plutôt un conglomérat d’acteurs ayant -chacun- leur propre logique.


    Cependant, parce que ces acteurs jouent sur un terrain sans frontières, parce qu’ils sont insaisissables au sens où l’on ne connaît pas leur adresse et où ils opèrent quand ils le veulent où ils le veulent, les gouvernements de chaque pays se sentent impuissants à les orienter.

    Et comme tous les gouvernements de tous les Etats disent implicitement leur impuissance, cette impuissance devient indiscutable.


    Tout juste des gens peuvent-ils hurler que « Yen a marre » ou « Ilfo tout casser »


    Cette sensation qu’éprouve maintenant l’Occident n’est pas sans rappeler celle qu’ont vécue tous les peuples qui subissaient sa colonisation « Yen a marre mais quoi faire sinon foutre le feu » (Où se libérer d’un colonisateur revenait très souvent à se faire coloniser par son remplaçant)

    Mais la situation actuelle serait plus confuse. Autant il pouvait paraître limpide qu’en jetant à la mer les Hollandais on allait passer sous la coupe des Anglais, ce qui marquait tout de même un changement dans la langue, dans les enseignes, les drapeaux et les hymnes, autant jeter à la mer les marchés s’avère d’une part impossible car ils sont devenus comme dieu, présents partout et nulle part à la fois et surtout parce qu’on se demande bien par quoi de plus saisissable on pourrait les remplacer. 

     

    «  »«  » Ce que propose Dupuy est simple : il faut remettre l’avenir au centre de nos préoccupations «  »«  »
    Plus simple à énoncer tu meurs.
    A croire que jusque là on avait mis le passé au centre de nos préoccupations.

    Au delà de la formule aussi séduisante que creuse, on fait quoi pour tenir les rênes de cette bestiole qui est partout et nulle part à la fois ?

    Il tombe sous le sens que pour la tenir il faut au moins que tous les Etats en conviennent et agissent de concert à tous les niveaux où elle opère. Chacun des 7 milliards de Terriens a compris cela.
    Mais il y en a combien qui le disent, combien qui le réclament ?
    Pour ma part, je n’en ai pas encore trouvé deux.

    Pourquoi ?

    Peut-être pour les mêmes raisons qui font que personne ne réclame la fin du Loto. Chacun veut croire en sa chance, même s’il ne joue pas il tient à pouvoir jouer sa chance de dominer des autres.

    M’enfin il n’est pas possible que 7 milliards de Terriens fantasment de dominer les autres ou de gagner au Loto !
    En effet, il y en a beaucoup qui n’ont pas ce fantasme. Ceux-là supportent d’être dominés et ne voient donc pas la nécessité de changer quoi que ce soit.

    Au bilan il y a donc :
     1 Des Terriens dominés qui fantasment de dominer
     2 Des Terriens qui dominent qui tiennent à le rester
     3 Des Terriens dominés qui ne fantasment pas de dominer.

    Parmi ces derniers se trouvent des gens ayant la possibilité de dominer mais qui n’en ont aucune envie, tel Simon Bolivar, tel William Wilberforce, tel Gérard Philippe, tel Odon Vallet, tels ceux qui refusent la légion d’honneur, tel celui ou celle qui est en train de distribuer des enveloppes de 10 000 € en Allemagne, tels des milliards d’inconnus préférant le rester.


    Seuls ceux des deux premiers groupes font du bruit



  • easy easy 1er mars 2012 13:24



    J’apprécie votre juste protestation.


    Concernant :

    «  »« Freud disait que la découverte de l’inconscient était la troisième blessure narcissique infligée à l’humanité après la découverte de l’héliocentrisme et la théorie de Darwin »«  »« 
    Le tout premier problème qui ressort de cette assertion de Freud c’est qu’il généralise. S’il est fort possible que les Occidentaux aient mal vécu ces découvertes et en aient été blessés, c’est loin d’être le cas des autres peuples.

    En 1989, je suis allé revoir les montagnards des hauts plateaux du Sud Vietnam. Je les avais quittés dans mon enfance. A ces gens qui commençaient à peine à se vêtir un peu plus qu’autrefois, j’ai raconté tout ce que j’avais appris de la science occidentale. L’héliocentrisme, l’évolution, la pesanteur, la sphéricité de la Terre, la Lune, les chromosomes, le scaphandre autonome, rien de tout ça ne les a heurtés ou blessés.

    L’inconscient ? Ils ne voyaient pas trop l’utilité de ce concept (car je leur disais bien qu’il ne s’agissait que d’un concept). Ils entendent les comportements des hommes via les fantômes ou plus exactement les esprits des morts qui parfois nous envahissent, nous squattent trop et qu’il faut prier de déménager. 

    Comme les esprits des morts sont toujours en relation avec le passé, la théorie freudienne ne les blesse nulle part.
    A ceci près que chez eux, le vécu d’un enfant est immédiatement collectivisé. Et que toute responsabilité est collectivisé d’autant (à l’échelle du seul village) parce qu’ils vivent isolés de la civilisation.

    Chez eux, il est inconcevable que des gens n’ayant pas participé à leur collectivité des responsabilités, aient quelque possiblité ou droit de les juger.



    Concernant tout ce qui ressemble à l’autisme, ils le traitent par l’adaptation »Il est des nôtres mais ne parle pas notre langue alors pratiquons la sienne« .
    Là-bas quand une personne perd une jambe sur une mine, la collectivité la garde en elle et se fait à son infirmité. Elle ne fantasme pas de lui rendre sa jambe. Quand le village doit déménager, il intégre le fait que le groupe a une jambe de moins, qu’il y a deux enfants malades, qu’il y a trois vieux qui ne marchent pas. Le groupe ne se prétend donc jamais totalement valide ou puissant. Il intègre ses infirmités et fantômes dans sa définition.

    Ils parlent la langue des daims, des arbres, des ruisseaux, des pierres et des morts alors ils peuvent parler la langue des muets ou celle des autistes. Le multi langage ou transversalisme des sens qu’ils pratiquent leur donne, aux yeux d’un observateur occidental, une allure d’êtres partiellement daims-arbres-morts-autistes-tarzan-muets-sourds-singe-pierre. 
     
     »Ils ne réagissent pas comme nous. Ils ne poussent pas des cris aigüs quand Mickael Jackson apparaît sur scène. Ils ne font pas de différence entre une Lip et une Rolex. Ils ne traitent personne de fasciste. Ils ne placent pas le verbe au centre de tout. Ils réagissent à l’envers. Ils sont en dehors des clous"


    Mais attention.
    Soumettre au grill de l’inquisition ces montagnards, dans leur village, quand ils sont bien entourés des leurs, permet à ces curieux hommes de ne pas paniquer et de rester le plus ouvert possible.
    Qu’on en chope un, qu’on l’emmène au loin, qu’on le soumette au même grill dans Paris et il ressortira complètement paniqué, bloqué ou idiot.
    Ils se sentent contribuer à la définition de leur village et définis par lui. 
    Isoler l’un d’eux c’est le tuer et autister ce qui restera de son village. 



  • easy easy 1er mars 2012 12:18

    J’apprécie votre tournure d’esprit.

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv