Une seule goutte d’eau froide tombant sur un métal en fusion à 1200 degré augmente de 1200 fois son volume en une seconde.
si l’on imagine que la goutte d’eau est déjà sous forme de vapeur, et que l’on applique la loi des gaz parfaits :
pV=nRT
passer d’une température de 100°C à 1200°C augmente le volume de 12 fois. Si l’on part de l’eau liquide, la dilatation thermique de l’eau entre 0 et 100°C produit une augmentation de volume de 2.6% (négligeable).
Je me demande d’où vous tenez ca ??
@ dede
Dans un réacteur à eau pressurisée (REP), c’est le cas, mais il existe également les réacteurs à eau bouillante (je crois la moitié des réacteurs au monde). Dans ce type de réacteur (qui n’a pas été construit en France), c’est la vapeur créée directement par le combustible nucléaire qui fait tourner les turbines ; en REP, il faut passer par un circuit intermédiaire, que l’on fait bouillir. La deuxième solution a généralement une réputation de sûreté améliorée (plus de barrières de confinement), la deuxième est réputée moins chère car plus simple. Je crois qu’essayer de déterminer lequel est le meilleur ressemble à une bataille de chiffoniers
« Autre »petit" détail, les déchets les plus actifs sont constitués (en
faible proportion, mais...) d’éléments issus de mutation qui ont une
durée de vie estimée pour l’instant à 300 000 ans. Et ils sont non recyclables.«
Les déchets radioactifs sont un problème pour deux raisons : * ils produisent une très forte radioactivité * pendant très longtemps C’est pour cela que l’on mesure l’importance des déchets par rapport à la durée qu’il est nécessaire d’attendre avant que leur radioactivité diminue jusqu’à la radioactivité de l’uranium naturel (celui qu’on trouve partout : dans les rochers, chariés par centaines de tonnes dans les fleuves, dans les eaux minérales...). Notons de plus que cette décroissance est exponentielle : doubler le temps d’attente, diminue beaucoup plus que par deux la radioactivité
Parmi les déchets, par ordre d’importance : * le plutonium, déchet pour des millions d’années * les actinides mineurs, pour des centaines de milliers d’années * certains »produits de fission« (de mémoire les lanthanides...), pour quelques milliers d’années * le reste, pour quelques centaines d’années
Que fait-on aujourd’hui : * on recycle le plutonium, dans le combustible MOX. On produit de l’énergie à partir du plutonium, et produisant moins de plutonium qu’il y en avait au début du cycle. On s’est donc »débarrassé« de ce problème * les expériences dans Phénix (à marcoule) ont montré qu’il était possible de recycler les actinides mineurs. Cela était prévu à grande échelle dans Superphénix (que les »écologistes« ont fait fermer). * les américaine ont montré qu’il était techniquement possible de recycler les produits de fission
Si tout ce cycle est installé, le problème des déchets est pratiquement résolu. L’opposition antinucléaire n’a jusqu’à aujourd’hui réussi qu’à faire avorter le recyclage des déchets, ce qui est grave. Le »problème« d’aujourd’hui est un faux problème créé par les antinucléaires ; c’est paradoxal, c’est surtout honteux de leur part...
»Si les budgets de démantellement existaient, je l’aurais su.«
j’ai souvent entendu parler d’un fond EDF pour le démantèlement des centrales. Un fond que voulait d’ailleurs récupérer Jospin. Je vais essayer de trouver des éléments à ce sujet.
@ l’auteur
concernant la prolifération, c’est-à-dire la possibilité de fabriquer des bombes dans des centrales, il faut prendre en compte plusieurs éléments : * une bombe à besoin de certains isotopes de plutonium (de mémoire le Pu239 mais je ne suis pas sûr) extrêmement pur pour fonctionner. Ce plutonium »pur« , de »qualité militaire« est produit dans toutes les centrales, MAIS après quelques mois après l’introduction de l’uranium en central, il est pollué par d’autres isotopes du plutonium (le Pu240) qui »empoisonne« neutroniquement le plutonium (il absorbe beaucoup de neutrons) et empêchent l’explosion atomique. * une fois cela dit, on comprend que pour fabriquer du plutonium militaire en centrale, il faut mettre du combustible, un mois plus tard le retirer (avant qu’il soit »empoisonné« ) et donc arrêter la centrale. Grossièrement : cela se détecte : de nombreux convois vers la centrale, une production d’énergie presque nulle (ca coûte cher 1 GW d’électricité en moins, des millions d’€ par jour). Donc les voisins sauront que vous produisez du plutonium. * une fois le Pu239 produit, il faut le séparer du reste des éléments. Il faut pour cela des milliers de centrifugeuses qui serviront à le concentrer. Leur mise au point est délicate, cela demande une importante technologie, de nombreux ingénieurs qualifiés, une très grande surface au sol : autremenent dit : tout le monde le saura.
Quant aux bombes sales, il faut voler du combustible. Pour cela il faut un énorme camion (le combustible est trop lourd pour être porté à la main), des camions bien sûr plus surveillés que les camions de transport de fonds, et surtout, il faut mettre le combustible dans une bombe : quiconque essaiera risque d’y passer avant d’y arriver : les déchets sont radioactifs. Quand à avoir les machines pour le faire, même remarque qu’avant : tout le monde saura que vous avez un laboratoire de manipulation de combustible »chaud"
Comme vous le dites, le problème de la prolifération nucléaire est surtout un problème pour les services secrets, et de lutte antiterroriste. Le terrorisme nucléaire est difficile, et heureusement, sinon ca serait déjà arrivé.
Pour faire du terrorisme nucléaire, les terroristes auront plus vite fait de voler une source (iode) dans un hôpital...
Merci d’avoir rappelé implicitement - « back to basics » - ce fait élémentaire, et universel : La glace ne fond qu’à une température supérieure à O°C.
Bon, c’est juste pour pinailler, mais ca dépend quand même de la pression. Une pression qui baisse un peu en haut de l’himalaya : 5000 m, la température de fusion s’élève à +0.004 °C. Mais bon, comme il faut au moins 30°C plus froid
Ce qui me choque, c’est que les « antinuc » se réjouissent que ce soit un réacteur coréen qui soit sélectionné, et pas le réacteur français, plutôt que se poser la question duquel est le plus sûr ? c’est à ce demander s’ils ne fantasment pas sur les accidents nucléaires et qu’ils n’en souhaitent pas un deuxième...
Cette histoire de contrôle commande, c’est comme poser un permis de construire, et recevoir une lettre demandant de le retravailler parce que, entre temps, les normes ont changé et sont devenues plus draconiennes. C’est éminemment positif... Sans compte la réponse homogène internationalement, qui laisse supposer qu’un contrôle strict et indépendant soit possible (même à abou dhabi)
Pour ce qui est de la redondance, de la diversification, de la mesure, du contrôle, de la gestion des flux, toutes les industries pourraient apprendre du nucléaire d’aujourd’hui : ca ferait toujours moins d’erreurs, de pollution, d’accidents du travail... On pourrait peut-être considérer tout le travail théorique et pratique fait pas la sûreté comme un immense atout pour une industrie propre, plutôt que comme un éternel maronnier pour vendre des dépêches AFP.
Mais bon...
Espérons que les deux réacteurs en construction fonctionnent enfin, ce sera effectivement plus facile pour en vendre d’autres.
Autorités de Sûreté de l’UK, de la Finlande et même de la France (!) des
graves lacunes dans le dispositif de sûreté du réacteur d’autre part,
ont dû peser lourd dans la décision d’Abou Dhabi. Enfin l’existence
de ces graves lacunes interdit de continuer à présenter l’EPR comme un
bijou indépassable de la haute technologie à la française !
Aïe Aïe Aïe. Faut arrêter de lire les journaux à sensation. Allons faire un tour ici, chez l’ASN
On lit : « l’objectif des Autorités de sûreté étant d’obtenir collectivement le plus haut niveau de sûreté pour l’EPR. » « La conception d’EPR, telle que proposée initialement par les exploitants et le fabricant, AREVA, n’est pas conforme à ce principe d’indépendance dans la mesure où il y a beaucoup d’interconnexions complexes entre les systèmes de contrôle et de sûreté. » « Les exploitants et AREVA ont convenu d’entreprendre des évolutions de l’architecture de la conception initiale de l’EPR qui seront examinées par les Autorités de sûreté. » « Par exemple, vis‐à‐vis de la défense en profondeur, des solutions différentes pourraient être proposées pour pallier la perte de systèmes de sûreté. » « C’est un bon exemple de démarche dans laquelle des Autorités de sûreté, indépendantes entre elles et coopérant étroitement, peuvent promouvoir une compréhension et une mise en oeuvre partagées des standards internationaux existants, l’harmonisation de standards réglementaires et la conception de réacteurs avec le plus haut niveau de sûreté. »
Vous y voyez de « graves lacunes », d’autres peuvent y voir : * un exemple de coopération internationale pour les standards de sûreté de la part des ASN * un exemple du dialogue permanent pour la prise en compte de systèmes complexes * pas de remise en cause de la sûreté intrinsèque du réacteur (la sûreté ne dépendant pas d’actions du contrôle commande, justement) * un objectif non pas de rendre l’EPR sûr, mais de le rendre encore plus sûr.
Vous voyez là un système de contrôle qui fonctionne et des dialogues techniques sur des sujets de sûreté. Franchement, je veux voir un tel échange entre le réacteur coréen et l’autorité de sûreté nucléaire d’abou dhabi...