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Elliot

Elliot

Philologue. Acheteur retraité de la sidérurgie. Belge de nationalité, francophone par le hasard de la naissance et francophile par choix politique.
 
 
De Gauche et marxiste. 
" Une des grâces de la France qui en a tant, c'est qu'elle n'est pas seule mais entourée de plusieurs Frances. Elle siège au milieu de ses filles, la Wallonne, la Savoyarde... 
" La France mère a changé, ses filles ont peu changé. C'est chose touchante de revoir la mère toujours jeune en ses filles, d'y retrouver,en face de celle-ci, sérieuse et soucieuse de garder la vivacité, la gaieté, la grâce du cœur, tous ces charmants défauts dont nous nous corrigeons et que le monde aimait en nous avnat que nous fussions sages.
Il est juste de dire que la Meuse est française tant qu'elle peut. Elle tourne à Sedan, à Mézières comme pour s'éloigner du Luxembourg. Entraînée par sa pente, il lui faut bien couler aux Pays-Bas, se mêler, bon gré mal gré, d'eaux allemandes ; n'importe, elle est toujours française jusqu'à ce qu'elle ait porté sa grande Liège, dernière alluvion de la patrie. "
Jules Michelet 
Histoire de France 
 

Tableau de bord

  • Premier article le 21/09/2015
  • Modérateur depuis le 03/11/2015
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Derniers commentaires



  • Elliot Elliot 30 juillet 2015 15:10

    @Olivier Perriet

    Vous répondez vous-même à la question : ce référendum ne portait pas sur la question vitale de l"Euro, il était donc inutile. Je n’écris pas autre chose.
    Quant à savoir, s’il faut mieux crever sous l’Euro dans l’indignité ou crever sans l’Euro dans la dignité, c’est une question d’ordre métaphysique à laquelle chacun peut répondre selon sa conscience et l’opinion qu’il a de lui-même. 


  • Elliot Elliot 30 juillet 2015 12:13

    Placé devant un choix mal défini, le peuple grec a émis un vote chèvre-choutiste correspondant à la question ambivalente : il voulait rester dans l’Euro, on a réussi à le convaincre que c’est la panacée sans lui dire que la panacée a tout d’une potion dont l’amertume se fera ressentir pendant longtemps encore mais on lui demandait aussi s’il voulait adoucir le brouet infâme.
    On ne lui a pas posé clairement les vrais enjeux dont l’alternative : la sortie de l’Euro.
    D’ailleurs les Grecs souhaitaient-il s’entendre dire la vérité ? 

    Il était plus confortable pour Tsipras de s’enfermer dans une parodie d’appel au peuple et pour eux de donner une réponse à une question d’autant plus idiote qu’elle n’avait aucune chance d’être recevable.

    C’était un exercice pour le coup assez démagogique, un succédané masturbatoire sans grand intérêt autre qu’orgasmique pour le parti de Tsipras.

    Mr Juncker l’a bien quoique fort cyniquement dit, l’exercice démocratique n’a aucun poids face aux institutions  : le droit de caste prime sur la volonté populaire.

    Le problème reste posé pour les Grecs, comme pour d’autres pays sans doute moins atteints mais tout aussi prisonniers du carcan de l’Euro.
    Alléger les contraintes de l’Euro, instrument d’oppression au service de quelques uns, relève de la quadrature du cercle : l’austérité est consubstantielle à l’Euro, elle est vitale dans la course - toujours à recommencer - aux parts de marché et conduit à la fuite en avant dans le moins-disant social pour favoriser une illusoire croissance.

    La seule croissance réellement en hausse constante depuis trois décennies c’est celle de la paupérisation, un bilan dont on se passerait volontiers. 



  • Elliot Elliot 28 juillet 2015 17:47

    Tsipras a capitulé devant l’intransigeance de l’Europe sous botte germanique.

    On peut et même on devrait lui reprocher son ingénuité, son amateurisme.

    On serait disqualifié pour moins que cela : sauf qu’il doit encore servir aux bourreaux. 

    Comment a-t-il pu imaginer ( ou en tout cas le faire croire ) que ses interlocuteurs pussent être compatissants devant les souffrances du peuple grec ? 

    Ou qu’ils pussent être amenés à la raison par un exercice démocratique vite ramené à une dimension populiste, car, c’est bien connu, faire appel au peuple est une incongruité insupportable qui ne peut germer que dans des cerveaux malades !

    Pas davantage que ne sauraient être doués d’empathie devant la souffrance des animaux qu’ils mènent à l’abattoir des maquignons, sensibles seulement à l’odeur de l’argent. ?

    Tsipras n’a sans doute pas bien évalué la volonté qui non seulement voulait punir le peuple grec mais aussi faire de ses tourments prolongés un exemple à l’usage d’autres récalcitrants à la bonne marche des affaires.

    Pour l’Allemagne, il était vital que se perpétuât son emprise sur le continent. 

    Elle a subtilement étendu son emprise coloniale sur une grande partie de l’Europe ; son économie s’articule sur un système de prédations qui consiste à externaliser une grande partie de sa production dans des pays à bas salaires pour rapatrier sur le sol germanique le fruit de leur travail et le fourguer au monde à un prix fort en excipant de la qualité germanique basée sur une expertise dont l’illusion est savamment entretenue par les réseaux de propagande à l’usage des gogos.

    Cette résurgence de la colonisation s’exerce au sein de l’Europe, elle ne consiste plus seulement à transférer des ressources naturelles exotiques mais à capter un savoir-faire pour le labelliser au profit de la puissance dominante de L’UE.

    Le berceau de la démocratie - bien qu’insignifiant en termes de poids économique réel - est la victime collatérale de cette entreprise impérialiste.

    La leçon doit être reçue par tous les états qui voudraient se libérer de pesantes tutelles et qui sont menacés de faillite au cas où ils s’aviseraient de secouer un joug trop lourd à porter.

    Il y avait déjà la dissuasion nucléaire, il y a maintenant la dissuasion financière organisée par l’oligarchie bancaire et ses hommes liges dans les gouvernements au service de la rapacité institutionnalisée.

    Et pourtant pour les peuples l’alternative consiste à tomber de Charybde en Scylla  : ils paieront par une régression de leur niveau de vie leur attitude de chiens couchés devant les sacro-saintes lois du marché qui ne sont que des lois de dupes où la dupe est dressée pour être consentant.

    Quel sera encore le pouvoir d’attraction de Podemos en Espagne après l’épisode grec ?

    Confrontée au déclin démographique et au poids de plus en plus lourd de la charge de ses retraites , l’Allemagne ne pourra trouver des sources de financement que dans l’exploitation des potentialités de ses satellites.

    Madame Merkel, avec un sens politique digne de son glorieux prédécesseur Bismarck mais plus efficace sans tirer un coup de canon, tisse patiemment la toile où vont se prendre les faibles.

    L’opinion occidentale ( ne parlons-pas des porte-voix univoques de la Propaganda Abteilung qui sont payés pour débiter leur numéro ) n’a globalement pas compris que le combat des Grecs était aussi un combat pour leur dignité et leur liberté à eux.

    Ils s’apercevront assez tôt que l’absence de solidarité ouvre la porte à des égoïsmes de nantis, toujours moins nombreux mais toujours mieux nantis, et que le soi-disant populisme des Grecs était en fait la voix de la raison du cœur contre le langage abscons de chiffres qui, comme les statistiques, ne disent jamais que la partie de la vérité qui sied au manche et messied à l’enclume.



  • Elliot Elliot 21 juillet 2015 19:55

    N’étant pas porté pour les spéculations a posteriori, je me garderais bien de refaire la première guerre mondiale ( ou la seconde d’ailleurs ) en fonction de l’appartenance géographique de la Wallonie à la France.
    Il n’en reste pas moins que naturellement la Wallonie est un morceau de France en dehors des frontières d’icelle.
    Qualifier la Belgique d’état tampon est peut-être un peu dévalorisant mais c’est un fait plus avéré que les territoires furent d’abord rétrocédés aux Pays-Bas pour punir la France de l’épopée napoléonienne.

    La sanction fut à la mesure de l’effroi.

    Maintenant la révolution belge de 1830 fut essentiellement francophone, qu’elle émanât de résistances plus populaires - encore que limitées - venues du Sud wallon ou fût soutenue par la bourgeoisie francophone ( du nord comme du sud ) et à son usage et profit exclusifs.

    Le français fut longtemps la seule langue officielle et c’est sans doute en raison de la pusillanimité des gouvernants qu’il ne s’imposât sur l’ensemble du territoire.

    Les choses étant ce qu’elles sont, l’absence de vision de ceux qui furent en charge de ce royaume artificiel et leur incompétence n’ont pas abouti à unifier linguistiquement le pays.

    Longtemps dominés, moqués et méprisés, les Flamands ont réussi à prendre le dessus sur des Francophones imbus d’une supériorité qui s’avéra bien vite de carton et qui sont aujourd’hui non seulement minoritaires d’un point de vue démographique mais également dépendants d’un bon vouloir flamand de plus en plus cher payé.

    Il n’est pas faux de prétendre que les Wallons, formatés dès la prime enfance à chanter les mérites du royaume et conditionnés à une mentalité d’assistés perpétuels par un parti socialiste décadent et d’ailleurs en perte de vitesse dès lors qu’il n’est plus à même de distribuer prébendes et emplois de complaisance, ne sont pas nombreux à souhaiter le rattachement à la mère patrie.

    Les Francophones sont en fait les derniers soutiens d’un royaume déliquescent qui va s’effondrer - dans un an ou dans dix ou vingt, qu’importe la durée à l’échelle de l’histoire - ils y tiennent comme le pendu tient à sa corde.

     Mais un jour quand la Flandre rompra les amarres, se posera la question du retour à la mère patrie ou ou de l’aventure consistant à confier son avenir à des gens qui n’ont fait d’autres preuves que celles de leur incompétence et de leur vénalité.



  • Elliot Elliot 21 juillet 2015 14:43

    Dès lors qu’on choisit de déléguer et comment faire autrement pour des raisons d’efficacité ? il y a suspicion de coups de canif dans le contrat démocratique et le plus souvent sinon toujours elle est avérée par les faits.

    Dans tout groupe humain, pour l’une ou l’autre raison, l’aura personnelle, le poids de l’argent ou de la tradition ( comme dans les tribus où l’ancien est un sage du fait de son âge et quels que soient ses mérites réels ) une personne émerge dont l’avis va entraîner l’adhésion du groupe ou d’une partie de ce groupe : ce peut être une grande gueule, un leader naturel ou une personne au fait du problème posé et dont la sentence prend force de loi.

    En somme, on pourrait dire que la démocratie, le pouvoir du peuple ( une abstraction ) par le peuple ( une fiction ) et pour le peuple ( une illusion ) contrevient à une loi naturelle qui veut que l’homme ne se sente rassuré que par le culte du chef.
    Seules l’éducation à l’esprit critique et la culture lui ouvrent des horizons moins dépendants ou, en tout cas, font qu’il croit échapper à la servitude parce qu’il peut être amené à l’accepter en toute connaissance de cause.

    Ceci expliquant cela, il n’y a pas lieu de s’étonner de l’inconstance de ceux qui refusent le traité européen en 2005 et acceptent benoîtement de se renier, quelques années plus tard, quand leurs délégués élus contreviennent à la parole du peuple sans être le moins du monde sanctionnés - ne fût-ce qu’électoralement - pour leur forfaiture.

    On peut espérer que, fatigués d’être constamment bernés et de voir moqués ou vilipendés pour mauvais esprit ceux d’entre eux qui regimbent, un sursaut se produira un jour.

    Un jour pas trop lointain où les masses populaires prendront la mesure de leur pouvoir de nuisance aux intérêts des ploutocrates et de leurs valets mais, en attendant, une majorité reste fascinée par l’argent, tel ce peuple grec qui n’en finit pas de vouloir la quadrature du cercle : rester dans un système monétaire qui l’asservit et vouloir secouer le joug des contraintes. 

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